mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2022, Mme B A, représentée par la Selarl Benoit-Lalliard-Rouanet, agissant par Me Lalliard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le président de la métropole de Lyon a rejeté sa demande tendant à la modification de son agrément d'assistante maternelle en vue de l'accueil de trois enfants ;
2°) d'enjoindre à la métropole de Lyon de modifier son agrément d'assistante maternelle en vue de l'accueil de trois enfants ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige repose sur des motifs dont la réalité n'est pas établie, alors que la puéricultrice qui a procédé à son évaluation a émis un avis favorable à sa demande d'extension ;
- elle a toujours adopté vis-à-vis des parents le comportement d'une professionnelle de la petite enfance ; qu'il n'est pas cohérent de prétendre qu'elle n'a pas mis en pratique sa formation professionnelle ; qu'il est faux de postuler qu'elle n'effectue aucune mise à jour de son projet d'accueil ; qu'en raison de l'attitude de l'administration, il ne saurait être considéré qu'elle ne collabore pas avec le service de protection maternelle et infantile ; que l'arrêté ne justifie pas en quoi et dans quelle mesure elle ne disposerait pas d'un environnement adapté.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023, la métropole de Lyon, représentée par la SCP Carnot avocats, agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction, initialement fixée au 22 septembre 2023, a été reportée au 6 octobre 2023 par ordonnance du 12 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique,
- les observations de Me Augros pour Mme A et celles de Me Litzler de la SCP Carnot avocats pour la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, qui exerce la profession d'assistante maternelle depuis le 14 janvier 2021, est titulaire d'un agrément l'autorisant à accueillir deux enfants de tout âge. Par un courrier du 4 octobre 2021, l'intéressée a sollicité la modification de son agrément en vue de l'accueil de trois enfants de tout âge. Un premier refus lui a été opposé par arrêté du 29 novembre 2021. A la suite d'une seconde demande de l'intéressée présentée par courrier du 1er mai 2022, le président de la métropole de Lyon a rejeté sa demande par arrêté du 5 juillet 2022. Mme A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 5 juillet 2022.
2. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () /L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". L'article L. 421-6 du même code dispose que : " Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés () ". Enfin, aux termes de l'article L. 3611-3 du code général des collectivités territoriales : " La métropole de Lyon s'administre librement dans les conditions fixées par le présent livre et par les dispositions non contraires de la première partie du présent code, des titres II, III et IV du livre Ier et des livres II et III de sa troisième partie, et de la législation en vigueur relative au département. / Pour l'application à la métropole de Lyon des dispositions de l'alinéa précédent : / 1° La référence au département est remplacée par la référence à la métropole de Lyon ; / 2° La référence au conseil général est remplacée par la référence au conseil de la métropole ; / 3° La référence au président du conseil général est remplacée par la référence au président du conseil de la métropole. "
3. Pour refuser l'extension de l'agrément d'assistante maternelle de Mme A à l'accueil de trois enfants de tout âge, le président de la métropole de Lyon a relevé que l'intéressée n'a pas de positionnement face aux parents, n'a pas mis en pratique sa formation, n'a pas remis à jour son projet d'accueil, n'a pas collaboré avec le service de protection maternelle et infantile et n'a pas un environnement adapté au développement de l'enfant.
4. Mme A conteste l'ensemble de ces motifs en faisant valoir qu'ils ne sont pas établis. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'évaluation médico-sociale défavorable des professionnels de protection maternelle et infantile du 22 juin 2022, de l'avis également défavorable de l'adjointe du chef de service santé du 5 juillet 2022, et de l'engagement professionnel du 6 juillet 2022 reprenant les constats effectués lors de deux visites à domicile d'une puéricultrice le 12 avril 2022 et d'une éducatrice de jeune enfants du 17 juin 2022, premièrement, s'agissant du grief tenant à l'absence de positionnement professionnel de Mme A à l'égard des parents, que plusieurs retards ont été constatés dans la prise en charge des enfants par l'intéressée et ont conduit à son licenciement par une famille, qu'elle ne respecte pas toujours ses engagements en matière d'accueil en modifiant des horaires et en imposant des périodes d'absences non prévues, plaçant en conséquence les parents en difficultés, qu'elle n'a pas fait preuve de discrétion professionnelle lors des échanges avec les parents, qu'il a été constaté lors de la visite à domicile du 17 juin 2022 que les enfants étaient trop habillés un jour de canicule, l'intéressée prétextant le fait que les parents ne voulaient pas qu'ils soient déshabillés sans percevoir le rôle et le positionnement qu'elle doit adopter. Deuxièmement, s'agissant de l'absence de mise en pratique de sa formation et de l'absence d'environnement adapté au développement de l'enfant, il ressort des pièces du dossier que si l'intéressée a suivi une formation initiale et dispose à ce titre de connaissances de base sur la petite enfance, elle a des difficultés dans la mise en œuvre pratique de ces principes caractérisées notamment par le caractère non adapté de son logement au développement des enfants accueillis, ainsi qu'il a été constaté lors de la visite à domicile du 17 juin 2022, les jeux n'étant pas installés à la libre disposition des enfants mais rangés dans une commode ou inaccessibles dans un parc et la table basse n'étant pas non plus adaptée aux enfants qui ne peuvent pas s'y installer ou manger. Troisièmement, concernant le projet d'accueil de l'intéressée, il ressort des pièces du dossier que le document établi par Mme A ne correspond pas à sa pratique professionnelle et doit être mis à jour, alors qu'elle n'en respecte pas toujours les termes, en accueillant un nourrisson durant une journée entière alors le projet fait état d'une adaptation échelonnée pour un nouvel accueil d'une heure par jour augmentée progressivement, et en mentionnant que des jeux et activités étaient à disposition des enfants et adaptés à l'âge des enfants contrairement à ce qui a été constaté lors de la visite à domicile. Quatrièmement, s'agissant des difficultés de collaboration avec le service de protection maternelle et infantile, il ressort des pièces du dossier que Mme A ne se rend pas disponible pour les convocations qui lui sont adressées par le service de protection maternelle et infantile, l'intéressée ayant annulé à trois reprises des rendez-vous au prétexte qu'un entretien en présence de bébés était stressant pour elle et qu'elle ne pouvait prendre le bus avec les enfants gardés alors qu'elle parvient à s'organiser pour se rendre à d'autres rendez-vous avec le relais d'assistantes maternelles, qu'elle fait preuve de défiance à l'égard du service de protection maternelle et infantile comme en témoignent la teneur de son courrier du 12 mai 2022 ainsi que ses courriels des 31 mai et 1er juin 2022 et qu'elle ne s'est pas saisie de l'accompagnement qui lui a été proposé. Mme A ne produit à l'instance aucun élément de nature à remettre en cause la matérialité de ces griefs résultant de constats effectués par plusieurs professionnels de la petite enfance. Par suite, le président de la métropole de Lyon n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant l'extension d'agrément sollicité par Mme A.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. SegadoLa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026