mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 septembre 2022 et les 9 février, 12 mars et 2 avril 2024, M. B A, représenté par la SCP Desilets Robbe Roquel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, avant dire droit, une expertise ;
2°) de condamner la commune de Savigneux à lui verser la somme, à parfaire, de 142 000 euros HT en réparation des préjudices subis ;
3°) d'enjoindre à la commune de Savigneux de réaliser les travaux stipulés dans les règles de l'art et de reprendre à ses frais l'ensemble des désordres constatés ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Savigneux la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la réalisation avant dire droit d'une expertise est nécessaire pour décrire les désordres, en identifier les causes, déterminer les responsabilités encourues, évaluer les préjudices subis, déterminer les travaux nécessaires et en chiffrer le coût ;
- à titre principal, le juge administratif est compétent pour connaître des conclusions présentées sur le terrain de la responsabilité contractuelle, dès lors que le contrat litigieux a été conclu ensuite de l'adoption d'un plan d'alignement et que les travaux auxquels la commune de Savigneux s'engage à procéder portent, en partie, sur le domaine public et ont le caractère de travaux publics ; la responsabilité contractuelle de la commune de Savigneux est engagée, du fait du non-respect des délai impartis pour le lot maçonnerie et le lot portail, de l'absence de pose d'un portail temporaire dès le 30 juillet 2021, des salissures au niveau de la piscine et des nombreux désordres constatés (différence de couleur au niveau du crépi, difficulté à stabiliser le remblai de terre, mauvais paramétrage du compteur Linky, arbuste déplanté et mis en jauge mais non replanté, butées du portail non fixées sur plot, absence de gravillons au niveau du seuil, propriété non entièrement close) ; le descriptif des travaux, signé par le maire de la commune de Savigneux et par lui-même le 1er juin 2021, étant joint à l'acte de vente de la parcelle cadastrée section BB n°60 daté du 6 juillet 2021, la commune de Savigneux ne saurait soutenir qu'aucun contrat ne les lierait ;
- aucune faute ne saurait lui être reprochée ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité sans faute de la commune de Savigneux est engagée, le plan d'alignement de la rue Bayard lui ayant causé des préjudices anormalement graves et spéciaux ;
- le coût de reprise des travaux est évalué à la somme de 128 000 euros HT ;
- sa propriété, non close, étant exposée à un risque d'intrusion, il n'a pas pu partir en congés le 1er août 2021 ni procéder, en conséquence, à l'échange de villégiature prévu ; sa propriété, béante, était, en outre, inesthétique ; le non-respect des délais impartis pour les lots maçonnerie et portail a, par ailleurs, eu pour effet de différer dans le temps les travaux qu'il avait lui-même prévus d'entreprendre ; il a subi à ce titre un préjudice pouvant être évalué à 5 000 euros HT ;
- ses autres préjudices, correspondant au suivi du chantier, au retrait des ordures et déchets trouvés à la surface du matériau de remblai, aux opérations de nettoyage de la piscine, de peinture des lames et des cadres du portail et du portillon et d'arrosage des plantations d'arbustes ainsi qu'au suivi du contentieux, peuvent être évalués à la somme globale de 9 000 euros HT.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 avril 2023 et 12 mars 2024, la commune de Savigneux, représentée par la SELARL B Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions de M. A, en tant qu'elles sont présentées sur le terrain de la responsabilité contractuelle, relèvent de la compétence du juge judiciaire, l'acte de vente du 6 juillet 2021 constituant un contrat de droit privé ;
- sa responsabilité contractuelle ne peut être engagée, en l'absence de contrat ;
- sa responsabilité pour dommages de travaux publics ne peut être engagée, les travaux litigieux n'ayant pas ce caractère ; aucune faute ne saurait, en tout état de cause, être reprochée à ses services ;
- le comportement de M. A, qui s'est montré peu diligent au départ puis a perturbé la bonne marche du chantier, est de nature à l'exonérer de son éventuelle responsabilité ;
- en tout état de cause, le préjudice esthétique n'est établi ; le risque d'intrusion est purement éventuel ; le retard dans l'exécution, par M. A, des travaux complémentaires envisagés n'apparaît pas en lien direct avec le retard pris s'agissant des travaux à sa charge ; il en va de même en ce qui concerne l'impossibilité de procéder à un échange de villégiature ; l'indemnité sollicitée n'est, par ailleurs, pas justifiée dans son montant ;
- sa responsabilité sans faute ne peut être engagée, en l'absence de préjudice anormalement grave et spécial ; en tout état de cause, pour les motifs précédemment exposés, aucun lien de causalité ne peut être retenu entre les préjudices allégués et l'adoption du plan d'alignement de la rue Bayard.
Par ordonnance du 12 mars 2024, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 12 mars 2024, a été reportée au 2 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gros, première conseillère,
- les conclusions de Mme Tocut, rapporteure publique,
- les observations de Me Goirand, représentant M. A, et de Me Pyanet, représentant la commune de Savigneux.
Considérant ce qui suit :
1. Le plan d'alignement de la rue Bayard approuvé par le conseil municipal de la commune de Savigneux (42600) a intégré dans l'emprise de la voie publique la parcelle, bâtie, appartenant à M. B A et à son épouse, cadastrée section BB n°60, laquelle s'est, en conséquence, trouvée frappée d'une servitude de reculement. Par un acte du 6 juillet 2021, les intéressés ont cédé à la commune de Savigneux cette parcelle à la condition, notamment, que la commune réalise, à ses frais, les travaux figurant dans un descriptif signé par les deux parties et annexé au contrat. Par la présente requête, M. A demande au tribunal, après avoir ordonné une expertise avant dire droit, de condamner la commune de Savigneux à lui verser la somme, à parfaire, de 142 000 euros HT en réparation des préjudices subis, à titre principal, du fait de la mauvaise exécution du contrat les liant ou, à titre subsidiaire, de l'adoption du plan d'alignement de la rue Bayard et d'enjoindre à cette commune de réaliser les travaux stipulés dans les règles de l'art et de reprendre à ses frais l'ensemble des désordres constatés.
Sur la responsibilité contractuelle de la commune de Savigneux :
2. Il résulte de l'instruction que le contrat par lequel M. A et son épouse ont cédé à la commune de Savigneux la parcelle cadastrée section BB n°60 située rue Bayard à Savigneux ne comporte aucune clause qui, notamment par les prérogatives reconnues à la personne publique contractante dans l'exécution du contrat, implique, dans l'intérêt général, qu'il relève du régime exorbitant des contrats administratifs, et n'a pas été conclu pour l'exécution même d'un service public dont cette collectivité territoriale serait chargée. Ce contrat constitue, ainsi, un contrat de droit privé, sans qu'ait d'incidence sur cette qualification la circonstance, invoquée par le requérant, qu'une partie des travaux que la commune s'est engagée à réaliser aux termes de ce contrat porte sur le domaine public ou présente le caractère de travaux publics. Dès lors, ainsi que le fait valoir la commune de Savigneux en défense, les conclusions aux fins d'indemnisation et d'injonction présentées par M. A sur le terrain de la responsabilité contractuelle relèvent de la compétence du juge judiciaire et doivent, par suite, être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la responsabilité sans faute de la commune de Savigneux :
3. La responsabilité de la puissance publique peut se trouver engagée, même sans faute, sur le fondement du principe d'égalité des citoyens devant les charges publiques, lorsqu'une mesure légalement prise a pour effet d'entraîner, au détriment d'une personne physique ou morale, un préjudice grave et spécial, qui ne peut être regardé comme une charge lui incombant normalement.
4. Les divers préjudices invoqués par M. A trouvent leur origine directe dans la cession à la commune de Savigneux de la parcelle cadastrée section BB n°60, dont il était propriétaire avec son épouse, moyennant la réalisation, par la collectivité publique acquéreuse, de travaux convenus par les parties, cession à laquelle l'adoption du plan d'alignement de la rue Bayard n'imposait pas nécessairement de procéder. En l'absence, ainsi, de lien de causalité entre les préjudices invoqués et l'adoption de ce plan d'alignement, M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité sans faute de la commune de Savigneux à ce titre. Les conclusions aux fins d'indemnisation et d'injonction qu'il présente sur ce terrain doivent, par suite, être rejetées, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire droit l'expertise sollicitée.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Savigneux, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre de ses frais d'instance. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du requérant le versement à la commune de Savigneux d'une somme de 1 500 euros à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'indemnisation et d'injonction présentées par M. A sur le terrain de la responsabilité contractuelle de la commune de Savigneux sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de M. A est rejeté.
Article 3 : M. A versera à la commune de Savigneux la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Savigneux.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
La rapporteure,
R. Gros
Le président,
M. Clément La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026