mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2206915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2022, M. D A, représenté par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de six mois ;
3°) d'annuler la décision de rétention de son passeport du 12 septembre 2022 ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui restituer son passeport dans un délai de cinq jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision d'assignation à résidence :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, faute d'avoir permis au requérant de présenter des observations ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la mesure d'assignation et ses modalités d'application sont disproportionnées.
Sur la décision de rétention de son passeport :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant de Saint-Christophe-et-Niévès né en 1983, M. A demande l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la préfète de l'Ain l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de six mois et lui a fait obligation de remettre au service en charge du suivi de son assignation tout document d'identité en sa possession.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. "
3. M. A ne faisant état d'aucun motif d'urgence, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne la légalité de la décision d'assignation à résidence :
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C B, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, en vertu de la délégation de signature qui lui a été donnée par un arrêté de la préfète de l'Ain du 31 janvier 2022, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été entendu par les services de police du commissariat de Bourg-en-Bresse le 12 septembre 2022 et a été informé de ce qu'il était susceptible d'être assigné à résidence dans l'attente de son éloignement. Il a également été interrogé sur sa situation personnelle où il a indiqué être domicilié de manière stable à Bourg-en-Bresse (01), et a fait état de sa situation familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () / 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion le 25 mars 2022. La circonstance qu'il ait postérieurement déposé une demande d'asile ne permet pas de considérer que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain a fait une inexacte application de ces dispositions en prononçant à son encontre une assignation à résidence, mesure à laquelle l'autorité préfectorale peut précisément recourir de préférence à un placement en rétention administrative lorsque l'étranger concerné présente des garanties de représentation. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent ainsi être écartés.
8. En dernier lieu, le requérant expose que les modalités d'application de sa mesure d'assignation à résidence, qui lui imposent de se présenter les lundis, mercredis, vendredis, dimanches et jours fériés au commissariat de Bourg-en-Bresse et lui interdisent de quitter le département de l'Ain sans autorisation préalable, sont excessives, il ne fait valoir aucun élément établissant que ces modalités sont disproportionnées par rapport à sa situation personnelle. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de rétention du passeport :
9. Aux termes de l'article L. 733-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1. " Selon l'article L. 814-1 du même code : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. / Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu. " L'article R. 733-3 du même code dispose : " Lorsque l'autorité administrative prescrit à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document d'identité ou de voyage en sa possession, en application de l'article L. 733-4, elle lui remet en échange un récépissé valant justification d'identité. / La mention du délai accordé à l'étranger pour son départ est, le cas échéant, portée sur ce récépissé. " Ainsi que l'a jugé le Conseil constitutionnel dans la décision n° 97-389 DC du 22 avril 1997 susvisée, ces dispositions ont pour seul objet de garantir que l'étranger en situation irrégulière sera en possession du document permettant d'assurer son départ effectif du territoire national et que par cette mesure, il ne saurait en aucune façon être fait obstacle à l'exercice par l'étranger du droit de quitter le territoire national et de ses autres libertés et droits fondamentaux.
10. En premier lieu, la décision de rétention du passeport constituant une mesure d'exécution d'une décision d'assignation à résidence en application des dispositions précitées, elle n'est pas soumise à une exigence de motivation distincte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme inopérant.
11. En deuxième lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 7, M. A faisant l'objet d'un arrêté d'expulsion, la préfète de l'Ain pouvait légalement ordonner la rétention de son passeport. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.
12. En dernier lieu, si M. A expose que la rétention de son passeport n'a pas été suivie de la remise d'un récépissé valant justification de son identité en méconnaissance des dispositions précitées, l'absence de la délivrance d'un récépissé, qui est une mesure d'exécution, n'est pas de nature à entacher d'illégalité une décision de rétention de passeport, et il ressort en tout état de cause des pièces du dossier que ce récépissé lui a été remis le 30 septembre 2022. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A dirigées contre les décisions du 12 septembre 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de sa requête à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
Le rapporteur,
F.-X. Richard-RendoletLe président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026