mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207367 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MUSCILLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Muscillo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 7 bis (b) de l'accord-franco algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît l'article 6-5 de l'accord-franco algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision accordant un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Boulay, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née en 1949, est entrée en France le 1er avril 2017, sous couvert d'un visa de court séjour. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour vise les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. En outre, elle mentionne notamment les éléments relatifs à la présence en France du fils de la requérante et à sa situation financière. Ainsi, elle est comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est suffisamment motivée, alors même qu'elle ne fait pas état de l'état de santé de Mme A, qui n'a pas sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à l'examen de la situation particulière de l'intéressée avant d'édicter la mesure en litige. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée n'aurait pas été précédée d'un examen particulier de la situation de la requérante doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge. () ".
5. L'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence au bénéfice d'un ressortissant algérien qui fait état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins, ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour ce faire.
6. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par Mme A en qualité d'ascendante à charge d'un ressortissant français, le préfet du Rhône a relevé que si le lien de filiation de la requérante, était établi avec M. B A, de nationalité française, la requérante ne justifiait pas être à la charge de son fils, quand bien même il dispose effectivement des ressources suffisantes, dès lors que la requérante dispose de ressources propres, en l'espèce une pension de retraite d'un montant de 34 201 dinars mensuels. Le préfet a relevé que bien qu'ayant trois enfants de nationalité française, Mme A ne justifiait pas être démunie d'attaches dans son pays d'origine où résident notamment son époux et sa mère. Si la requérante soutient, d'une part, que ses ressources sont insuffisantes, elle ne l'établit pas par la seule production de l'avis d'imposition de son fils au titre de l'année 2021 mentionnant le versement d'une pension de 14 368 euros à son profit, et si un avis au titre de l'année 2017 est également produit, il ne fait pas apparaître le montant qui lui aurait été versé. Par ailleurs, si le montant de la pension de retraite de Mme A n'équivaut qu'à environ 250 euros, elle ne justifie pour autant pas qu'elle ne dépendrait que de son fils pour subvenir à ses besoins, quand bien même ce dernier l'héberge et dispose de la capacité financière pour l'aider. Enfin, si la requérante invoque son état de santé, cette circonstance est par elle-même sans incidence sur l'appréciation par l'administration de la réalité de sa prise en charge, dans le cadre d'une demande de titre de séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français. Dans ces conditions, en estimant que Mme A n'apportait aucun élément probant justifiant de sa dépendance et de sa prise en charge par son fils et qu'elle n'établissait pas être dépourvue de ressources propres, ni être démunie d'attaches dans son pays d'origine, où résident son époux ainsi qu'un de ses enfants, le préfet du Rhône a pu légalement considérer que Mme A ne remplissait pas les conditions requises pour être admise au séjour en application des stipulations de l'article 7 bis, b) de l'accord franco-algérien.
7. En quatrième lieu, si Mme A se prévaut de la méconnaissance de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, elle ne justifie pas avoir sollicité un titre de séjour sur le fondement de ces stipulations. Par suite, et alors que le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si elle remplissait les conditions pour prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement, le moyen est inopérant et doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, alors âgée de 73 ans, est entrée en France le 1er avril 2017, sous couvert d'un visa de court séjour, à l'expiration duquel elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Bien qu'elle soit arrivée sur le territoire national plus de cinq ans avant la date de la décision attaquée, la requérante a ainsi vécu l'essentiel de son existence en Algérie, où elle dispose d'attaches familiales, en raison de la présence de son époux, de sa mère ainsi que de quatre frères et deux sœurs. Si elle se prévaut de son état de santé dégradé, souffrant notamment d'une insuffisance rénale et d'un diabète de type 2 et de l'impossibilité de bénéficier d'une prise en charge médicale appropriée des suites de la greffe de rein qu'elle a subie en 2019, il n'est pas établi qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un suivi médical adapté à son état de santé dans son pays d'origine, l'Algérie, où elle était suivie jusqu'en 2017. Par suite, aucun obstacle ne s'oppose à ce que Mme A poursuive son existence en Algérie, la décision attaquée ne l'empêchant pas de maintenir des liens avec ses enfants résidant en France. Dans ces circonstances, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte également de ce qui précède que la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
11. En second lieu, en l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Rhône du 18 juillet 2022. Dès lors, la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
S. Rivoire
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026