mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre 2022 et le 10 octobre 2023, M. B C, Mme A D épouse C et la SCI Domaine de Jujurieux, représentés par Me Michel, avocat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le maire de la commune de Jujurieux a, au nom de la commune, retiré le permis de construire tacitement obtenu par M. C et Mme D épouse C et rejeté la demande de permis de construire un auvent en bois avec tuiles déposée le 19 janvier 2022 par M. C et Mme D épouse C ;
2°) de mettre à la charge la commune de Jujurieux une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué méconnaît le premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il a été pris plus de trois mois après l'obtention, le 19 mars 2022, d'un permis de construire tacite, le délai d'instruction de leur demande de permis de construire, de deux mois en application du b) de l'article R. 423-23 du même code, n'ayant pas été modifié par une notification régulière prévue aux articles R. 423-42 et suivants du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît le premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors qu'est entaché d'erreur de qualification juridique des faits le motif de l'arrêté contesté tiré de ce que le projet litigieux est contraire aux articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Jujurieux, l'auvent projeté, d'une surface de 80 m2, constituant, au sens de l'article A2 de ce règlement, une construction annexe au bâtiment existant, d'une surface de 600 m2 ;
- les dispositions de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme autorisant les constructions d'annexes aux bâtiments existants ne sont pas illégales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 27 septembre 2023 et le 30 janvier 2024, la commune de Jujurieux, représentée par la SELARL BG Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'arrêté attaqué du 12 août 2022 ne méconnaît pas le premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il a été pris moins de trois mois après l'obtention, le 19 mai 2022, d'un permis de construire tacite, le délai d'instruction de la demande de permis de construire déposée le 19 janvier 2022 ayant été porté à quatre mois par courrier du même jour remis en main propre à M. C ;
- il méconnaît le premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors que n'est pas illégal le motif de l'arrêté contesté tiré de ce que le projet litigieux est contraire aux articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ; en effet :
les dispositions de l'article A 2 de ce règlement autorisant sans restriction les constructions annexes aux bâtiments existants sont illégales et donc inapplicables, dès lors qu'elles méconnaissent l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme en ce qu'elles portent atteinte à l'objectif, mentionné à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, de préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes et à l'objectif, également mentionné à cet article L. 101-2, de l'utilisation économe des espaces naturels, de la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et de la protection des sites, des milieux et paysages naturels et remettent en cause les objectifs du projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme de la commune de limitation du développement de l'urbanisation sur les terres irriguées, de préservation des milieux sensibles des effets de l'urbanisation tels que les trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique situées en zone A du plan local d'urbanisme de la commune et les zones humides, le terrain d'assiette du projet litigieux étant concerné par la présence d'une zone humide, et de promotion d'une gestion économe des sols ;
les dispositions de l'article A 2 de ce règlement autorisant sans restriction les constructions annexes aux bâtiments existants sont illégales et donc inapplicables, dès lors qu'elles méconnaissent l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme en ce qu'elles permettent des constructions qui ne seraient nécessaires ni à une exploitation agricole, ni à un équipement collectif, ni à un service public ;
en vertu de l'article A 1 du même règlement, sont interdites les constructions et installations qui ne sont pas liées et nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Drouet, président,
- les conclusions de M. Gilbertas, rapporteur public,
- les observations de Me Michel, avocat, pour les requérants,
- et les observations de Me Navarro, avocat (SELARL BG Avocats), pour la commune de Jujurieux.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, Mme D épouse C et la SCI Domaine de Jujurieux demandent l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le maire de la commune de Jujurieux a, au nom de la commune, retiré le permis de construire tacitement obtenu par M. C et Mme D épouse C et rejeté la demande de permis de construire un auvent en bois avec tuiles déposée le 19 janvier 2022 par M. C et Mme D épouse C.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. " Selon l'article A 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Jujurieux : " Sont interdits : / () / - Les constructions et installations qui ne sont pas liées et nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole sont interdits. / - Les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article A 2 sont interdites. / () ". L'article A 2 du même règlement dispose : " Sont soumises à conditions, les constructions suivantes : / () / - Les constructions annexes aux bâtiments existants. / () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. "
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas de celles produites par la commune de Jujurieux, que les dispositions précitées de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de ladite commune soient de nature à porter atteinte à l'objectif, mentionné à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, de préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes et à l'objectif, également mentionné à cet article L. 101-2, de l'utilisation économe des espaces naturels, de la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et de la protection des sites, des milieux et paysages naturels. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que ces mêmes dispositions soient de nature à remettre en cause les objectifs du projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme de la commune de limitation du développement de l'urbanisation sur les terres irriguées, de préservation des milieux sensibles des effets de l'urbanisation, tels que les trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique situées en zone A du plan local d'urbanisme de la commune et les zones humides, et de promotion d'une gestion économe des sols. Par suite, la commune de Jujurieux n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme méconnaîtraient l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme : " Peuvent être autorisées, en zone A : / 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci. "
6. Ni les dispositions précitées de l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme, ni celles des articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13 qu'elles visent, ne subordonnent la possibilité d'édifier des annexes aux bâtiments existants à la nécessité que ces annexes soient nécessaires à une exploitation agricole, à un équipement collectif ou à un service public. Par suite, la commune de Jujurieux n'est pas fondée à soutenir que les dispositions précitées de l'article A 2 du règlement du plan local d'urbanisme méconnaîtraient l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme en ce qu'elles permettraient l'édification d'annexes qui ne seraient nécessaires ni à une exploitation agricole, ni à un équipement collectif, ni à un service public.
7. En troisième lieu, si, en vertu de de l'article A 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Jujurieux, sont interdites les constructions et installations qui ne sont pas liées et nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif et à l'exploitation agricole, ces dispositions ne font pas obstacle à l'application de celles précitées de l'article A 2 du même règlement autorisant les constructions annexes aux bâtiments existants et qui ne sont pas illégales, ainsi qu'il ressort des points 4 et 6. Il est constant que le projet pour lequel M. et Mme C ont déposé le 19 janvier 2022 une demande de permis de construire consiste en la création d'un auvent en bois avec tuiles sans sol dur, d'une surface de de 80 m2, à proximité immédiate d'un bâtiment existant, d'une surface de 600 m2. Dans ces conditions, cet auvent constitue une annexe à un bâtiment existant au sens des dispositions précitées de l'article A 2 du même règlement. Dès lors, est entaché d'illégalité le motif de l'arrêté contesté du 12 août 2022 tiré de ce que le projet litigieux est contraire aux articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, cet arrêté, qui retire un permis de construire non illégal, méconnaît les dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au tribunal, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et autres sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le maire de la commune de Jujurieux a, au nom de la commune, retiré le permis de construire tacitement obtenu par M. C et Mme D épouse C et rejeté la demande de permis de construire un auvent en bois avec tuiles déposée le 19 janvier 2022 par M. C et Mme D épouse C.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Jujurieux la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la commune de Jujurieux soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas les parties perdantes.
DÉCIDE :
Article 1er : Est annulé l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le maire de la commune de Jujurieux a, au nom de la commune, retiré le permis de construire tacitement obtenu par M. C et Mme D épouse C et rejeté la demande de permis de construire un auvent en bois avec tuiles déposée le 19 janvier 2022 par M. C et Mme D épouse C.
Article 2 : Sont rejetés le surplus des conclusions de la requête n° 2207689 et les conclusions présentées par la commune de Jujurieux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de Jujurieux.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Drouet, président,
- M. Richard-Rendolet, premier conseiller.
- Mme Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le président rapporteur,
H. DrouetL'assesseur le plus ancien,
F.-X. Richard-Rendolet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026