jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2022, M. A C B, représenté par la SCP Couderc Zouine (Me Zouine), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a opposé un refus à sa demande, en date du 13 juin 2017, tendant à la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à tout le moins de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 20 000 euros, outre intérêts au taux légal, en réparation de ses préjudices ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale, faute pour le préfet du Rhône de lui en avoir communiqué les motifs alors qu'il lui en avait fait la demande ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, le préfet n'ayant pas préalablement saisi la commission du titre de séjour ;
- la décision méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article L. 313-14 du même code, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- le refus qui lui a été opposé lui a occasionné un préjudice matériel et moral, et des troubles dans les conditions d'existence, qui peuvent être évalués à la somme de 20 000 euros.
La préfète du Rhône a produit en défense, le 13 septembre 2023, une pièce justifiant de la délivrance au requérant d'une carte de séjour temporaire valable du 13 mars 2023 au 12 mars 2024.
Par des mémoires enregistrés les 30 octobre et 6 novembre 2023, M. B a déclaré se désister de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, mais a maintenu ses conclusions indemnitaires et celles qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 8 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Besse,
- et les observations de Me Zouine, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant soudanais né en 1982, a sollicité auprès des services de la préfecture du Rhône, le 13 juin 2017, la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " Un refus implicite ayant été opposé à cette demande, il en demande l'annulation, ainsi que la condamnation de l'Etat à l'indemniser du préjudice qu'il a subi en raison de l'illégalité de ce refus.
Sur l'étendue du litige :
2. La préfète du Rhône ayant délivré à M. B en cours d'instance une carte de séjour temporaire, l'intéressé s'est désisté de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Il y a lieu d'en donner acte.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais codifié à l'article L.423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en 2009. Suite au rejet de sa demande d'asile, il a bénéficié de 2011 à 2013, puis du 9 mai 2016 au 8 mai 2017 de titres de séjour mention " vie privée et familiale ". Il est par ailleurs père de deux enfants, nés en 2005 et 2009, et s'il est séparé de leur mère, qui réside régulièrement en France en qualité de réfugiée, il produit une attestation de cette dernière, non contredite, indiquant qu'il voit chaque semaine ses enfants et contribue à leur éducation. Enfin, M. B justifie avoir créé en 2017 une société exerçant dans le domaine de l'étanchéité. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le refus implicite qui avait été opposé à sa demande porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaissant dès lors les dispositions alors en vigueur du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et, par suite qu'il est entaché d'une illégalité fautive.
5. Le requérant, qui s'est vu délivrer des récépissés pendant la période d'instruction de sa demande de titre de séjour, soutient avoir subi un préjudice matériel et des troubles dans ses conditions d'existence en raison de la précarité de sa situation, résultant notamment d'interruptions dans le renouvellement des récépissés délivrés, situation qui lui aurait occasionné des difficultés d'accès à l'emploi. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à établir qu'il aurait entrepris en vain des démarches en vue d'une insertion professionnelle ou qu'il aurait pu subir de ce fait un quelconque préjudice matériel. En revanche, le refus qui lui a été opposé a occasionné au requérant des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral, qui peuvent être regardés comme établis, notamment au regard du temps écoulé entre le refus implicite et la délivrance par la préfète d'un titre de séjour en mars 2023, plus de cinq années plus tard. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant la préfète du Rhône à lui verser à ce titre la somme de 2 000 euros.
6. Cette indemnité de 2 000 euros sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 mai 2022, date de réception de la demande préalable d'indemnisation de M. B.
Sur les frais d'instance :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Zouine, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Zouine d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. B.
.
Article 2 : L'Etat est condamné à payer à M. B une somme de 2 000 euros, outre intérêts au taux légal à compter du 9 mai 2022, en réparation de ses préjudices.
Article 3 : L'Etat versera à Me Zouine, conseil de M. B, une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son renoncement à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Allais, première conseillère,
Mme de Lacoste Lareymondie, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le président-rapporteur,
T. Besse
L'assesseure la plus ancienne,
A. Allais
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026