jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND-HEBRARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Bertrand-Hebrard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le maire de Saint-Etienne lui a infligé la sanction disciplinaire de révocation, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Etienne de le réintégrer dans les effectifs de la commune et de régulariser sa situation administrative dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- la décision de révocation est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas eu connaissance de son entier dossier, que l'avis du conseil de discipline n'est pas motivé et que cet avis a été rendu tardivement ;
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- la sanction retenue est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2023, la commune de Saint-Etienne, représentée par la Selarl Philippe Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 22 janvier 2024 par une ordonnance du même jour prise en application du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- les observations de Me Hakes pour M. B, ainsi que celles de Me Garaudet pour la commune de Saint-Etienne.
Considérant ce qui suit :
1. Adjoint technique principal employé par la commune de Saint-Etienne en qualité de mécanicien depuis 2007, M. B conteste la décision du 7 mars 2022 par laquelle le maire de Saint-Etienne a prononcé sa révocation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : () / 4° Quatrième groupe : / a) La mise à la retraite d'office ; / b) La révocation ".
3. Pour infliger à M. B la sanction de révocation, le maire de Saint-Etienne s'est fondé sur un ensemble de circonstances relatives à sa manière insatisfaisante de servir, à son manquement à l'obligation de réserve et de courtoisie et au non-respect des règles relatives au cumul d'emplois.
4. En premier lieu et s'agissant de l'attitude négligente prêtée à M. B dans l'exécution de ses tâches, l'allégation d'un nettoyage insuffisant de son poste de travail, de son non-respect des horaires de service ou de la mauvaise réparation d'une motocyclette au mois de février 2020 ne suffit pas pour caractériser le comportement fautif du requérant, qui produit des attestations favorables de collègues et dont les évaluations entre 2012 et 2020 effectuées par trois cadres successifs relèvent le bon niveau de compétences.
5. En deuxième lieu et s'agissant du manquement à l'obligation de réserve ou, plus généralement, de l'attitude désobligeante et provocatrice reprochée à M. B à l'égard de ses collègues et de sa hiérarchie, il est constant qu'à l'occasion de ses évaluations de 2008, 2009, 2012 et 2013, il a été demandé à M. B, qui reconnaît avoir une forte personnalité, d'améliorer ses relations dans le service et les témoignages de certains collègues de M. B recueillis au cours de l'enquête administrative font apparaitre les tensions suscitées par son attitude. Toutefois, aucune des évaluations du requérant au titre des années suivantes ne fait ressortir de problème de savoir-être de la part de l'intéressé, qui n'a jamais été sanctionné à ce titre, et M. B produit pour sa part de nombreuses attestations témoignant de son caractère cordial. Il est en revanche établi que, le 2 avril 2019, M. B a fait l'objet d'un rappel à l'ordre à la suite de propos déplacés proférés à l'endroit d'un de ses collègues de travail et que, le 3 mai 2021, lors d'une audition tenue dans le cadre de l'enquête administrative, il a insulté un de ses collègues qui le mettait en cause pour la qualité de son travail.
6. En troisième lieu et s'agissant des reproches adressés au requérant relatifs aux conditions d'exercice pour son compte d'une activité accessoire d'entretien de véhicules, les pièces du dossier, en particulier les témoignages produits, ne suffisent pas pour tenir pour établie l'allégation selon laquelle le requérant aurait habituellement géré cette activité pendant ses heures de service ou utilisé les moyens du service à son profit, et la méconnaissance fautive qui est alléguée des règles relatives au cumul d'emplois n'est pas davantage établie par la circonstance que cette activité accessoire d'entretien à domicile n'aurait pas été exercée au domicile du requérant mais chez ses clients ou par la circonstance qu'il a été nécessaire de régulariser la situation de l'intéressé en lui délivrant a posteriori l'autorisation requise pour la période 2013-2017. Il ressort en revanche des pièces du dossier que, comme le fait valoir la commune défenderesse, M. B a irrégulièrement exercé cette activité accessoire les 7 et 14 novembre 2021 alors qu'il était en arrêt pour cause de maladie.
7. Il résulte de ce qui précède qu'au regard des pièces du dossier, les faits reprochés au requérant ne peuvent être tenus pour établis que pour certains d'entre eux et dans une mesure insusceptible de justifier la révocation de M. B, qui est dès lors fondé à soutenir que la sanction qu'il conteste présente un caractère disproportionné et doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique la réintégration de M. B et la régularisation de sa situation. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens à la commune de Saint-Etienne et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte qui est demandée.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la commune de Saint-Etienne présentées sur leur fondement et dirigées contre M. B, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce et en application de ces mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Etienne le versement à M. B de la somme de 1 400 euros au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Saint-Etienne du 7 mars 2022 prononçant la révocation de M. B et la décision portant rejet du recours gracieux formé à son encontre sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Etienne de procéder à la réintégration de M. B et à la régularisation de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Etienne versera la somme de 1 400 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B et les conclusions présentées par la commune de Saint-Etienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint Etienne.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026