vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2022, M. A B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré du capital de son permis de conduire des points pour des infractions au code de la route commise les 28 janvier 2020 et 9 juillet 2021, ensemble la décision référencée " 48 SI " du 20 juillet 2022, par laquelle le ministre l'a informé de la perte de validité dudit permis pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- pour chacune des infractions visées, il n'a pas été destinataire des informations préalables prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la décision 48 SI est entachée d'un défaut de motivation, car elle ne mentionne pas les informations établissant que la condamnation prononcée, pour l'infraction du 9 juillet 2021, par le tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse est devenue définitive ;
- la décision référencée " 48 SI " est illégale en conséquence de l'illégalité des retraits de points sur lesquels elle se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'absence de notification des décisions de retrait de points est inopérant ;
- le requérant a fait l'objet d'une ordonnance pénale qu'il n'a pas contestée ;
- par suite, le moyen tiré d'un défaut d'information est inopérant ;
- le moyen tiré de l'absence de motivation de la lettre 48 SI est inopérant et manque en fait ;
- la réalité des infractions est établie.
Par ordonnance du 27 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis, notamment, deux infractions au code de la route les 28 janvier 2020 et 9 juillet 2021. Par une décision référencée " 48 SI " du 20 juillet 2022, à la suite de l'infraction commise le 9 juillet 2021 ayant entrainé le retrait de six points de son permis de conduire, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité dudit permis. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire, ainsi que des décisions de retraits de points y figurant.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En application des dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
3. L'information prévue par les dispositions susmentionnées du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. B soutient que les informations préalables, mentionnées par les dispositions précitées du code de la route, ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 28 janvier 2020 et 21 juillet 2021.
S'agissant de l'infraction commise le 28 janvier 2020 :
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. B que ce dernier a payé l'amende forfaitaire relative à l'infraction du 28 janvier 2020, relevée par radar automatique, ainsi que le prouve la mention " tribunal d'instance ou de police de contrôle automatisé ". Il découle de cette seule constatation que M. B a nécessairement reçu l'avis de contravention correspondant, au verso duquel figure l'information exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant de l'infraction commise le 21 juillet 2021 :
5. L'omission de la formalité prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal judiciaire ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
6. Or, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'infraction du 9 juillet 2021, M. B a été sanctionnée par ordonnance pénale du vice-président du tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse, du 8 novembre 2021. Par suite le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas reçu, lors du constat de cette infraction, les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, est inopérant.
7. M. B soutient aussi, s'agissant de cette infraction et du retrait de points qui en a résulté, qu'aucune indication de la décision 48 SI ne permet de caractériser le caractère définitif de l'ordonnance pénale, ce qui serait constitutif d'un défaut de motivation de la décision. La décision mentionne la date de l'ordonnance pénale et la juridiction qui l'a prononcée, ce qui est suffisant pour permettre à M. B de s'assurer du caractère définitif de l'ordonnance et répond donc aux exigences de motivation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du ministre de l'intérieur portant retrait de points du solde de points du permis de conduire de M. B à la suite des infractions visées aux paragraphes 3, ainsi que de la décision 48 SI, doivent être rejetées ainsi que des conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du ministre de l'intérieur et des outre-mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du ministre de l'intérieur et des outre-mer présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée
A. Wolf
Le greffier,
J.-P. Duret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026