mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206894 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | PELLEGRY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 13 septembre 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Lyon, en application de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A C.
Par une requête enregistrée le 8 septembre 2022 sous le n° 2206894, M. A C, ayant pour avocat Me Pellegry, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les décisions, en date du 7 septembre 2022, par lesquelles le préfet du Rhône lui fait obligation de quitter sans délai le territoire français, fixe son pays de destination et lui interdit de revenir sur ce territoire pendant une durée de 18 mois ;
3°) d'ordonner sa remise en liberté ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros, soit sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, soit, s'il n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure d'éloignement et celle le privant d'un délai de départ volontaire sont insuffisamment motivées et n'ont pas été précédées d'un examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision le privant d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu l'article L. 721-3 du même code ;
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les décisions attaquées ;
Par mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant sont infondés.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a délégué à M. B les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative et la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience tenue le 15 septembre 2022.
Le magistrat désigné y a présenté son rapport et a clos l'instruction à l'issue de cette audience, où les parties n'étaient pas présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Incarcéré pour une durée de dix mois à compter du 21 février 2022 mais devant être libéré le 7 septembre 2022, M. A C, ressortissant algérien né le 28 février 2002, a fait l'objet d'une mesure d'éloignement sans délai prise le 7 septembre 2022 par le préfet du Rhône qui fixe son pays de destination et lui interdit de revenir en France avant l'écoulement d'une période de 18 mois. D'abord placé en centre de rétention, M. C est, le 12 septembre 2022, assigné à résidence dans ce département par le même préfet du Rhône. M. C conteste les décisions du 7 septembre 2022.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté en litige du 7 septembre 2022 contient les éléments de droit et de fait qui fondent la mesure d'éloignement sans délai prise à l'encontre de M. C. Cette motivation ne révèle pas de défaut d'examen de la situation du requérant, notamment au regard de sa vie privée et familiale.
4. En deuxième lieu, l'étranger obligé de quitter le territoire français dispose pour ce faire, en vertu de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'un délai de trente jours. Toutefois, il est disposé par l'article L. 612-2 de ce code qu'un tel délai peut être refusé si, notamment, " 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ", " 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code, ce risque " peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ()".
5. Pour priver M. C d'un délai de départ volontaire, le préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans l'hypothèse où le comportement de cet étranger, condamné pour des faits de vol avec violence, ne serait pas menaçant pour l'ordre public, il demeure qu'il est entré irrégulièrement en France, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, est dépourvu de documents d'identité et de voyage, est sans domicile stable. Le risque de fuite ainsi établi était de nature à justifier la privation, le 7 septembre 2022, d'un délai de départ volontaire. Cette décision n'est ainsi pas entachée de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation invoquées.
6. En troisième lieu, il ressort du dispositif de l'arrêté attaqué que le préfet du Rhône distingue la mesure d'éloignement de la décision fixant le pays à destination duquel M. C sera reconduit en cas d'exécution d'office de cette mesure, ceci conformément aux exigences de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est ainsi pas méconnu.
7. En dernier lieu, le requérant, qui a déclaré être entré en France en août 2021, n'y dispose d'aucune attache familiale, se borne à alléguer être le concubin d'une certaine Aïcha Daniella avec laquelle il vivrait à Rillieux-la-Pape, " près du carrefour ", a été emprisonné pour des faits de vol avec violence. Dans ces conditions, aucune atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale n'est à imputer au préfet du Rhône quand il prend la décision d'éloigner M. C. Doit en conséquence être écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 7 septembre 2022 qu'il attaque.
Sur les autres conclusions :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, n'implique pas " d'ordonner sa remise en liberté ".
10. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il ne saurait être mis à sa charge le versement de la somme réclamée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. A C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Pellegry.
Lu en audience publique le 27 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
B. B
La greffière,
N. Oujdi
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026