mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, Mme B A, représentée par Me Vernet, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir dans l'attente du réexamen de sa situation ;
3°) d'enjoindre à la préfète, en cas d'annulation de la décision portant interdiction de retour, de procéder à l'effacement de toute mention correspondante dans le système d'information Schengen ;
4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
5°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une procédure irrégulière la préfète ne justifiant pas qu'un avis ait été rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire seront annulées compte tenu de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et lui octroyant un délai de trente jours entraîneront l'annulation de la décision fixant le pays de destination ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être suspendue dès lors qu'elle présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 21 septembre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise, conteste l'arrêté du 25 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / () / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
4. La préfète de l'Ain a versé au débat l'avis rendu le 21 juin 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'elle vise dans sa décision, qui a considéré que l'état de santé de la jeune C A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour en litige serait entachée d'un vice de procédure en l'absence de production de cet avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Ain s'est appropriée l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 21 juin 2022. Selon cet avis, si l'état de santé de l'enfant de Mme A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il est toutefois précisé que l'enfant peut bénéficier effectivement en Albanie d'un traitement approprié eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans ce pays. Pour contester cette appréciation, la requérante fait valoir que son enfant, qui est prise en charge pour une épilepsie, ne pourra pas avoir un accès effectif aux soins qui lui sont indispensables. Toutefois, elle ne produit aucun document permettant de remettre en cause l'avis émis par le collège des médecins quant au fait que son enfant peut effectivement bénéficier des soins et d'une prise en charge en Albanie. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre pour l'accompagnement de son enfant malade, la préfète aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. Mme A est entrée sur le territoire français en septembre 2021 selon ses déclarations avec son époux et ses enfants. Son époux fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et elle ne justifie pas d'une insertion particulière sur le territoire français. Si elle se prévaut de la maladie d'un de ses enfants, ainsi qu'il a été dit au point 5, elle ne produit aucun élément permettant de remettre en cause l'avis émis par le collège des médecins quant au fait que son enfant peut effectivement bénéficier des soins et d'une prise en charge en Albanie. Par ailleurs, elle ne peut utilement se prévaloir, à l'appui de ses conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour, des risques qu'elle allègue encourir dans son pays d'origine et, en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa vie familiale, avec son époux et ses enfants, ne pourrait pas se poursuivre en Albanie. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision de refus de titre de séjour attaquée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent par suite être écartés. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Ain aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, il résulte des motifs qui précèdent que Mme A n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, prise sur le fondement des 4° et 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de la décision fixant le délai de départ volontaire, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
10. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 25 juillet 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
12. En premier lieu, il résulte des motifs qui précèdent que Mme A n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
13. En deuxième lieu, Mme A ne peut utilement invoquer, par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, l'illégalité de la décision fixant le délai de départ.
14. En troisième lieu, la décision fixant le pays de destination comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".
16. Mme A, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, soutient qu'elle a été violée par son ancien employeur qui l'a obligée à se prostituer. Toutefois, son récit est insuffisamment précis et elle ne produit pas d'éléments pour établir la réalité de risques auxquels elle serait personnellement exposée en cas de retour en Albanie. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu des risques pour sa liberté et son intégrité physique doit être écarté.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
18. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
19. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour justifier l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois faite à Mme A, la préfète de l'Ain a visé les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle s'est fondée. Par ailleurs, elle a précisé que Mme A était entrée sur le territoire français il y a dix mois, que son époux faisait l'objet d'une décision similaire à la sienne et que leurs enfants ont vocation à les suivre dans leur pays d'origine, qu'elle ne dispose d'aucune attache familiale sur le territoire français qui justifierait qu'il lui soit laissé la possibilité de revenir à brève échéance, qu'elle n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public. La décision portant interdiction de retour comporte ainsi également les considérations de fait qui la fonde. La requérante ne peut utilement reprocher à la préfète de l'Ain de ne pas avoir motivé sa décision en mentionnant une absence de circonstances humanitaires dès lors que cette décision est fondée sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non les dispositions de l'article L. 612-6 ou l'article L. 612-7 du même code. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.
20. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain, qui a examiné la situation de la requérante par rapport aux critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'aurait pas procédé à un examen de la situation particulière de Mme A avant d'édicter la décision contestée. Le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté.
21. En dernier lieu, pour contester la décision portant interdiction de retour prise à son encontre, Mme A fait valoir qu'elle a saisi la Cour nationale du droit d'asile, qu'elle vit sur le territoire français aux côtés de son époux et de leurs trois enfants et que l'état de santé de sa fille cadette nécessite des soins. Toutefois, M. A fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et ainsi qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que la fille de la requérante ne pourrait pas effectivement bénéficier des soins appropriés à son état de santé dans son pays d'origine. Rien ne fait par suite obstacle à la reconstitution de la cellule familiale dans le pays d'origine et la requérante, entrée récemment sur le territoire français, ne se prévaut d'aucune autre attache en France. Par ailleurs, la circonstance que la requérante et son époux aient formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile ne fait pas obstacle par elle-même à l'édiction d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Ain a commis une erreur d'appréciation en prenant à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, ni a fortiori une erreur manifeste d'appréciation.
22. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 25 juillet 2022 par laquelle la préfète de l'Ain a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension :
24. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". L'article L. 752-11 de ce code dispose que : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".
25. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'étranger, faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui forme un recours contentieux contre celle-ci peut, en application de l'article L. 752-5 précité, saisir le tribunal administratif de conclusions aux fins de suspension de cette mesure d'éloignement. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office.
26. Mme A, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, statuant en procédure accélérée sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait valoir que son patron l'a contrainte à se prostituer et qu'il est venu accompagné d'hommes à son domicile et a battu son mari. Toutefois, il ne ressort pas des éléments dont a fait état la requérante qu'il existerait un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de refus d'asile opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Mme A n'est par suite pas fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La magistrate désignée,
E. Reniez
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026