jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207608 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 octobre et 16 novembre 2022, M. C B, représenté par Me Millet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche a notamment prononcé la saisie définitive des armes et munitions remises à l'autorité administrative en exécution de l'arrêté préfectoral du 20 mai 2021, celles-ci devant être vendues aux enchères publiques ou cédées à un commerçant autorisé, le produit net de la vente bénéficiant au requérant, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions et leurs éléments quelle que soit leur catégorie et, enfin, le maintien de son inscription dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA), jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Ardèche de lui restituer à titre provisoire ses armes,
munitions et éléments, et de lever à titre provisoire son inscription au FINIADA, dans un
délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous
astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée emporte saisie définitive de ses armes, que les armes saisies seront vendues, cédées à un tiers, ou remises à l'Etat et que dès lors, l'exécution de la décision emporte un caractère définitif et irréversible, ce qui préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts, certaines de ses armes ayant une grande valeur sentimentale alors qu'il a été reconnu médicalement apte à détenir des armes ; enfin, la saison de chasse étant ouverte, il se voit empêcher de pratiquer son " droit de chasser ". ;
- sont propres à créer un doute sérieux, en l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que :
- l'arrête contesté est entaché d'incompétence de son auteur ; si le préfet de l'Ardèche produit un arrêté de délégation, qui au demeurant n'est pas précis, il ne justifie pas de sa publication régulière ;
- le préfet n'a pas respecté de procédure contradictoire préalablement à l'édiction de la décision attaquée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 312-9 du code de la sécurité intérieure ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ; le rapport de gendarmerie sur lequel le préfet se fonde est rempli d'inexactitudes ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit de propriété.
Par un mémoire enregistré le 9 novembre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 octobre 2022 sous le numéro 2207455 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Me Millet représentant M. B qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et qui soutient en outre, que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les armes peuvent être détruites ou vendues ; qu'il n'a pas tardé à saisir le juge des référés mais a seulement, au préalable, saisi l'administration d'un recours gracieux ; que la décision attaquée n'a été précédée d'aucune réelle procédure contradictoire ; que le rapport administratif et dès lors la décision attaquée sont fondés sur des faits matériellement inexacts ; que le tribunal correctionnel a écarté toute peine complémentaire et qu'il convient de s'attacher à la constatation des faits et non à la condamnation prononcée.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Par un premier arrêté en date du 20 mai 2021, le préfet de l'Ardèche a ordonné la remise immédiate de toutes les armes et munitions de M. B, les services de la gendarmerie nationale étant intervenues au domicile de l'intéressé, le 23 avril 2021, pour des faits de violence avec arme. Par un second arrêté préfectoral en date du 15 juin 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer la suspension de l'exécution, le préfet de l'Ardèche a prononcé la saisie définitive de ces armes et munitions, celles-ci devant être vendues aux enchères publiques ou cédées à un commerçant autorisé, a interdit à M. B d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions et leurs éléments quelle que soit leur catégorie et, a maintenu son inscription dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA).
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'arrêté contesté, M. B fait état de ce qu'en exécution dudit arrêté, les armes saisies seront détruites, définitivement vendues aux enchères publiques ou cédées à un commerçant autorisé, alors que certaines d'entre elles ont une importante valeur sentimentale ayant appartenu à son grand-père et au grand-père de sa conjointe, ainsi qu'il en justifie par des attestations versées au débat. Aussi, dès lors que la circonstance que le produit net de la vente bénéficierait au requérant ne saurait suffire à pallier la disparition et les conséquences sentimentales qu'aura sur le requérant la destruction des armes en cause, il y a lieu de considérer que dans les circonstances très particulières de l'espèce, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
5. En outre, les moyens invoqués par M. B à l'appui de sa demande de
suspension et tirés des erreurs de fait et d'appréciation paraissent, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Ainsi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche a prononcé la saisie définitive des armes et munitions remises à l'autorité administrative en exécution de l'arrêté préfectoral du 20 mai 2021, celles-ci devant être vendues aux enchères publiques ou cédées à un commerçant autorisé, le produit net de la vente bénéficiant au requérant, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes, des munitions et leurs éléments quelle que soit leur catégorie et, enfin, le maintien de son inscription dans le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA).
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. En l'espèce, la suspension de l'arrêté contesté n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de l'Ardèche de restituer, sous astreinte, à M. B, à titre provisoire ses armes, munitions et leurs éléments, et de lever à titre provisoire son inscription au FINIADA. Les conclusions ainsi présentées doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'arrêté du 15 juin 2022 du préfet de l'Ardèche est suspendu.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet de l'Ardèche.
Fait à Lyon le 17 novembre 2022.
La juge des référés,
A. A
La greffière,
G. Montezin
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026