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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2207244

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2207244

lundi 20 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2207244
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler :

- la décision du 6 avril 2022 par laquelle la préfète de la Loire a prononcé son expulsion du territoire français ;

- l'avis émis sur sa situation le 4 mars 2022 par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire ", à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la même date et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la même date et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant expulsion du territoire français :

- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles 1er et 3 de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;

- elle a été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière ; en effet :

• il n'est pas démontré que la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire était régulièrement composée lors de sa séance du 28 février 2022, ni que l'adjointe à la cheffe du bureau de l'immigration de la préfecture de la Loire disposait d'une délégation de cette cheffe du bureau pour y exercer les fonctions de rapporteure ;

• le directeur départemental de l'action sanitaire et sociale n'était ni présent, ni représenté lors de cette séance ;

- la décision contestée est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'avis émis par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire ; en effet :

• il n'est pas démontré que cette commission était régulièrement composée lors de sa séance du 28 février 2022, ni que l'adjointe à la cheffe du bureau de l'immigration de la préfecture de la Loire disposait d'une délégation de cette cheffe du bureau pour y exercer les fonctions de rapporteure ;

• le directeur départemental de l'action sanitaire et sociale n'était ni présent, ni représenté lors de cette séance ;

• il n'est pas davantage démontré que la préfète de la Loire aurait été destinataire du procès-verbal enregistrant ses explications lors de ladite séance ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son comportement ne représente pas une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

En ce qui concerne l'avis émis par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire :

- il est illégal, dès lors il n'est pas démontré que cette commission était régulièrement composée lors de sa séance du 28 février 2022, ni que l'adjointe à la cheffe du bureau de l'immigration de la préfecture de la Loire disposait d'une délégation de cette cheffe du bureau pour y exercer les fonctions de rapporteure ;

- le directeur départemental de l'action sanitaire et sociale n'était ni présent, ni représenté lors de cette séance ;

- il n'est pas davantage démontré que la préfète de la Loire aurait été destinataire du procès-verbal enregistrant ses explications lors de ladite séance.

La requête a été communiquée à la préfète de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par un courrier du 31 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, d'une prévision d'enrôlement de l'affaire et d'une date prévisionnelle de clôture d'instruction à effet immédiat au plus tôt le 28 avril 2023.

La clôture de l'instruction est intervenue le 21 septembre 2023.

Par un courrier du 23 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'avis émis le 4 mars 2022 par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire, dès lors que cet avis ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord-franco algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gueguen ;

- et les conclusions de M. Pineau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 3 mai 1998, est entré régulièrement en France le 19 mai 2013, muni d'un visa de long séjour, valide du 23 avril au 22 juillet 2013, suite à la procédure de regroupement familial initiée par sa sœur, titulaire de son recueil légal en vertu d'un acte de kafala daté du 24 octobre 2010. Après avoir bénéficié d'un document de circulation pour étranger mineur valide du 24 juin 2013 au 2 mai 2017, l'intéressé s'est vu délivrer un certificat de résidence d'une durée de dix ans, valide du 27 novembre 2017 au 26 novembre 2027. Par une lettre du 4 février 2022, qui lui a été notifiée le 10 février suivant, la préfète de la Loire a informé M. B de l'engagement à son encontre d'une procédure d'expulsion au motif que sa présence en France représentait une menace grave pour l'ordre public et l'a convoqué devant la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire qui s'est réunie le 28 février 2022. À l'issue de sa séance, au cours de laquelle l'intéressé, qui était présent et représenté, a présenté des observations, cette commission a émis un avis favorable à son expulsion, le 4 mars suivant. Enfin, par un arrêté du 6 avril 2022 la préfète de la Loire a prononcé l'expulsion de M. B du territoire français, lui a retiré son certificat de résidence valide du 25 novembre 2017 au 26 novembre 2027 et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'avis précité du 4 mars 2022 ainsi que celle de la décision du 6 avril 2022 par laquelle l'autorité préfectorale a prononcé son expulsion du territoire français.

Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'avis émis le 4 mars 2022 par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire :

2. Il résulte des dispositions de l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'expulsion d'un étranger, prévue à l'article L. 631-1 du même code, ne peut en principe être prononcée qu'après avis d'une commission d'expulsion. L'avis émis par cette commission, qui ne lie pas l'autorité administrative compétente, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, et ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'avis émis le 4 mars 2022 par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres conclusions de la requête :

3. En premier lieu, par un arrêté du 4 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Loire du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, la préfète de la Loire a donné délégation permanente de signature à M. E F, sous-préfet de Saint-Étienne, secrétaire général de la préfecture de la Loire, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, documents et correspondances administratives dans le cadre de la procédure relevant du droit des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et selon les termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. La décision contestée vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles la préfète de la Loire s'est fondée pour prononcer son expulsion du territoire français. Contrairement à ce que soutient le requérant, l'autorité préfectorale, qui n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale, a suffisamment motivé la décision en litige s'agissant tant de l'atteinte portée au droit au respect de sa vie privée et familiale que de la prise en compte de la présence de sa fille mineure de nationalité française, alors même que n'étaient mentionnées ni son arrivée en France au bénéfice d'un acte de kafala ni les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, la préfète de la Loire ayant toutefois relevé, outre la gravité de la menace que représentait sa présence sur le territoire national, d'une part, que l'intéressé, qui était entré en France au cours de l'année 2013 dans le cadre d'une procédure de regroupement familial, était célibataire, d'autre part, que s'il était le père d'un enfant français né le 22 janvier 2019 à Quimper et résidant à Brest auprès de sa mère dont il était désormais séparé, il n'établissait pas contribuer effectivement à l'éducation et à l'entretien de cette enfant, dans les conditions prévue par l'article 371-2 du code civil, depuis sa naissance ou depuis au moins un an, alors qu'il ne l'avait reconnue que le 13 août 2019 et ne l'avait vue qu'à une seule reprise au cours de l'année 2019 et, enfin, qu'il ne justifiait pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résidaient sa mère ainsi que certains de ses frères et sœurs. Enfin, si M. B fait grief à la préfète de la Loire de ne pas avoir suffisamment pris en compte la circonstance que ses " attaches familiales les plus ténues se trouv(ai)ent sur le territoire français ", cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée. Par suite, la décision attaquée, qui comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont ainsi permis au requérant d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée au regard des dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'expulsion ne peut être édictée que dans les conditions suivantes : / () 2° L'étranger est convoqué pour être entendu par une commission qui se réunit à la demande de l'autorité administrative et qui est composée : / a) du président du tribunal judiciaire du chef-lieu du département, ou d'un juge délégué par lui, président ; / b) d'un magistrat désigné par l'assemblée générale du tribunal judiciaire du chef-lieu du département ; / c) d'un conseiller de tribunal administratif. () ". Selon les termes de l'article L. 632-2 du même code : " La convocation mentionnée au 2° de l'article L. 632-1 est remise à l'étranger quinze jours au moins avant la réunion de la commission. / Les débats de la commission sont publics. Le président veille à l'ordre de la séance. Tout ce qu'il ordonne pour l'assurer est immédiatement exécuté. Devant la commission, l'étranger peut faire valoir toutes les raisons qui militent contre son expulsion. Un procès-verbal enregistrant les explications de l'étranger est transmis, avec l'avis motivé de la commission, à l'autorité administrative compétente pour statuer. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé. / La commission rend son avis dans le délai d'un mois à compter de la remise à l'étranger de la convocation mentionnée au premier alinéa. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 6327 de ce même code : " Le préfet ou son représentant assure les fonctions de rapporteur. Le directeur départemental chargé de la cohésion sociale ou son représentant est entendu par la commission. Ces personnes n'assistent pas à la délibération de la commission. ".

7. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.

8. En l'espèce, si le requérant soutient, tout d'abord, que la préfète de la Loire ne " rapporte pas () la preuve de la composition régulière " de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire ayant émis un avis sur sa situation le 4 mars 2022, il ressort toutefois des pièces produites en défense, et en particulier du procès-verbal de sa séance du 28 février 2022, que cette commission était présidée par une vice-présidente chargée de l'instruction au sein du tribunal judiciaire de Saint-Étienne, dont il n'est pas contesté qu'elle avait régulièrement été désignée à cet effet par le président de ce tribunal, et comprenait en outre un vice-président chargé de l'application des peines au sein du même tribunal, dont il n'est pas davantage contesté qu'il avait été désigné par l'assemblée générale dudit tribunal, ainsi qu'une première conseillère du tribunal administratif de Lyon, conformément à l'arrêté du 24 novembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire du lendemain, par lequel l'autorité préfectorale a fixé la composition de ladite commission dans le respect des dispositions précitées de l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ensuite, si M. B fait grief à la préfète de la Loire de ne pas démontrer que le " fonctionnaire qui a rapporté le dossier lors de la séance " de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire du 28 février 2022 bénéficiait d'une " délégation () donnée par la cheffe du bureau de l'immigration de la Loire ", il ne conteste pas que Mme C D, adjointe à la cheffe du bureau de l'immigration, était directement habilitée à représenter l'autorité préfectorale pour assurer les fonctions de rapporteure, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 632-7 même code. Enfin, dès lors qu'il ne pas ressort du procès-verbal de la séance de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire du 28 février 2022 que le directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités, absent et excusé, aurait été représenté, le requérant est fondé à soutenir qu'en méconnaissance des dispositions précitées du même article, l'avis émis par cette commission sur sa situation a été rendu sans que le directeur départemental chargé de la cohésion sociale ou son représentant n'ait été entendu. Toutefois, la circonstance que ce directeur n'ait été ni présent ni représenté lors de ladite commission n'a pas été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision contestée, dès lors qu'il n'est pas contesté que ledit directeur a été dûment convoqué, qu'il n'est ni établi ni même allégué qu'il n'a pas disposé, en temps utile, des éléments pertinents du dossier de M. B nécessaires à son examen, qu'il a nécessairement prévenu la commission de son absence et n'a pas souhaité se faire représenter, et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait souhaité lui adresser des observations écrites. Par ailleurs, l'absence d'audition du directeur départemental chargé de la cohésion sociale ou de son représentant par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire n'a privé l'intéressé d'aucune garantie, dès lors que cette autorité administrative ne participe pas au délibéré. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis émis par cette commission le 4 mars 2022 doit être écarté en toutes ses branches.

9. En quatrième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Par ailleurs, en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.

10. En l'espèce, dès lors que la décision d'expulsion contestée n'a pas été prise pour l'application de l'avis émis le 4 mars 2022 par la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire et qu'il n'en constitue pas davantage la base légale, M. B ne peut utilement soutenir que cette décision serait illégale par voie d'exception de l'illégalité de cet avis. Par ailleurs, dès lors qu'il résulte de ce qui a été exposé au point 2 que le requérant n'est pas recevable à demander au tribunal l'annulation, par voie d'action, dudit avis, il ne peut davantage utilement soutenir que la décision attaquée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cet avis. Par suite, le moyen tiré du " défaut de base légale " de la décision en litige, pris en ses deux branches, est inopérant et ne peut qu'être écarté.

11. En cinquième lieu, selon les termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. " L'autorité compétente pour prononcer une mesure de police administrative sur le fondement de ces dispositions, qui ont pour objet de prévenir les atteintes à l'ordre public qui pourraient résulter du maintien d'un étranger sur le territoire français, doit caractériser l'existence d'une menace grave au vu du comportement de l'intéressé et des risques objectifs que celui-ci fait peser sur l'ordre public. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

12. Pour considérer que la présence en France de M. B constituait une menace grave pour l'ordre public au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Loire s'est fondée sur les circonstances tirées de ce que " la nature et le caractère récurrent des faits délictueux " commis par l'intéressé ainsi que son absence de " réelle insertion sociale et professionnelle " mettaient en évidence son " ancrage dans la délinquance ", son " potentiel de dangerosité pour autrui " et un " risque élevé de récidive ". Après avoir rappelé que M. B n'avait " cessé de troubler l'ordre public " et avait été " condamné à 11 reprises " dans un " court laps de temps " pour " divers actes délictueux " allant " crescendo ", dont " plusieurs commis avec violence et ports d'arme ", l'autorité préfectorale a notamment relevé, d'une part, que l'intéressé avait connu trois périodes d'incarcération entre le 20 juillet 2018 et le 16 mai 2021, d'autre part, qu'il avait de nouveau été condamné le 7 février 2022 par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour des faits de " vol en réunion () tentative de vol et port d'arme de catégorie D ", puis placé en garde à vue le 28 mars suivant pour des faits de " recel de vol " lui valant une convocation en justice le 19 septembre 2022, et, enfin, que s'il faisait l'objet de plusieurs mesures de suivi par le juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Saint-Étienne depuis sa libération, il était convoqué les 14 avril et 10 mai 2022 aux fins de révocation de ces mesures suite à des rapports d'incident.

13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné à treize reprises entre les années 2017 et 2020 pour des faits " d'extorsion ", de " vol aggravé ", de " menace de mort réitérée ", de " port d'arme prohibé " de catégorie B et D, de " tentative de vol sur personne vulnérable ", de " violence avec arme " et de " diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique en utilisant un réseau de communications électriques " respectivement commis entre le 12 novembre 2016 et le 15 décembre 2019, et il est constant que l'intéressé a été incarcéré à trois reprises, du 20 juillet au 29 septembre 2018, du 7 mars au 30 juillet 2019 et du 16 décembre 2019 au 16 mai 2021, en exécution de différentes condamnations prononcées à son encontre par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne. Si le requérant se prévaut, dans le cadre de la présente instance, de démarches de réinsertion qu'il avait effectuées auprès de la " mission locale de Saint-Étienne et couronne stéphanoise " postérieurement à sa libération le 16 mai 2021, et produit, pour en justifier, une convention relative à la mise en œuvre d'une période de mise en situation en milieu professionnel conclue le 16 novembre suivant pour la découverte du métier d' " employé libre-service " du 29 novembre au 29 décembre 2021, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de l'avis de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire du 4 mars 2022, que suite à une quatrième période d'incarcération du 21 juin au 28 juillet 2021 dans le cadre d'un " renvoi de comparution immédiate " pour des " faits de menace de mort réitérée commis par concubin en récidive et harcèlement par concubin ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieur à 8 jours en récidive pour lesquels il a été relaxé ", M. B a commis de " nouveaux faits de vol en réunion " le 21 août 2021 puis de " tentative de vol " et de " port d'arme (prohibé) de catégorie D " le 5 novembre suivant pour lesquels il a été condamné à une peine de six mois d'emprisonnement par un jugement du tribunal correctionnel de Saint-Étienne le 7 février 2022. Interrogé le 28 février suivant sur ses perspectives de réinsertion sociale et professionnelle lors de la séance de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire, l'intéressé a d'abord déclaré " avoir fait des stages dans la boulangerie (), la boucherie (qu'il n'a pas aimé) " ainsi que dans un " supermarché ", puis " commence(r) prochainement un stage en tant que préparateur de commande ", sans toutefois être en mesure d'apporter des explications sur les raisons pour lesquelles il n'envisageait pas d'effectuer un apprentissage dans le domaine de la boulangerie s'il l'intéressait, et enfin qu'il allait " essayer " de rechercher un travail, l'avis de cette commission en date du 4 mars 2022 relevant cependant qu' " aucun projet de réinsertion n'a(vait) été travaillé sérieusement ". Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense qu'alors qu'il comparaissait volontairement devant les services de la police nationale le 28 mars 2022, M. B a été retenu dans les locaux de ces services pour les nécessités de l'exécution de l'arrêt par lequel la cour d'appel de Rennes l'avait condamné le 9 juillet 2021 à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de " vol " commis le 17 février 2019 à Brest avec la circonstance qu'il se trouvait alors en " état de récidive légale " pour avoir été condamné le 25 juillet 2018 par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour des " faits identiques ou de même nature ", et l'intéressé, qui a alors précisé aux services de la police nationale avoir été convoqué le 14 avril 2022 par le juge d'application des peines du tribunal correctionnel de Saint-Étienne, s'est vu notifier, le 28 mars 2022, une convocation devant le même juge le 10 mai suivant, puis, le lendemain, une convocation devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne le 19 septembre 2022 en vue d'être jugé pour avoir " sciemment recelé un saxophone, qu'il savait provenir d'un vol ", le 10 mars 2022, avec la circonstance qu'il se trouvait alors également en " état de récidive légale " pour avoir été condamné le 18 décembre 2019 par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour des " faits identiques ou de même nature ". Interrogé sur son activité professionnelle et les sources de ses revenus par les services de la police nationale ce 28 mars 2022, l'intéressé a déclaré être " actuellement sans emploi " et sans " aucune source de revenus ", en précisant qu'il devait " faire un essai " dans une société fabricant des échafaudages dont il ne connaissait pas le nom. En outre, il ressort des trois jugements des 28 avril 2022 par lesquels le juge de l'application des peines du tribunal correctionnel de Saint-Étienne a ordonné la révocation totale du sursis avec mise à l'épreuve prononcé à l'encontre de M. B le 17 janvier 2018, a ordonné la révocation partielle, à hauteur de cinq mois, du sursis probatoire prononcé à l'encontre de l'intéressé le 8 octobre 2020 et ordonné la mise à exécution de la peine de deux mois d'emprisonnement prononcée à son encontre le 27 mars 2018 après avoir constaté l'inexécution de la peine de 105 heures de travail d'intérêt général dont il avait fait l'objet, que le " comportement défaillant " du requérant avait " empêché " la " bonne exécution " des mesures probatoires dont il faisait l'objet et qu'il s'était " délibérément soustrait " aux convocations du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), le rapport rédigé par ce service le 28 janvier 2022 faisant état de ses " absence systématiques () à ses convocations " et décrivant un " suivi catastrophique pour l'ensemble des mesures en cours, à l'instar des mesures passées ". Interrogé par le juge de l'application des peines lors de l'audience de débat contradictoire du 10 mars 2022, M. B avait notamment déclaré, s'agissant de ses obligations particulières de travail, être " actuellement à la recherche d'un emploi ", s'agissant de ses obligations de soins, " être régulièrement suivi par un psychologue dont il (a)vait oublié le nom ", sans toutefois être en mesure d'en justifier, et, s'agissant de ses obligations d'indemnisation des différentes parties civiles en réparation des dommages causés par ses infractions, " n'avoir effectué aucun effort en ce sens ". Enfin, si le requérant se prévaut de ce qu'il a " initié un emploi d'aide à domicile dans le cadre de chèques emploi servi(c)es en mai 2022 " et produit, pour en justifier, un rendez-vous auprès de la " mission locale de Saint-Étienne et couronne stéphanoise " le 11 mai 2022 ainsi qu'un courrier de l'union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) du lendemain attestant de la création d'un " compte salarié Cesu ", ces seuls éléments, au demeurant postérieurs à la date de la décision contestée, ne sont pas de nature à démontrer qu'il présentait de réelles perspectives de réinsertion sociale et professionnelle. Par suite, eu égard d'une part à la gravité des faits commis par l'intéressé, à leur réitération dans un court laps de temps et à leur caractère récent démontrant un véritable ancrage dans la délinquance et, d'autre part, à l'absence de gages de réinsertion socioprofessionnelle de nature à prévenir un risque de récidive, la préfète de la Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de M. B une mesure d'expulsion du territoire français.

14. En sixième lieu, selon les termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

15. M. B soutient que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis plus de neuf ans, qu'il a été pris en charge par sa sœur, titulaire de son recueil légal en vertu d'un acte de kafala, qui y réside régulièrement, que cette dernière l'héberge et l'accompagne dans sa recherche d'emploi après l'avoir suivi durant sa scolarité, qu'il est le père d'une jeune fille de nationalité française et qu'il ne dispose plus d'aucune attache dans son pays d'origine. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé au point 13 que la présence en France du requérant, qui ne justifie ni d'une insertion sociale ou professionnelle particulière antérieurement à ses dernières périodes d'incarcération alors qu'il y séjournait régulièrement sous couvert d'un certificat de résidence valide du 27 novembre 2017 au 27 novembre 2027 l'autorisant à travailler, ni d'une réelle perspective de réinsertion, constitue une menace grave pour l'ordre public. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est le père d'une jeune fille née le 22 janvier 2019 à Quimper et résidant à Brest auprès de sa mère dont il était séparé, il n'établit ni même n'allègue avoir des liens avec cet enfant ni avoir contribué effectivement à son éducation ou à son entretien, que ce soit antérieurement ou postérieurement à ses périodes de détention, alors au surplus qu'il ne l'a reconnue que le 13 août 2019 et qu'il a déclaré à deux reprises, lors de ses auditions par les services de la police nationale les 28 avril 2021 et 6 janvier 2022, ne l'avoir vue qu'une seule fois, au cours de l'année 2019. En outre, si M. B avait évoqué le 28 février 2022, lors de la séance de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire, la préparation d'une " requête pour bénéficier de droits de visite et d'hébergement " puis déclaré " vouloir () faire des efforts pour sa fille ", il n'établit ni même n'allègue les avoir entrepris à la date de la décision attaquée, alors qu'il les avait déjà évoqués lors de son audition par les services de la police nationale le 6 janvier 2022. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que l'une des sœurs de l'intéressé réside régulièrement en France sous couvert d'un certificat de résidence valide du 9 juillet 2019 au 8 juillet 2029 et qu'elle avait été désignée comme titulaire de son recueil légal en vertu d'un acte de kafala daté 24 octobre 2010, le requérant, désormais majeur, ne justifie pas de l'intensité et de la stabilité des liens privés et familiaux vis-à-vis de l'intéressée en produisant deux attestations d'hébergement rédigées par cette dernière à une date inconnue et à la date du 2 juillet 2020 ainsi qu'une quittance de loyer à son nom pour le mois de mars 2022. Enfin, M. B, célibataire et charge de famillle sur le territoire français, n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu l'essentiel de son existence, où il a été scolarisé et où résident, selon ses propres déclarations, sa mère, deux de ses frères et quatre de ses sœurs. Dans ces circonstances, compte tenu des conditions de son séjour en France, et en dépit de la durée de celui-ci, en prononçant son expulsion du territoire français, la préfète de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant au regard des buts en vue desquels cette mesure a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est infondé et doit être écarté. Par les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, à supposer qu'il ait été véritablement soulevé, doit être écarté.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

17. En l'espèce, si M. B soutient que la décision contestée méconnaît l'intérêt supérieur de sa fille mineure, ainsi que cela a été précédemment exposé au point 15, il ne justifie d'aucun lien affectif avec cet enfant ni davantage contribuer à son éducation ou à son entretien, que ce soit antérieurement ou postérieurement à ses périodes d'incarcération. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne, le 8 octobre 2020, à une peine de huit mois d'emprisonnement assorti d'un sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de " diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique en utilisant un réseau de communications électroniques " commis le 14 octobre 2017, après qu'il ait, selon ses propres déclarations lors de son audition par les services de la police nationale le 6 janvier 2022, " envoyé à (l)a mère " de la mère de sa fille, pour se venger, " des images où on (les) voyait faire l'amour ", et a notamment été soumis, dans le cadre de cette mesure de sursis avec mise à l'épreuve, à l'obligation de " s'abstenir d'entrer en relation avec certaines personnes, dont la victime, ou certaines catégories de personnes, et notamment les mineurs ", la fin du délai d'épreuve ayant initialement été reportée au 22 juin 2023 suite à diverses suspensions du délai liées à l'incarcération de l'intéressé au cours de ladite mesure. Interrogé sur une éventuelle " interdiction de voir sa fille " lors de la séance de la commission départementale d'expulsion des étrangers du département de la Loire du 28 février 2022, l'intéressé a déclaré croire qu'il existait une telle interdiction " jusqu'en 2023 ". Dans ces conditions, et alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 13 que sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, M. B ne justifie pas qu'il serait dans l'intérêt supérieur de sa fille mineure qu'il demeure à ses côtés. Par suite, la préfète de la Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de cette enfant et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfants en prononçant son expulsion du territoire français.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 27 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

La greffière,

F. Faure

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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