jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | AUGOYARD |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 29 août 2022 sous le n° 2206537, M. A B, représenté par Me Augoyard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le maire de Saint-Genis-Laval a mis un terme à l'octroi du logement qu'il occupait par convention d'occupation précaire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-Laval la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision du 27 juin 2022 est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit au vu notamment du montant de la redevance d'occupation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2022, la commune de Saint-Genis-Laval conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la décision attaquée est une décision confirmative insusceptible de recours et que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 20 juillet 2023 par une ordonnance du 21 juin précédent.
II. Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 16 novembre 2022 et le 19 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Augoyard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2022 par laquelle le maire de Saint-Genis-Laval a rejeté son recours gracieux contre les titres de perception émis le 29 juillet 2022, le 22 juillet 2022 et le 2 août 2022 mettant à sa charge la somme de 342,02 euros, de 1045,29 euros et de 864,16 euros, et de prononcer la décharge de l'obligation de payer ces sommes ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-Laval la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la créance est privée de base légale et de fondement, le montant de la redevance réclamée ayant été fixé par une autorité incompétente et révélant une volonté de le sanctionner.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 février et le 22 août 2023, la commune de Saint-Genis-Laval conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable dès lors qu'elle ne tend pas à la décharge de l'obligation de payer les sommes en litige et que la contestation de l'arrêté du 27 juin 2022 n'est pas recevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 22 décembre 2023 par une ordonnance du 8 décembre précédent.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- et les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2206537 et n° 2208502 visées ci-dessus sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
2. Gardien brigadier de police municipale employé par la commune de Saint-Genis-Laval, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le maire de cette commune, motif pris de la fin du régime d'astreinte auquel il était soumis, a mis un terme à la concession du logement de fonction qu'il occupait et l'a invité à quitter celui-ci avant le 1er juillet 2022. Critiquant la décision du 6 septembre 2022 rejetant le recours gracieux formé contre ceux-ci, il conteste également les titres exécutoires émis les 29 juillet, 22 juillet et 2 août 2022 mettant respectivement à sa charge la somme de 342,02 euros, de 1045,29 euros et de 864,16 euros au titre de l'occupation de ce logement.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 27 juin 2022 :
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 10 juillet 2020, le conseil municipal de Saint-Genis-Laval a délégué au maire " la conclusion et la révision du louage de choses pour une durée n'excédant pas douze ans " et que la décision en litige a été signée par Mme C, adjointe chargée des ressources humaines, en vertu de la délégation que le maire de Saint-Genis-Laval lui a donnée par un arrêté du 24 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision en litige doit être écarté.
4. La décision critiquée fait état de façon circonstanciée des éléments de fait et de droit qui lui donnent son fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. Si M. B soutient que la décision qu'il conteste est entachée d'une erreur de droit au regard notamment du montant de la redevance d'occupation devant être versée à compter du 1er juillet 2022, il n'assortit pas le moyen qu'il entend soulever des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Genis-Laval, que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 27 juin 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge relatives aux titres exécutoires émis les 22 juillet, 29 juillet et 2 août 2022 :
7. Il est constant que le titre exécutoire n° 650 émis le 29 juillet 2022 tendant au versement de la somme de 342, 02 euros est relatif à l'occupation de son logement par M. B avant qu'il ne soit invité à le quitter par l'arrêté du 27 juin 2022 évoqué ci-dessus. Par suite, le requérant ne saurait se prévaloir utilement de l'illégalité de l'arrêté du 27 juin 2022 pour demander l'annulation de ce titre.
8. Si, excipant de l'illégalité de la décision du 27 juin 2022, M. B soutient que le montant de la redevance qui lui est réclamé par les titres exécutoires n° 616 et n° 669 du 22 juillet et du 2 août 2022 a été fixé par une autorité incompétente, ce moyen doit être écarté pour les motifs exposés au point 3 du présent jugement.
9. Alors que la commune défenderesse expose que le montant du loyer moyen des logements situés à proximité s'établit à 15 euros/m², M. B, en se bornant à faire valoir les sujétions liées à la localisation du logement en litige à proximité d'une école maternelle, n'assortit pas sa critique du montant de la redevance qu'il conteste des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. Si M. B conteste la majoration de 50% de l'indemnité d'occupation de son logement que l'arrêté du 27 juin 2022 prévoit à compter du 1er janvier 2023, les titres exécutoires en litige sont relatifs à une occupation antérieure à cette date et ne font ainsi pas application de cette majoration. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de celle-ci ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir présentées en défense, que les conclusions visées ci-dessus doivent être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du requérant présentées sur leur fondement et dirigées contre la commune de Saint-Genis-Laval, qui n'est pas partie perdante.
DECIDE :
Article 1er : La requête n° 2206537 de M. B est rejetée.
Article 2 : La requête n° 2208502 de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Genis-Laval.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
N°s 2206537-220850
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026