mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2022, la communauté d'agglomération du Pays de Gex, représentée par Me Dumas, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, Mme AB O, M. AL Z U, Mme S X et de tous occupants de leurs chefs, occupants de l'aire d'accueil des gens du voyage située sur la commune de Prevessin-Moëns.
Elle soutient que :
- l'aire d'accueil relève du domaine public de la communauté d'agglomération ;
- il y a urgence à prononcer l'expulsion des défendeurs au regard des risques certains pour la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques ;
- l'occupation irrégulière du domaine publique compromet gravement la continuité et le bon fonctionnement du service public ; il prive de leur droit d'accès les autres usagers de cet équipement ;
- les occupants méconnaissent le règlement intérieur de l'aire ; ils se maintiennent sur l'aire d'accueil malgré l'expiration de leur autorisation d'installation, au-delà du délai de trois mois.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, M. AL Z U, Mme S X et Mme AB O, représentés par Me Roure, concluent à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'un délai de 6 mois à compter de la notification de la décision à intervenir leur soit accordé ainsi que la mise à la charge de la communauté d'agglomération du Pays de Gex d'une somme de 2500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence n'est pas établie ;
- ils sont en droit de rester sur l'aire d'accueil puisqu'ils y résident depuis moins de quatre mois comme l'indique la mise en demeure ; des dérogations peuvent être accordées en cas de personnes malades et d'enfants scolarisés ce qui est le cas ;
- aucune convention d'occupation n'a été signée ;
- l'occupation ne présente aucun risque pour la salubrité ou la sécurité publique.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du Tribunal a désigné M. Marc Clément, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. T ;
- et les observations de Me Villard pour la communauté d'agglomération qui a repris les conclusions et les moyens exposés dans ses écritures ; l'occupation irrégulière est établie dès lors que le délai de trois mois de séjour a été dépassé ; la seconde mise en demeure signifiée par huissier le 15 septembre 2022 ne comporte pas d'erreur de date sur le dépassement du délai de trois mois ; le délai dérogatoire ne permettrait pas de dépasser 4 mois de séjour ; ces délais sont issus de la réglementation relative aux aires d'accueil ; l'urgence est établie dès lors que l'aire ne peut remplir ses fonctions ; le blocage des aires d'accueil du Pays de Gex ne permet pas d'assurer le fonctionnement normal du service public ; pour cette aire, la fermeture administrative a été autorisée pour un délai de 3 mois par la préfecture pour des travaux de réhabilitation qui doivent intervenir le 31 octobre 2022.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Le fonctionnement normal d'une aire d'accueil, qui a pour finalité un accueil provisoire et non permanent des gens du voyage, requiert que les usagers respectent les règles régissant les conditions d'accès et de stationnement temporaire et que les capacités d'accueil soient maintenues pour assurer cette mission au bénéfice des nouveaux arrivants. L'expulsion demandée vise ainsi à assurer cet objectif et les finalités propres d'une aire d'accueil.
3 Il résulte de l'instruction que M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, M. AL Z U, Mme S X et Mme AB O se maintiennent sur l'aire d'accueil de Prevessin-Moëns malgré l'expiration de leurs autorisations d'occupation temporaire. En l'état de l'instruction, il n'existe aucun obstacle à la mise en œuvre de la mesure d'expulsion sollicitée par la communauté d'agglomération du Pays de Gex. Cette mesure, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse, présente, en l'espèce, les caractères d'utilité et d'urgence exigés par l'article L. 521-3 précité du code de justice administrative.
4. Dès lors, il y a lieu de prescrire à M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, M. AL Z U, Mme S X et Mme AB O de libérer sans délai les emplacements qu'ils occupent sur l'aire d'accueil de Prevessin-Moëns. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte. Faute pour eux d'avoir libéré les lieux, la communauté d'agglomération du Pays de Gex pourra, au besoin avec le concours de la force publique, procéder d'office à leur expulsion.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, M. AL Z U, Mme S X et Mme AB O et tous occupants de leurs chefs de libérer sans délai, avec leurs biens, les emplacements qu'ils occupent et de quitter l'aire d'accueil de Prevessin-Moëns.
Article 2 : Faute pour les intéressés de libérer les lieux, la communauté d'agglomération du Pays de Gex pourra, au besoin avec le concours de la force publique, procéder d'office à leur expulsion.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du Pays de Gex et à M. A U, Mme R Z, M. AE W, Mme N D, M. V Z U, M. AM Z AD, Mme AH C, M. E Z, Mme AQ Z L, M. B X, M. I Z, Mme AO Z, M. G K, Mme AP Z, Mme H X, M. AA AK X, M. V X, Mme P O, Mme P U, M. AA AC, M. Q X, Mme M Z, M. AJ L X, Mme F X, M. AN Z L, Mme AF, M. AG, Mme J Y, M. AI, M. AL Z U, Mme S X et Mme AB O.
Fait à Lyon le 26 octobre 2022.
Juge des référés
M. TLe greffier,
J-P. Duret
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026