jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2022, M. B C, maintenu en zone d'attente à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 26 septembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a refusé l'entrée en France au titre de l'asile et a décidé son réacheminement vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible ;
3°) d'enjoindre à l'administration de mettre fin à son maintien en zone d'attente et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il a été porté atteinte à la confidentialité des éléments de sa demande d'asile ;
- les conditions matérielles de l'entretien, propres au placement en zone d'attente, ne lui ont pas permis de faire valoir correctement les éléments au soutien de sa demande d'asile ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure d'être assisté par un tiers au cours de l'entretien avec l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'entretien s'est déroulé par visio-conférence sans que son consentement ait été recueilli ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'entretien s'est déroulé par visio-conférence sans qu'il soit établi que le directeur de l'OFPRA ait constaté l'adéquation de la salle d'entretien aux spécificités d'une demande d'asile ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas reçu communication de son rapport d'entretien devant l'OFPRA ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit en ce que le ministre n'a pas borné son examen au caractère " manifestement infondé " de sa demande d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation du caractère " manifestement infondé " de sa demande d'asile ;
- la décision est illégale en ce qu'il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 33 de la Convention de Genève et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle ne fixe pas de pays de renvoi et n'exclut donc pas son propre pays ;
- la décision a été prise en méconnaissance du principe de non-refoulement garanti par la Convention de Genève.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 29 septembre 2022, ont été entendus :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Bouhalassa, représentant M. C, assisté de Mme D, interprète en langue géorgienne, qui reprend les conclusions de la requête par les mêmes moyens, et ajoute qu'en raison de la fatigue liée à son voyage et à son inquiétude pour son épouse et ses enfants, il n'a pas pensé à faire état de tous les éléments de sa situation au cours de l'entretien avec l'OFPRA, mais qu'il est victime de menaces de la part de l'Etat géorgien, pour lequel il a travaillé comme agent du ministère de l'intérieur pendant plusieurs années avant d'être licencié pour avoir refusé de contenir une manifestation, et que le compte-rendu de son entretien indique que celui-ci a duré quarante-deux minutes alors que la retranscription tient sur deux pages seulement, ce qui révèle les mauvaises conditions de cet entretien ;
- en l'absence du ministre de l'intérieur, ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien né le 5 juillet 1981, est arrivé à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry par un vol en provenance d'Istanbul le 23 septembre 2022. Placé en zone d'attente, il a demandé le bénéfice d'une protection internationale le même jour. Par une décision du 26 septembre 2022, prise après l'avis rendu le même jour par l'OFPRA, le ministre de l'intérieur a rejeté la demande d'entrée en France au titre de l'asile formée par M. C et a décidé son réacheminement vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible. Le requérant demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu de prononcer, dans les circonstances de l'espèce et en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. ". L'article L. 352-2 du même code énonce que : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. () / Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration. ".
4. L'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut décider de procéder à l'entretien personnel en ayant recours à un moyen de communication audiovisuelle dans les cas suivants : / () / 2° Lorsqu'il est retenu dans un lieu privatif de liberté ; / () / Les modalités techniques garantissant la confidentialité de la transmission et l'exactitude de la transcription des propos tenus au cours de l'entretien sont définies par décision du directeur général de l'office. / Le local destiné à recevoir les demandeurs d'asile entendus par un moyen de communication audiovisuelle doit avoir été préalablement agréé par le directeur général de l'office. Cet agrément peut être retiré si les modalités énoncées au cinquième alinéa ne sont plus remplies. / L'officier de protection chargé de la conduite de l'entretien a la maîtrise des opérations. Il lui appartient de veiller au respect des droits de la personne. Il doit à tout instant pouvoir s'assurer du respect des bonnes conditions d'audition et de visionnage. Il peut mettre fin à l'entretien si ces conditions ne sont pas réunies ou si les circonstances de l'espèce l'exigent. Dans ce cas, l'entretien a lieu en présence de l'intéressé. / L'intéressé entendu par un moyen de communication audiovisuelle doit, si besoin avec l'aide d'un interprète, être informé par l'office avant le commencement de l'entretien du déroulement des opérations, notamment des modalités permettant d'assurer le respect des règles de confidentialité. ".
5. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile aient accès à ces informations. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d'information résultant de la demande d'asile, dès lors que ces éléments n'ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter les demandes, à savoir les agents de police ainsi que les agents de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel.
6. En deuxième lieu, M. C soutient que les conditions matérielles de l'entretien, propres au placement en zone d'attente, ne lui ont pas permis de faire valoir correctement les éléments au soutien de sa demande d'asile, dès lors que celui-ci s'est déroulé par visio-conférence, avec l'intervention d'un interprète, alors que M. C venait de réaliser un voyage de deux jours avec son épouse et ses trois enfants, qui ont été autorisés à entrer sans lui sur le territoire français de sorte qu'il était alors très inquiet pour eux et très fatigué, et dans l'incapacité de présenter sa situation de manière claire et précise. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'entretien s'est déroulé dans le respect des procédures prévues par les textes applicables, que M. C a bénéficié de l'assistance d'un interprète, que des questions précises lui ont été posées sur sa situation personnelle, familiale et administrative, qu'il a d'ailleurs eu la possibilité d'expliquer les problèmes de santé de son enfant et le différend qu'il avait eu avec l'un de ses médecins, et que l'agent de l'OFPRA lui a ensuite demandé explicitement s'il avait eu d'autres problèmes en Géorgie, à part ceux avec ce médecin, question à laquelle M. C a répondu par la négative. Si M. C soutient que la durée de l'entretien enregistré ne correspond pas à la longueur de la retranscription de celui-ci, qui correspondrait à un entretien bien plus court, ce qui révèlerait nécessairement des problèmes avec le fonctionnement de la visio-conférence, il ne fait état d'aucun problème particulier qui serait survenu au cours de cet entretien, et aucune interruption de celui-ci ni difficulté technique n'est mentionnée dans le compte-rendu de celui-ci. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que les conditions matérielles de son entretien avec l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ne lui ont pas permis de présenter les éléments relatifs à sa demande d'asile dans de bonnes conditions.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été informé de la possibilité d'être assisté, au cours de son entretien avec l'OFPRA, d'un avocat ou d'une association humanitaire habilitée, ainsi que de la possibilité de contacter téléphoniquement le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, dont le numéro lui a été transmis. M. C a en outre été informé qu'un téléphone était tenu à sa disposition pour exercer ses droits, et qu'il serait mis en mesure de les exercer, à sa demande, par les services de la police aux frontières. M. C n'allègue pas avoir sollicité en vain auprès de ces autorités la possibilité de communiquer avec une association ou un avocat afin d'être assisté au cours de son entretien devant l'OFPRA. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis en mesure, de manière effective, d'être assisté par un tiers au cours de l'entretien avec l'OFPRA.
8. En quatrième lieu, aucune disposition législative ou règlementaire ne prévoit de recueillir le consentement préalable de l'étranger placé en zone d'attente pour procéder à son entretien personnel par un moyen de communication audiovisuelle. Le recours à un tel moyen de communication audiovisuelle est subordonné à la condition que soit assurée la confidentialité de la transmission entre le tribunal et la salle d'audience spécialement aménagée à cet effet, ouverte au public et située dans des locaux relevant du ministère de la justice. La mise en œuvre de ces moyens ne fait pas obstacle à l'assistance des intéressés par leur conseil et l'établissement d'un procès-verbal des opérations effectuées dans chacune des salles d'audience est prévu. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le recours à un moyen de communication audiovisuelle pour réaliser son entretien avec l'OFPRA entacherait d'illégalité la décision en litige.
9. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 8 août 2022, le directeur de l'OFPRA a fixé la liste des locaux agréés destinés à recevoir des demandeurs d'asile dans le cadre d'un entretien personnel mené par l'OFPRA par un moyen de communication audiovisuelle, au nombre desquels il a intégré la zone d'attente de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. Il ne ressort d'aucun élément du dossier que cet agrément n'aurait pas été délivré dans des conditions légales, notamment après une visite des lieux permettant de s'assurer de leur compatibilité à cette destination. Par suite, le moyen tiré de ce que la salle dans laquelle s'est déroulé l'entretien n'aurait pas fait l'objet d'un agrément dans des conditions légales doit être écarté.
10. En sixième lieu, même lorsque la demande d'asile, formée par l'étranger qui se présente à la frontière, est traitée selon la procédure prévue par l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressé doit avoir accès au rapport de son audition devant l'OFPRA afin de pouvoir former son recours. Eu égard au bref délai de quarante-huit heures dont dispose l'étranger se présentant à la frontière pour former son recours, ce rapport doit en principe lui être communiqué en même temps que la décision du ministre ou dans un délai très bref après la notification de cette décision. Toutefois, l'absence de communication de ce rapport, si elle fait obstacle au déclenchement de ce délai de recours et à l'exécution d'office de la décision ministérielle de refus d'entrée au titre de l'asile, est sans influence sur la légalité de cette décision. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la communication tardive, au cours de la procédure contentieuse devant le tribunal, du rapport de son audition devant l'OFPRA, entache d'illégalité la décision du 26 septembre 2022 par laquelle le ministre lui a refusé l'entrée sur le territoire français au titre de l'asile.
11. En septième lieu, il ressort de la décision contestée que le ministre de l'intérieur et des outre-mer s'est approprié les termes de l'avis défavorable émis par l'OFPRA le 26 septembre 2022, en relevant que M. C ne se prévaut d'aucune crainte de persécution ou d'atteinte grave, au sens des articles L. 511-1 ou L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il évoque en propos particulièrement succincts les menaces dont il aurait été l'objet de la part de l'époux d'une médecin de l'hôpital où était hospitalisé son enfant et justifie son départ de Géorgie par les problèmes de santé de ce dernier, mais ne fait état d'aucune crainte personnelle et actuelle dans son pays, de sorte que sa demande est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions de l'octroi de l'asile. Contrairement à ce que soutient le requérant, il n'apparaît pas que le ministre aurait ainsi porté une appréciation allant au-delà du caractère " manifestement infondé " de sa demande d'asile au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit est infondé et doit, par suite, être écarté.
12. En huitième lieu, lors de son entretien avec l'officier de protection de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, M. C a uniquement expliqué son départ de Géorgie par les problèmes de santé de son enfant et les menaces qu'il aurait subies de la part de l'époux d'une des médecins de son enfant contre laquelle il se serait énervé, menaces qu'il n'a décrites que de manière succincte et peu précises. Au cours de l'audience, M. C a indiqué qu'il faisait également l'objet de menaces de la part des autorités géorgiennes depuis l'année 2019, année au cours de laquelle, alors qu'il était agent du ministère de l'intérieur, il aurait refusé de contenir une manifestation et aurait été licencié pour cela. Toutefois, à l'exception d'une carte professionnelle délivrée par le ministère de l'intérieur géorgien, M. C n'a produit aucun élément corroborant ses allégations, qui sont demeurées très imprécises quant à la nature des menaces dont il aurait fait l'objet de la part des autorités géorgiennes, alors que celles-ci lui ont pourtant délivré un passeport au mois de mars 2022. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser l'entrée en France de M. C au titre de l'asile sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En neuvième lieu, l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. ". L'article L. 352-3 du même code dispose, s'agissant de la décision de refus d'entrée sur le territoire : " () La décision et la notification des droits qui l'accompagne lui sont communiquées dans une langue qu'il comprend. / Une attention particulière est accordée aux personnes vulnérables, notamment aux mineurs accompagnés ou non d'un adulte. ". Ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet d'interdire au ministre de refuser l'entrée sur le territoire français aux personnes vulnérables, mais impose seulement aux autorités chargées d'étudier leur demande de tenir compte de cette vulnérabilité dans l'examen de leur situation. En tout état de cause, M. C ne se prévaut d'aucune circonstance particulière permettant de le regarder comme une personne vulnérable au sens de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas été tenu compte de sa vulnérabilité doit être écarté.
14. En dixième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.".
15. Ainsi qu'il a été dit au point 12, M. C n'établit aucune menace actuelle et personnelle à son égard de la part des autorités géorgiennes. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée, en ce qu'elle n'exclut pas son réacheminement vers la Géorgie, méconnaîtrait les stipulations l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 ainsi que celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement à M. C d'une somme au titre de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Lu en audience publique le 29 septembre 2022.
La magistrate désignée,
C. ALa greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026