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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206678

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206678

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206678
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBOUHALASSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2022 à 15 heures 37, M. A C, représenté par Me Bouhalassa, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du préfet du Rhône du 21 avril 2022 portant expulsion du territoire français, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de le rétablir dans son droit au séjour et ce dans un délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

- s'agissant d'une mesure d'expulsion, l'urgence est présumée ;

- la décision d'expulsion prise à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, présente un caractère disproportionné et méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; elle est entachée d'une insuffisance de motivation, en ce qu'elle ne fait pas état de ses efforts manifeste de réinsertion.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 juillet 2022.

Vu la requête n° 2203902 enregistrée le 20 mai 2022 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision en litige.

Vu les autres pièces du dossier, notamment celles produites par le préfet du Rhône les 14 et 20 septembre 2022.

Vu :

- La convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- La convention internationale des droits de l'enfant ;

- La loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- Le code de justice administrative.

Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Schmerber, présidente, pour statuer sur les demandes de référé ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir, au cours de l'audience publique du 20 septembre 2022, présenté son rapport et entendu :

- Me Bouhalassa, pour M. C ;

- M. B, représentant le préfet du Rhône.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Pour demander la suspension de l'exécution de la mesure d'expulsion prononcée à son encontre, M. C, outre le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision litigieuse, se prévaut de sa situation personnelle et familiale. Sans remettre en cause les multiples condamnations dont il a fait l'objet, il fait valoir qu'il a purgé les peines correspondantes et que, libéré depuis le 26 janvier 2022, il œuvre à son insertion, en particulier par le travail. M. C soutient que la décision d'expulsion prise à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale, présente un caractère disproportionné et méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, en faisant valoir en particulier sa volonté de renouer les liens avec ses trois enfants, nés le 6 août 2012, le 7 février 2014 et le 23 janvier 2016.

3. Toutefois, en l'état de l'instruction aucun des moyens ainsi invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles relatives aux frais du litige.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet du Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Lyon le 20 septembre 2022.

Le juge des référés,

C. Schmerber

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet du Rhône et au ministre de l'intérieur en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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