vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2022, M. D C, représenté par Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 13 octobre 2022 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un, et l'a assigné à résidence pour assurer l'exécution de la mesure d'éloignement ;
2°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui remettre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour sous délai de quinze jours assortie de la même astreinte ; subsidiairement, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler, dans le délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Rhône d'effacer tout signalement dans le système d'information Schengen, sous délai de quinze jours suivant la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard,
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation avant d'ordonner son éloignement du territoire, en ce qu'il n'a pas tenu compte de ce que le refus de séjour qui lui a été opposé le 28 juin 2021 est en cours de contestation devant la Cour administrative d'appel de Lyon ;
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est illégale en ce qu'elle est fondée sur un refus de séjour lui-même illégal : en effet, le refus de séjour opposé le 28 juin 2021 ne résulte pas d'un examen complet de sa situation, il est entaché d'erreur d'appréciation, il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il méconnaît également l'article L. 435-1 du code précité ;
- elle est illégale en ce qu'elle également fondée sur une précédente mesure d'éloignement du 28 juin 2021, elle-même illégale car prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours, assortissant l'obligation de quitter le territoire français prise le 28 juin 2021, était également illégale, car insuffisamment motivée et entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision en litige, fixant le pays de renvoi, est illégale en ce qu'elle est prise pour l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- le présent refus de lui accorder un délai de départ volontaire doit être annulé en ce qu'il est pris pour l'exécution d'une mesure d'éloignement illégale ; il est par ailleurs entaché d'erreur d'appréciation et révèle que le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée en ce qu'il est fondé sur une mesure d'éloignement illégale ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision l'assignant à résidence est illégale en ce qu'elle a été prise pour l'exécution d'une mesure d'éloignement elle-même illégale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- l'obligation de pointer trois fois par semaine présente un caractère disproportionné.
Le président du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 18 octobre 2022, Mme de Lacoste Lareymondie, magistrat désigné, a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Paquet, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- les observations de M. C, assisté de M. A, interprète en langue albanaise ;
- les observations de Mme B, représentant le préfet du Rhône, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. En raison de l'urgence résultant de l'application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents (). "
3. M. C, de nationalité albanaise, s'est vu refuser, par décision du 28 juin 2021 du préfet de la Loire, la délivrance d'un titre de séjour. Par la même décision, le préfet de la Loire lui a également fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Pour fonder l'obligation de quitter le territoire français dont M. C demande l'annulation par le présent recours, le préfet du Rhône s'est à nouveau fondé sur le 3° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se référant au refus de séjour opposé à l'intéressé le 28 juin 2021.
4. En premier lieu, il est constant que le recours formé par M. C contre l'arrêté du préfet de la Loire du 28 juin 2021 a été rejeté par jugement du tribunal administratif de céans le 11 février 2022. Si M. C a interjeté appel de ce jugement, l'instance étant toujours pendante devant la Cour administrative d'appel de Lyon, cette circonstance ne saurait priver le jugement de sa force exécutoire, l'intéressé n'en ayant pas demandé la suspension. Elle ne privait donc pas le préfet du Rhône de la possibilité de faire application du 3° de l'article L. 611-1 précité pour ordonner son éloignement. Par ailleurs, s'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal, statuant selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de statuer par la voie de l'exception sur les moyens de légalité dirigés à l'encontre de la décision de refus de séjour servant de fondement à l'obligation de quitter le territoire français dont l'annulation est demandée, l'exercice de son office ne saurait le conduire à empiéter sur l'office du juge d'appel ou à rendre une décision susceptible d'être en contradiction avec le jugement précédemment rendu revêtu de l'autorité de chose jugée. Dans ces circonstances, les moyens par lesquels M. C conteste, par la voie de l'exception, la légalité du refus de séjour qui lui a été opposé le 28 juin 2021, qui sont strictement identiques à ceux écartés par le jugement du 11 février 2022, ne peuvent qu'être écartés. Enfin, le moyen tiré, par la voie de l'exception également, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours, édictées le 28 juin 2021, est inopérant, ces décisions ne constituant pas la base légale de la nouvelle obligation de quitter le territoire français en litige.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Le droit ainsi reconnu n'implique pas la possibilité pour un ressortissant étranger de choisir librement le lieu de son établissement.
6. En l'espèce, s'il est constant que M. C réside habituellement en France depuis 2015, il n'est pas contesté que la durée de son séjour s'explique seulement par le maintien irrégulier de l'intéressé sur le territoire national en dépit de deux précédentes mesures d'éloignement, l'une ordonnée en 2018, l'autre en 2021, qui n'ont pas été exécutées. Par ailleurs, l'épouse de M. C ne bénéficie d'aucun droit au séjour en France, pas plus que leurs enfants mineurs qui ont vocation à suivre leurs parents, et que deux de leurs enfants majeurs également en situation irrégulière. Si l'une de leur fille, devenue majeure, a obtenu un titre de séjour, cette seule circonstance est insuffisante pour considérer que la famille entière aurait fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France. En outre, la circonstance que les enfants suivent une scolarité assidue et sérieuse depuis leur arrivée sur le territoire français ne constitue pas, en tant que telle, un obstacle à la poursuite de leur scolarité et à la reconstitution de la cellule familiale hors de France. En dernier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. C et son épouse suivent de manière régulière des cours de français, et si le requérant justifie pour sa part de deux promesses d'embauche, il ne démontre pas pour autant avoir constitué en France une vie privée et familiale intense et stable en France. Dans ces circonstances, le moyen tiré de la violation de l'article 8 précité doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Si le préfet indique à tort dans sa décision que les enfants ne vivraient pas avec leur père, cette seule circonstance, qui ne saurait caractériser en l'espèce un défaut d'examen de la situation de l'intéressé, est dépourvue d'incidence sur la légalité de la décision dès lors que l'intégralité de la fratrie, à l'exception d'une des filles majeure titulaire d'une carte de séjour temporaire, a vocation à suivre les parents dans leur retour en Albanie. Par ailleurs, il n'est pas établi ni même soutenu que la scolarité des enfants ne pourrait se poursuivre dans leur pays d'origine. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants.
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " Selon l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. "
9. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
10. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, sans soulever d'autres moyens que ceux qui viennent d'être écartés, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
11. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été interpellé le 12 octobre 2022 après avoir provoqué un accident avec le véhicule qu'il conduisait. A cette occasion, M. C, titulaire d'un permis de conduire albanais, n'a pas été en mesure de justifier d'un permis de conduire valable en France, et a provoqué des blessures à une des usagers de la voie publique. Toutefois, ce seul évènement, dont les circonstances n'ont pas encore pu être précisément déterminées et qui n'a pas donné lieu à condamnation, ne pouvait valablement conduire le préfet du Rhône à estimer que le comportement de M. C constituerait une menace pour l'ordre public au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, ainsi qu'il a été dit précédemment, il est constant que M. C s'est volontairement abstenu d'exécuter les mesures d'éloignement édictées à son encontre en 2018 et 2021, la circonstance qu'un recours en appel soit toujours pendant à l'encontre de la dernière étant sans incidence sur son caractère exécutoire. Par ailleurs, M. C, qui est hébergé dans une structure d'urgence, ne justifie pas d'une résidence effective et permanente sur le territoire français. Dans ces circonstances, le préfet, dont il ne ressort pas des termes de la décision qu'il n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant, a pu, sans entacher sa décision d'erreur d'appréciation, estimer qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement et refuser, pour ce motif, de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. "
13. Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
14. M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, sans soulever d'autres moyens que ceux qui viennent d'être écartés, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision lui interdisant de retourner en France pour une durée d'un an.
15. En outre, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C ne justifie d'aucune attache familiale intense et stable en France, à l'exception de sa fille majeure titulaire d'une carte de séjour temporaire dont il n'est pas soutenu ni démontré qu'elle ne pourrait lui rendre visite en Albanie. Par ailleurs, l'intéressé s'est abstenu d'exécuter deux précédentes mesures d'éloignement, pourtant assorties d'un délai de départ volontaire. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour pour une durée d'un an présenterait un caractère disproportionné.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Aux termes de l'article L. 721-3 du code précité : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. "
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
19. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé à l'encontre de la décision portant assignation à résidence, doit être écarté.
20. Par ailleurs, l'assignation à résidence d'un étranger ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai ou pour laquelle le délai qui lui avait été imparti est expiré, a pour objet de permettre à l'autorité administrative d'exécuter d'office la mesure d'éloignement, dans des conditions moins restrictives qu'un placement en rétention administrative. En l'espèce, le préfet du Rhône, qui a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, a décidé de procéder à l'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Ainsi, la double circonstance que l'intéressé aurait transmis l'intégralité de ses documents d'identité et bénéficierait d'un hébergement connu de l'administration, n'est pas de nature à démontrer l'inutilité de la mesure d'assignation à résidence et est, par suite, sans incidence sur sa légalité.
21. Enfin, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'obligation de pointage trois fois par semaine dans les locaux de la gendarmerie de la commune où M. C est hébergé, présenterait un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, de même que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2022.
Le magistrat délégué,
E. de Lacoste Lareymondie
Le greffier,
F. Gaillard
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026