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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2206824

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2206824

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2206824
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantDACHARY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 septembre 2022 et régularisée le 13 septembre 2022, ainsi qu'un mémoire complémentaire du 16 septembre 2022, M. C, représenté par Me Dachary, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;

3°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours dans ce département ;

4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

M. C soutient que :

En ce qui concerne la décision lui refusant le séjour :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;

- la décision méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- le préfet s'est estimé en compétence liée pour prendre la décision ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et lui refusant un délai de départ volontaire ;

- la décision portant interdiction de retour méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- la décision portant assignation à résidence est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et lui refusant un délai de départ volontaire ;

- elle est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences sur sa situation personnelle.

Des pièces ont été produites les 15 et 16 septembre 2022 par le préfet du Rhône.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 16 septembre 2022, M. Bertolo magistrat désigné, a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Dachary, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ; elle indique en particulier que ni la date d'arrivée en France ni l'âge de M. C n'ont été remis en cause antérieurement par la préfecture, un document de circulation pour étranger mineur lui ayant été délivré ; elle insiste également sur les attaches familiales en France de l'intéressé, et sur l'absence d'attaches au Cameroun, pays qu'il a quitté au décès de son grand-père qui l'a élevé ;

- les observations de M. A, représentant la préfecture du Rhône, qui fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé ; il indique que la date d'arrivée en France n'est pas établie, ni l'âge auquel l'intéressé serait rentré en France, celui-ci ayant déclaré à plusieurs reprises une autre date de naissance que celle déclarée pour sa demande de titre de séjour ; il indique également que les pièces produites ne permettant pas d'établir la résidence habituelle de l'intéressé en France, ni la réalité de l'insertion, alors qu'il est très défavorablement connu des services de police, la menace à l'ordre public pouvant être considérée comme toujours actuelle ; il n'est par ailleurs pas justifié de l'absence d'attaches dans le pays d'origine ;

- les observations de M. C, qui fait notamment valoir son suivi par la mission locale.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré a été enregistrée le 19 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant camerounais qui serait né selon ses déclarations le 21 février 2001, serait entré pour la première fois en France le 20 octobre 2013. Il a par la suite bénéficié d'un document de circulation pour étranger mineur valable du 12 mai 2015 au 20 février 2018. Il a sollicité, le 15 avril 2022, la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale ". L'intéressé demande l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, ainsi que de la décision du même jour l'assignant à résidence.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur l'étendue du litige :

3. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". La procédure applicable en cas d'assignation à résidence ou de placement en rétention résulte des articles L. 614-7 à L. 614-13 de ce code. Par ailleurs, en application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, lorsque l'étranger, placé en rétention ou assigné à résidence, a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire français.

4. M. C a été assigné à résidence par une décision du préfet du Rhône du 9 septembre 2022. Par suite, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité des décisions du même jour obligeant l'intéressé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 9 septembre 2022 refusant à M. C un titre de séjour. Par suite, il y a lieu de renvoyer en formation collégiale les conclusions du requérant relatives à la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires afférentes à cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour :

5. En premier lieu, la décision attaquée indique les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, cette décision, qui ne devait pas nécessairement faire état de tous les éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation ne peut, dès lors, qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet du Rhône aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen et de l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.

7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République "

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". " Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "

9. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Rhône a rejeté la demande de titre de séjour de l'intéressé notamment au motif qu'il est très défavorablement connu des services de police et qu'il a fait l'objet de plusieurs condamnations pénales. Il ressort notamment du fichier des automatisés des empreintes digitales que M. C a fait l'objet, entre le 26 juillet 2015 et le 4 février 2021, de 24 signalisations par les services de police pour des faits de détention de stupéfiants, de violence sur mineur et de violences avec arme, de vols, recel et complicité de recel, d'outrage à personne chargée d'une mission de service public, et de pénétration non autorisée dans un établissement pénitentiaire. L'extrait de casier judiciaire produit par le préfet du Rhône en défense met en outre en évidence qu'il a été condamné à deux reprises en 2017 à une amende délictuelle pour des faits d'usage de stupéfiants et de vol, en 2018 à une amende délictuelle pour la conduite d'un véhicule sans permis, en 2020 à trois reprises à des amendes délictuelles et à 6 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans notamment pour des faits de remise ou sortie irrégulière de correspondance, somme d'argent ou objet d'un détenu. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été interpellé le 9 septembre 2022 par les services de police de Lyon pour des faits de faux et usage de faux, la carte d'identité produite pour sa demande de titre de séjour s'avérant selon l'analyse de la police aux frontières être une contrefaçon. En se bornant à soutenir que ces faits ont été commis à une époque d'instabilité personnelle, mais qu'il est maintenant dans une dynamique d'intégration professionnelle et affective, dont au demeurant la réalité n'est pas justifiée par les pièces qu'il produit, le requérant n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation de son comportement en estimant qu'il représentait une menace pour l'ordre public, eu égard à la gravité et au caractère répété et récent de ses agissements. Dès lors que le préfet pouvait légalement, pour ce motif, lui refuser la délivrance du titre de séjour sollicité sur le fondement de l'article L. 423-21 ou L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les moyens tirés de la violation de ces dispositions, ainsi que de celles des articles L. 412-5 et L. 432-1, doit être écarté, alors même que M. C serait par ailleurs présent sur le territoire français depuis de nombreuses années.

10. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que M. C est célibataire et sans enfant à charge. S'il se prévaut de la présence en France de sa mère, de sa grand-mère et d'une partie de sa famille, il ne justifie pas de la réalité des relations qu'il entretiendrait avec eux. Il ne justifie en outre d'aucune autre attache particulière en France à laquelle le refus de titre de séjour qui lui est opposé porterait atteinte. S'il indique être suivi par la mission locale, et qu'il disposerait de promesses d'embauche, ce seul élément n'est pas suffisant pour considérer qu'il disposerait sur le territoire français d'une insertion particulière, et pas davantage d'une réelle intégration alors qu'il est en outre défavorablement connu des services de police. Si enfin il fait état de problèmes de santé, il ne justifie pas avoir sollicité un titre de séjour sur ce fondement auprès de l'autorité préfectorale. Par suite, compte tenu de ces éléments et de ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

12. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour à l'encontre de la décision par laquelle le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français.

S'agissant des autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français indique les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, cette décision, qui ne devait pas nécessairement faire état de tous les éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation ne peut, dès lors, qu'être écarté.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet du Rhône aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen et de l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; "

16. M. C ne justifie par les pièces produites au dossier ni la réalité de sa date d'entrée sur le territoire français, ni qu'il y serait entré avant l'âge de 13 ans. Par suite, le préfet du Rhône pouvait, sans méconnaître les dispositions précitées, prendre à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux précisés au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour et de celle l'obligeant à quitter le territoire français, le moyen invoqué par le requérant tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () "

20. Le préfet étant fondé, comme il a été dit au point 9 du présent jugement, à considérer que le requérant représentait une menace à l'ordre public, il était également fondé à refuser à l'intéresser le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet ayant au demeurant tenu compte de sa situation personnelle et familiale. Le moyen tiré de l'erreur de droit et du caractère disproportionné de la mesure doit donc être écarté.

21. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui a examiné l'ensemble de la situation de l'intéressé, se serait estimé en compétence liée pour lui refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

22. En dernier lieu, et en dépit de la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français, la décision en litige n'apparaît pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

23. En l'absence d'illégalité de la décision refusant le séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

24. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle refusant un délai de départ volontaire, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

25. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

26. Il appartient au préfet, en vertu des dispositions précitées d'assortir une obligation de quitter le territoire français sans délai d'une interdiction de retour sur le territoire français sauf dans l'hypothèse où des circonstances humanitaires justifieraient qu'il soit dérogé au principe. M. C s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Le requérant, qui n'établit pas être menacé en cas de retour dans son pays d'origine, ne fait pas état d'une circonstance humanitaire qui aurait pu justifier que l'autorité administrative ne prononçât pas d'interdiction de retour sur le territoire français. S'agissant de la durée de cette interdiction, la décision contenue dans l'arrêté en litige fait référence à sa durée de présence en France, à la nature et à l'ancienneté de ses liens sur le territoire et au fait qu'au vu de ses multiples condamnations, il représente une menace pour l'ordre public. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées en fixant à trente-six mois la durée de l'interdiction de retour en France faite à l'intéressé.

27. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux précisés au point 11 du présent jugement, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

28. En l'absence d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, le moyen tiré de ces illégalités et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence doit être écarté.

29. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 11 du présent jugement, et cette décision constituant une mesure moins contraignante que la rétention administrative, la décision assignant le requérant à résidence n'apparaît ni disproportionnée, ni entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

30. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et au titre des frais non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. D C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision du 9 septembre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour ainsi que les conclusions accessoires afférentes à cette décision sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal administratif de Lyon.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet du Rhône.

Copie en sera adressée à Me Dachary.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

C. B La greffière

Ch. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition,

Un greffier.

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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