mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2022, M. B A, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, agissant par Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle le préfet du Rhône a classé sans suite sa demande de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous lui permettant le dépôt de sa demande de titre de séjour à la première date utile dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et dans l'hypothèse où son dossier serait complet, de lui délivrer un récépissé constatant le dépôt de cette demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige n'indique ni le nom de son auteur, ni sa qualité et ne comporte pas de signature et émane d'une autorité incompétente ;
- elle est dépourvue de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète méconnaît sa propre compétence en refusant de lui accorder un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre et en classant sans suite sa demande.
La préfète du Rhône a produit des pièces qui ont été enregistrées le 23 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Delahaye.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant togolais né le 17 avril 1967, demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour ;
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée: " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. ". Aux termes de l'article R. 431-3 du même code : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande :1° Les documents justifiants de son état civil ;2° Les documents justifiants de sa nationalité ;3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents. ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande.Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile. "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a saisi la préfecture d'une demande de rendez-vous le 3 décembre 2020 en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour via la plateforme demarches-simplifiées.fr. A la suite de multiples relances, il a été informé le 18 octobre 2021 que sa demande de rendez-vous était acceptée. Par un courrier du 3 janvier 2022, la préfecture du Rhône l'a informé de l'annulation de son rendez-vous fixé au 4 janvier 2022 à 9h10. En dépit de ses demandes ultérieures de fixation d'un nouveau rendez-vous, l'intéressé a été informé par deux courriels du 28 juillet 2022 que son dossier avait été classé sans suite et qu'il devait déposer une nouvelle demande de de titre de séjour via la plateforme " démarches simplifiées.fr ". Cette décision du 28 juillet 2022 doit dès lors s'analyser comme un refus de rendez-vous, faisant grief à l'intéressé, dès lors qu'il fait obstacle à l'enregistrement et, par suite, à l'instruction de sa demande. La préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense, ne conteste pas le caractère complet du dossier de l'intéressé, ni ne fait état d'aucun élément de nature à démontrer le bien-fondé du refus de rendez-vous opposé à l'intéressé. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision du 28 juillet 2022 classant sans suite sa demande de rendez-vous est, pour ce motif, illégale. Elle doit, en conséquence, être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à son encontre.
Sur les conclusions en injonction :
4. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône, sous un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de fixer un rendez-vous à M .A en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre une somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat, partie perdante, à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 juillet 2022 par laquelle le préfet du Rhône a classé sans suite la demande de rendez-vous de M. A en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous à M. A en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2207240
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026