mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2022, 20 avril 2023 et 16 octobre 2023, Mme A B, représentée par Me Lebrun, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de désigner avant-dire droit un expert médical chargé de décrire, évaluer et chiffrer les préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident de service du 22 octobre 2020 et de lui allouer une indemnité provisionnelle d'un montant de 10 000 euros, à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la métropole de Lyon à lui verser la somme totale de 157 369,70 euros en réparation des préjudices résultant de cet accident ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la métropole de Lyon est engagée, sans faute et pour faute, du fait de l'accident de service dont elle a été victime ;
- elle a droit à l'indemnisation des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, dont l'étendue sera déterminée par une expertise, résultant de cet accident ;
- la commune de Lyon doit être condamnée à lui verser une indemnité provisionnelle d'un montant de 10 000 euros, à valoir sur l'indemnisation définitive de son préjudice, en raison des conséquences dommageables qu'elle subit du fait de son accident ;
- elle est fondée à solliciter une indemnisation de 20 000 euros au titre des souffrances endurées, 10 919,70 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire, 41 450 euros au titre du déficit fonctionnel permanent et des troubles dans ses conditions d'existence, 75 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et 10 000 euros au titre de son préjudice d'agrément.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, la métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot (Me Prouvez), conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- aucune faute ne peut lui être reprochée ;
- si la responsabilité sans faute de la collectivité était engagée, Mme B n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ses préjudices ;
- l'expertise demandée par la requérante ne présente pas un caractère utile.
Par un courrier, enregistré le 13 mars 2023, la caisse primaire d'assurances maladie du Rhône a informé le tribunal de ce qu'elle n'avait pas de créance à faire valoir dans cette affaire, dès lors qu'il s'agit d'un accident du travail pris en charge par l'employeur.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boulay, première conseillère,
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- les observations de Me Fumey, substituant Me Lebrun, représentant Mme B, et de Me Litzler, substituant Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 18 mai 1961, fonctionnaire de la métropole de Lyon exerçant les fonctions de contrôleuse de gestion, a été victime le 22 octobre 2020 d'une chute sur son lieu de travail. Cette chute, qui a été reconnue comme accident de service, lui a causé une fracture du poignet droit, nécessitant des soins médicaux et de rééducation, et a conduit à son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 23 octobre 2020, régulièrement renouvelé depuis lors. Par un courrier du 24 juin 2022, reçu le 4 juillet 2022, Mme B a demandé à la métropole de Lyon de reconnaître sa responsabilité dans l'accident de service dont elle a été victime et de l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cet accident. A la suite du rejet de cette demande, Mme B demande au tribunal de condamner la métropole de Lyon, après expertise avant-dire droit, à indemniser les préjudices qu'elle a subis du fait de cet accident et de lui allouer, dans l'attente, une indemnité provisionnelle d'un montant de 10 000 euros.
Sur la responsabilité :
2. En l'absence même de toute faute de l'administration, un fonctionnaire peut prétendre, au titre de l'obligation des collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions, à une indemnisation couvrant les préjudices résultant de l'ensemble des troubles de santé imputables au service et ne donnant pas lieu à une réparation forfaitaire par les prestations prévues par les dispositions statutaires applicables.
3. En premier lieu, alors que Mme B se borne à produire la déclaration d'accident de service décrivant les circonstances de sa chute, survenue dans le bureau d'un collègue du fait de la présence sur le sol de câbles informatiques alors qu'elle se levait de la chaise sur laquelle elle s'était assise, il ne résulte en tout état de cause pas de l'instruction, contrairement à ce que soutient la requérante, que le positionnement de ces câbles, qui étaient apparents aux termes mêmes de ses déclarations, constituait une faute de nature à engager la responsabilité de la métropole de Lyon.
4. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, applicable jusqu'au 1er mars 2022, dont les dispositions figurent désormais aux articles L. 822-21 à L. 822-25 du code général de la fonction publique : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. ".
5. Il est constant que l'accident dont a été victime Mme B dans les locaux de la métropole le 22 octobre 2020 a été reconnu imputable au service. Si, au regard de ce qui a été dit ci-dessus, Mme B n'établit pas qu'une faute de la métropole serait à l'origine de cet accident, la requérante conserve le droit de demander à l'administration, en l'absence même d'une faute, la réparation des souffrances physiques et morales et des autres préjudices extrapatrimoniaux pouvant résulter de son accident de service et qui n'auraient pas été réparés. Toutefois, alors que Mme B se borne à alléguer qu'elle subit des préjudices liés aux difficultés qu'elle rencontre dans la réalisation des actes de la vie quotidienne, aux conséquences psychologiques de son accident, à l'impossibilité d'exercer ses fonctions ou encore à ses troubles alimentaires et du sommeil, et s'il est constant que Mme B est toujours temporairement inapte à la reprise de ses fonctions, notamment en raison de la présence d'un cal vicieux au niveau du poignet droit, elle n'apporte aucun élément probant de nature à établir l'existence même de ces préjudices, les documents médicaux et l'unique attestation, établie par la conseillère de clientèle chargée de la gestion de ses comptes, versée au dossier, n'étant à cet égard pas suffisants. Dans ces conditions, l'expertise qu'elle sollicite en vue de déterminer leur ampleur présenterait un caractère frustratoire et ne peut être ordonnée. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la métropole de Lyon et à la caisse primaire d'assurances maladie du Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
La rapporteure,
P. Boulay
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026