mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. D A, représenté par Me Bescou (Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés), demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 26 août 2022 par lesquelles le préfet de l'Ardèche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'a astreint à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet de l'Ardèche s'est abstenu de statuer sur la demande d'autorisation de travail déposée par son futur employeur préalablement à l'examen de sa demande de titre de séjour en qualité de " salarié " présentée sur le fondement des stipulations de la convention franco-sénégalaise ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- en ne tenant pas compte de l'ensemble des emplois qu'il a occupés ou qu'il est susceptible d'occuper, et en retenant qu'il ne justifiait pas d'un visa de long séjour lors de son entrée sur le territoire français, le préfet a commis une erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le préfet de l'Ardèche aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation exceptionnelle pour lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
- elle méconnaît les orientations de la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision astreignant M. A à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas :
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 25 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office aux dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 5 de la convention signée le 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " à un ressortissant sénégalais.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention franco-sénégalaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires, signé le 23 septembre 2006, et l'avenant à cet accord, signé le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
- et les observations de Me Guillaume, substituant Me Bescou, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 30 août 1978, est entré en France le 7 avril 2016 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familiale " et valable du 21 mars 2016 au 21 mars 2017. Le 20 janvier 2017, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en se prévalant de son union avec une ressortissante française le 28 septembre 2009. Par un arrêté du 7 février 2018, confirmé par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 décembre 2019, le préfet de la Gironde a refusé de faire droit à cette demande en raison de la rupture de la communauté de vie avec Mme E. Le 27 mai 2021, M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 22 juillet 2021, confirmé par un jugement du tribunal administratif du 1er juin 2022, le préfet de l'Ardèche a rejeté cette demande. M. A a ensuite sollicité un titre de séjour en qualité de salarié, qui lui a été refusé par un arrêté du 2 décembre 2021. Par un jugement du 27 juin 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de l'Ardèche de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A. Par un arrêté du 26 août 2022, le préfet de l'Ardèche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et l'a astreint à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, d'une part, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux conditions de délivrance de titres de séjour s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 de ce code, " sous réserve des conventions internationales ". L'article 13 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 stipule que : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux Etats sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. ". L'article 4 de la même convention énonce que : " Pour un séjour de plus de trois mois () les ressortissants sénégalais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis d'un visa de long séjour et des justifications prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation ". L'article 5 de cette convention prévoit que : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre Etat une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet Etat, justifier de la possession : / () D'un contrat de travail visé par le Ministère du Travail dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil. ".
3. D'autre part, l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". L'article L. 412-1 du même code prévoit que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". L'article L. 5221-2 du code du travail énonce que : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. () ".
4. Il résulte des stipulations précitées que la situation des ressortissants sénégalais désireux d'obtenir une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " est régie par les stipulations de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise visé ci-dessus, et non par les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de l'Ardèche ne pouvait légalement se fonder sur ces dispositions pour refuser la délivrance d'un titre de séjour " salarié " à M. A.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la décision contestée aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement des stipulations de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise. Dès lors que l'application des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a privé le requérant d'aucune des garanties prévues par ces stipulations, il y a lieu, pour le tribunal, de procéder d'office à une substitution de base légale en examinant la légalité de cette décision au regard de ces mêmes stipulations.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le futur employeur de M. A aurait déposé une demande d'autorisation de travail auprès de la préfecture de l'Ardèche. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet se serait abstenu de statuer sur ladite demande et aurait ainsi entaché sa décision d'un vice de procédure.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision contestée que le préfet de l'Ardèche, qui vise l'ensemble des expériences professionnelles de l'intéressé, ainsi que les deux promesses d'embauche dont il a bénéficié en qualité de commis de cuisine et de plaquiste, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. A pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort des termes de la décision contestée que le préfet a tenu compte de l'ensemble des éléments relatifs à la situation professionnelle de M. A. En outre, alors que le visa portant la mention " vie privée et familiale ", avec lequel il était entré sur le territoire français le 7 avril 2016, était expiré depuis le 21 mars 2017, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A disposait d'un visa de long séjour à la date de sa demande de titre de séjour. Ainsi, le préfet de l'Ardèche pouvait légalement, pour ce seul motif, refuser de faire droit à la demande de titre de séjour " salarié ".
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ". En outre, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A, âgé de quarante-trois ans, se maintenait en France, de manière irrégulière, depuis six ans à la date de la décision attaquée, en dépit d'une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre en date du 7 février 2018, et confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 27 décembre 2019. S'il fait valoir qu'il vit en concubinage avec Mme F et bénéficie d'un contrat à durée indéterminée conclu avec la société Class Pièces Auto en juin 2022, en qualité de vendeur, et exerce une activité de bénévolat auprès du club de l'Union sportive Bas Vivarais, les documents qu'il produit ne suffisent pas à démontrer l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens privés et familiaux dont il se prévaut sur le territoire français, notamment vis-à-vis de sa concubine, ni une insertion sociale ou professionnelle particulière. Enfin, l'intéressé n'allègue pas être dépourvu de toute attache personnelle ou familiale dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans, et où résident ses deux enfants, ainsi que son frère. Dans ces circonstances, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En sixième lieu, le paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, dans sa rédaction issue du point 31 de l'article 3 de l'avenant à cet accord signé le 25 février 2008, stipule que : " Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d'une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant : / - soit la mention " salarié " s'il exerce l'un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l'Accord et dispose d'une proposition de contrat de travail. / - soit la mention " vie privée et familiale " s'il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels ". Par ailleurs, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
12. Les stipulations précitées, qui renvoient à la législation française en matière d'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière, rendent applicables à ces derniers les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que le préfet est conduit, par l'effet de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, à faire application de ces dispositions lorsqu'il est saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière.
13. Compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, M. A ne justifie d'aucune circonstance particulière, tant au regard de sa vie privée et familiale que de sa situation de salarié, de nature à démontrer que son admission au séjour répondrait à des motifs exceptionnels ou humanitaires, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de l'Ardèche a pu, sans les méconnaître, refuser de faire application de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation sur leur fondement.
14. En septième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, que le ministre de l'intérieur a adressée aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation.
15. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés précédemment, et en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de l'intéressé doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
17. En l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs énoncés précédemment s'agissant du refus d'admission au séjour.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
18. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination seraient illégales en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de la mesure d'éloignement.
En ce qui concerne la décision astreignant M. A à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas :
19. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ". Aux termes de l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". En outre, aux termes de l'article R. 721-5 du même code : " L'autorité administrative compétente pour astreindre un étranger aux obligations de présentation prévues à l'article L. 721-7 est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police. ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine. ".
20. La décision attaquée, qui astreint le requérant à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas pour justifier de ses diligences en vue de préparer son départ, vise dans son préambule les articles L. 721-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui sont relatifs aux décisions pouvant être prises pendant le délai de départ volontaire, ainsi que dans son dispositif les articles R. 721-5 et R. 721-6 spécifiques aux décisions portant obligation de présentation prévues à l'article L. 721-7 du même code. Dans ces circonstances, elle comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est, par suite, suffisamment motivée.
21. Enfin, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Ardèche a accordé à M. A un délai de départ volontaire de trente jours afin que celui-ci quitte le territoire français. Dans ces circonstances, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet l'a également astreint à se présenter une fois par semaine auprès des services de la brigade de gendarmerie d'Aubenas. Le requérant, qui ne peut utilement faire valoir que le présent recours est suspensif et ne pouvait donner lieu à une telle astreinte, n'est pas fondé à soutenir que ladite décision serait entachée d'une erreur d'appréciation.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 août 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement au requérant d'une somme au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-PlanchetL'assesseure la plus ancienne,
A.-S. Soubié
La greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026