lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête enregistrée le 7 septembre 2022, sous le n° 2206842, Mme C B, représentée par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2022 du préfet de l'Ardèche en tant qu'il l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 24 octobre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 10 novembre 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II) Par une requête enregistrée le 7 septembre 2022, sous le n° 2206848, M. D B, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2022 du préfet de l'Ardèche en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 24 octobre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 10 novembre 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Besse, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2206842 et n° 2206848 présentées par M. et Mme B posent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. et Mme B, ressortissants turcs nés respectivement en 1976 et 1983, sont entrés en France en mars 2020. Ils ont déposé des demandes d'asile, qui ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile le 31 mai 2022. Le 11 juillet 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté comme irrecevables leurs demandes de réexamen des demandes d'asile. Par deux arrêtés du 19 août 2022, le préfet de l'Ardèche les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. et Mme B demandent l'annulation de ces arrêtés en tant qu'ils les obligent à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
3. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par Mme Isabelle Arrighi, secrétaire générale de la préfecture de l'Ardèche, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêté du préfet de l'Ardèche en date du 1er avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 avril 2022, librement accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués comprennent la mention détaillée des considérations de droit et de fait qui les fondent et sont par suite suffisamment motivés. Par ailleurs, il ne ressort pas de ces décisions que le préfet de l'Ardèche n'aurait pas procédé à un réel examen de la situation des intéressés.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que les requérants ne résident en France que depuis deux années, à la date des décisions en litige, après avoir vécu l'essentiel de leur vie en Turquie, où ils peuvent reconstituer leur cellule familiale avec leurs quatre enfants. Par suite, le préfet de l'Ardèche, en leur faisant obligation de quitter le territoire français, n'a pas entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Enfin, les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne fixant pas par elles-mêmes le pays à destination duquel M. et Mme B pourraient être éloignés, les intéressés ne peuvent utilement les contester en faisant état des risques qu'ils encourraient en cas de retour en Turquie. En tout état de cause, si les intéressés, dont les demandes d'asile ont d'ailleurs été rejetées, indiquent craindre des traitements dégradants en cas de retour dans leur pays, ils ne produisent aucun élément à l'appui de leurs allégations, par ailleurs non circonstanciées. Leur moyen doit par suite être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que les arrêtés du 19 août 2022 attaqués sont entachés d'illégalité et à en demander l'annulation. Par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction doivent également être rejetées, de même que les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. D B et au préfet de l'Ardèche.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Thierry A La greffière,
Sophie Lecas
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,-2206848
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026