LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206556

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206556

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206556
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantPALASSI CHIARA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, M. A D, représenté par Me Palassi Dumais, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 19 août 2022 par lequel la préfète de l'Ain a décidé de son transfert aux autorités allemandes ;

3°) d'enjoindre à cette autorité de fixer la Bosnie comme pays de destination ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, les services de préfecture n'ayant pas sollicité auprès des autorités consulaires bosniaques une audition pour la délivrance d'un document de voyage ;

- cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que l'ensemble de ses attaches familiales se situe en Bosnie Herzégovine, Etat dont il est ressortissant ;

- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il fait l'objet en Allemagne d'une mesure d'éloignement ;

- la prolongation de son placement en centre de rétention administrative est illégale, les services de préfecture n'ayant pas mis en œuvre toutes les diligences nécessaires pour l'obtention de ses documents de voyage auprès des autorités bosniaques.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 modifié ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a délégué à Mme B les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L.572-6 et L.614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Flechet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Palassi Dumais, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que les écritures, par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Morisson-Cardinaud, substituant Me Tomasi représentant la préfète de l'Ain, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense et fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé,

- et les observations de M. D, assisté de M. C, interprète en langue italienne.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant bosniaque, est entré irrégulièrement en France, pour la dernière fois, au cours de l'année 2021. Par arrêté du 19 août 2022 dont M. D demande l'annulation, la préfète de l'Ain a décidé du transfert de ce dernier aux autorités allemandes.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions des articles L.614-7 à L.614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée de transfert aux autorités allemandes de M. D, ressortissant d'un Etat tiers en séjour irrégulier sur le territoire français dont la demande d'asile a été rejetée par les autorités allemandes, est fondée sur l'article 24 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 susvisé. Ainsi, à supposer même que M. D eu été en possession d'un document de voyage délivré par les autorités bosniaques, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'acte en litige, le pays de transfert ayant été déterminé au regard de l'Etat membre responsable de la demande d'asile du requérant. Ce dernier ne peut en conséquence utilement se prévaloir d'une éventuelle carence des services de préfecture à ne pas avoir sollicité, auprès des autorités consulaires bosniaques, une audition pour la délivrance d'un document de voyage. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'illégalité de la décision de prolongation du placement en rétention administrative, est dépourvu de toute incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, lequel en tout état de cause ne trouve pas sa base légale dans cette décision de prolongation et n'en constitue pas une mesure d'application. Ce moyen doit donc être écarté comme inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ".

6. Si M. D soutient qu'il n'a aucune attache en Allemagne, le centre de ses intérêts se situant en Bosnie Herzégovine, il ressort des pièces du dossier, notamment des termes non contestés de l'arrêté attaqué, que les autorités allemandes ont accepté la reprise en charge non pas seulement du requérant, mais également de l'épouse de ce dernier et de leurs enfants. La cellule familiale pourra ainsi se reconstituer en Allemagne, l'ensemble de la famille restant au demeurant libre de regagner ensuite la Bosnie Herzégovine. Dans ces conditions, alors même que son frère et sa mère, dont il n'établit d'ailleurs pas que l'état de santé nécessiterait son assistance, résident en Bosnie Herzégovine, M. D n'est pas fondé à soutenir que son transfert aux autorités allemandes porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.

7. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement de la part des autorités allemandes, il affirme tant dans ses écritures qu'à la barre ne pas vouloir s'installer en Allemagne et souhaiter regagner la Bosnie Herzégovine. Dans ces conditions, à supposer même qu'il soit toujours, à la date de la décision attaqué, visé par une mesure d'éloignement exécutoire des autorités allemandes, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise la préfète au regard des conséquences qu'emporte l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. D. Ce moyen doit ainsi être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de transfert de M. D aux autorités allemandes doivent être rejetées.

Sur les conclusions accessoires :

9. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, et en tout état de cause, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

La magistrate désignée par le président du tribunal,

M. BLa greffière,

N. Oudji

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions