vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2207774 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FERRON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 octobre 2022 et 27 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté son recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel l'autorité rectorale l'a affectée à titre provisoire au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal, du 1er septembre 2022 au 31 août 2023 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir :
- à titre principal, de prononcer son affectation sur un poste vacant au sein du " lycée d'Annonay " ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête relève de la compétence du tribunal administratif de Lyon conformément aux dispositions de l'article R. 312-12 du code de justice administrative, dès lors qu'elle réside sur le territoire de la commune de Bourg-Argental, située dans le département de la Loire, et qu'elle est affectée au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal, situé dans le département du Rhône ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ; en effet :
• la note de service du 15 novembre 2021 relative au détachement de fonctionnaires de catégorie A dans le corps des personnels enseignants ne dispensait pas la rectrice de l'académie de Grenoble de prendre en considération les différents vœux d'affectation qu'elle avait formulés ni d'expliciter les raisons pour lesquelles l'ordre de préférence de ces vœux n'avait pas été respecté ;
• elle aurait dû être affectée sur l'un des postes vacants situés au sein du " lycée d'Annonay ", conformément à son premier vœu, dès lors que ces postes n'étaient pourvus, ni par un fonctionnaire titulaire, ni par un fonctionnaire stagiaire à la date du 31 août 2022 et qu'elle a ultérieurement appris que l'équipe pédagogique du lycée polyvalent Boissy d'Anglas d'Annonay avait été sollicitée au début du mois de septembre 2022 pour prendre en charge un support vacant de douze heures d'enseignement ;
• il n'existait aucun besoin d'enseignant au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal pour la rentrée scolaire 2022-2023 ;
• son affectation au sein de cet établissement pour l'année scolaire 2022-2023 n'est pas de nature à lui assurer un environnement professionnel favorable dans le cadre de sa première année de détachement, dès lors qu'elle souhaitait se rapprocher de son domicile familial et ne plus exercer ses fonctions sur un poste nécessitant une forte mobilité géographique.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 mars et 19 juin 2023, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête de Mme B ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Lyon, dès lors que le lieu d'affectation de l'intéressée se situe sur le territoire de la commune de Vienne, dans le département de l'Isère, et que les personnels qui y sont affectés relèvent du rectorat de l'académie de Grenoble, de sorte que seul le tribunal administratif de Grenoble est territorialement compétent pour en connaître ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 19 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, d'une prévision d'enrôlement de l'affaire et d'une date prévisionnelle de clôture d'instruction à effet immédiat au plus tôt le 17 janvier 2024.
La clôture de l'instruction est intervenue le 26 janvier 2024.
Par un courrier du 25 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office et tiré du défaut d'intérêt pour agir de Mme B à l'encontre de la décision contestée du 30 août 2022 portant rejet de son recours gracieux, dès lors que l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel la rectrice de l'académie de Grenoble l'a affectée à titre provisoire au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal du 1er septembre 2022 au 31 août 2023 a fait droit à sa demande présentée le 8 juin 2022 et ne porte pas atteinte aux droits et prérogatives qu'elle tient de son statut.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 2001-1174 du 11 décembre 2001 ;
- les lignes directrices de gestion ministérielles du 25 octobre 2021 relatives à la mobilité des personnels du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;
- la note de service du 15 novembre 2021 du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports intitulée " Détachement de fonctionnaires de catégorie A dans les corps des personnels enseignants des premier et second degrés, des personnels d'éducation et des psychologues de l'éducation nationale relevant du ministre chargé de l'éducation nationale - Rentrée 2022 " ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble n'était ni présente, ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gueguen ;
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public ;
- et les observations de Me Ferron, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, personnel de direction d'établissement d'enseignement ou de formation relevant du ministère de l'éducation nationale, détachée en qualité de directrice des formations au sein du lycée des métiers d'art et de l'image de la société d'enseignement professionnel du Rhône (SEPR), a sollicité son détachement dans le corps des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré à compter de l'année scolaire 2022-2023. Par un courriel du 3 juin 2022, les services du rectorat de l'académie de Grenoble ont informé l'intéressée que sa demande de détachement avait été acceptée par les services du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse et qu'il lui était loisible, avant le 15 juin suivant, de " formuler des vœux d'affectation pour l'année scolaire 2022-2023 " sur des " communes ou des groupements de communes de l'académie de Grenoble ". Mme B a ainsi complété puis transmis, le 8 juin 2022, un " document réservé aux agents bénéficiant d'une affectation à titre provisoire pour l'année scolaire 2022-2023 " en présentant quatre vœux d'affectation. En suivant, par un arrêté du 8 juillet 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a mis fin au détachement de l'intéressée auprès de la SEPR à compter du 22 août 2022, a prononcé sa réintégration dans son corps d'origine à compter de la même date, l'a affectée auprès de la rectrice de l'académie de Grenoble à compter de cette même date et l'a placée en position de détachement dans le corps des professeurs agrégés, discipline économie gestion option marketing, pour une durée de deux ans du 1er septembre 2022 au 31 août 2024 inclus au sein de l'académie de Grenoble, puis, par un arrêté du 18 juillet 2022, la rectrice de l'académie de Grenoble a prononcé son affectation, à titre provisoire, au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal du 1er septembre 2022 au 31 août 2023. Par un courrier du 27 juillet 2022, Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 18 juillet 2022. Par une décision du 30 août 2022, dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, la rectrice de l'académie de Lyon a rejeté son recours gracieux.
Sur l'exception d'incompétence territoriale opposée en défense :
2. Selon les termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : " Tous les litiges d'ordre individuel () intéressant les fonctionnaires () de l'Etat () relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. / Si cette décision prononce une nomination ou entraîne un changement d'affectation, la compétence est déterminée par le lieu de la nouvelle affectation. () ". Le lieu d'affectation d'un agent public au sens de ces dispositions est le lieu d'affectation administrative de l'agent et non le lieu où il exerce effectivement ses fonctions. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () Grenoble : Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie ; / () Lyon : Ain, Ardèche, Loire, Rhône ; () ".
3. En l'espèce, si la rectrice de l'académie de Grenoble fait valoir que le " lycée d'affectation " de Mme B est " situé sur la commune de Vienne ", dans le département de l' " Isère ", il ressort toutefois des pièces du dossier, et en particulier des termes mêmes de l'arrêté du 18 juillet 2022 prononçant l'affectation de l'intéressée, à titre provisoire, au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald du 1er septembre 2022 au 31 août 2023, que le lieu de la nouvelle affectation administrative de la requérante se situe " 4 route départementale 502 ", sur le territoire de la commune de Saint-Romain-en-Gal, dans le département du Rhône (69560), la circonstance que cet établissement soit rattaché à la " Commune de Vienne " voire au " Groupement de communes Vienne " au sein de la " table des codifications (répertoire académique) " et que " les personnels qui y sont affectés " relèvent " de la seule académie de Grenoble " étant à cet égard sans incidence. Par suite, le présent litige d'ordre individuel intéressant Mme B relève de la compétence du tribunal administratif de Lyon, et non de celle du tribunal administratif de Grenoble, et l'exception d'incompétence territoriale opposée en défense doit être écartée.
Sur l'étendue du litige :
4. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
5. En l'espèce, les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B, exclusivement dirigées contre la décision du 30 août 2022 portant rejet de son recours gracieux, doivent être regardées comme étant également dirigées contre l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel la rectrice de l'académie de Grenoble a prononcé son affectation, à titre provisoire, au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal du 1er septembre 2022 au 31 août 2023.
Sur les conclusions de la requête :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 513-1 du code général de la fonction publique : " Le détachement est la position du fonctionnaire placé hors de son corps ou cadre d'emplois d'origine mais continuant à bénéficier, dans ce corps ou cadre d'emplois, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / Il est prononcé à la demande du fonctionnaire. ". Selon les termes de l'article L. 513-3 du même code : " Le fonctionnaire détaché est soumis aux dispositions régissant sa fonction de détachement () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 5 du décret du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré : " Les professeurs agrégés sont recrutés : / 1° Parmi les candidats qui auront satisfait aux épreuves de l'agrégation ; / () En ce qui concerne les personnels enseignants détachés, non affectés en académie, les propositions sont arrêtées par le directeur chargé des personnels enseignants. () ". Selon les termes de l'article 15 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'État, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " Tout détachement de fonctionnaire est prononcé par arrêté du ministre dont il relève et, le cas échéant, du ministre auprès duquel il est détaché. ".
7. D'autre part, aux termes du point II. 2. 1 des lignes directrices de gestion ministérielles relatives à la mobilité des personnels du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 25 octobre 2021, régulièrement publiée au bulletin officiel spécial de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports n° 6 du 28 octobre suivant, intitulé " Les détachements au sein d'un corps du MENJS " : " Le détachement est prononcé par décision de l'autorité compétente du MENJS et de l'administration d'origine. / Les personnels détachés sont affectés en fonction des besoins du service. () ". Par ailleurs, par une note de service du 15 novembre 2021, régulièrement publiée au bulletin officiel de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports n° 45 du 2 décembre suivant, faisant suite aux lignes directrices de gestion ministérielles précitées du 25 octobre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a notamment rappelé les modalités de mise en œuvre des détachements des fonctionnaires de catégorie A dans les corps des personnels enseignants des premier et second degrés relevant du ministère chargé de l'éducation nationale, et a précisé les règles spécifiques et les procédures applicables à l'accueil en détachement de ces personnels ainsi que le calendrier des opérations pour l'année 2022. Selon les termes du point 1. de cette note, intitulé " Dispositions communes " : " 1.1 Les demandes de détachement sont prises en compte au regard des besoins d'enseignement déterminés en fonction des capacités offertes à l'issue des concours, du mouvement interdépartemental pour les personnels enseignants du 1er degré et de la phase interacadémique du mouvement national à gestion déconcentrée pour les personnels enseignants et d'éducation du 2d degré et les psychologues de l'éducation nationale. / () 1.2 Le détachement dans un corps du 2d degré () sont prononcés par arrêté du ministre en charge de l'éducation nationale dans les conditions rappelées dans les lignes directrices de gestion (cf. II-2-1). / () 1.4 Les personnels détachés sont affectés en fonction des besoins du service sur tout poste au sein du département (1er degré) ou de l'académie (2d degré). Ils ne sont pas autorisés à participer au mouvement interdépartemental (1er degré) ou au mouvement interacadémique (2d degré) durant leur période de détachement. () ". En outre, aux termes du point 2.3 de cette même note, intitulé : " L'accueil en détachement " : " () Durant leur première année de détachement, les agents sont affectés à titre provisoire et bénéficient d'un parcours de formation adapté visant à faciliter l'acquisition des compétences nécessaires à l'exercice de leur métier. () ".
8. Enfin, un fonctionnaire ayant sollicité son affectation sur plusieurs postes et ayant été affecté sur l'un d'entre eux ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander au juge de l'excès de pouvoir d'annuler la décision par laquelle il a été fait droit à sa demande.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'alors même qu'ils n'y étaient pas tenus par les termes de la note de service précitée du 15 novembre 2021, les services de l'académie de Grenoble ont invité Mme B, le 3 juin 2022, à " formuler des vœux d'affectation pour l'année scolaire 2022-2023 " sur des " communes ou des groupements de communes de l'académie de Grenoble ", en informant l'intéressée que ces vœux n'étaient " qu'indicatifs " et que " l'affectation qui (lui) sera(it) proposée dépendra(it) des postes vacants susceptibles de (l')accueillir ". Il est constant que l'arrêté attaqué du 18 juillet 2022, par lequel la rectrice de l'académie de Grenoble a prononcé l'affectation de la requérante, à titre provisoire, au sein du lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal du 1er septembre 2022 au 31 août 2023, pour y effectuer un service de quinze heures dans la discipline économie gestion option marketing, fait droit à l'un des vœux d'affectation présenté par Mme B, l'intéressée ayant en effet complété puis transmis, le 8 juin 2022, un " document réservé aux agents bénéficiant d'une affectation à titre provisoire pour l'année scolaire 2022-2023 " en précisant qu'elle souhaitait être " affecté(e) à compter du 1er septembre 2022 dans les communes ou groupements de communes suivants : / 07010 - Commune d'Annonay / 007955 - Groupement de communes Annonay / 38544 - Commune de Vienne - 038957 - Groupement de communes Vienne ", au sein desquels se situe le lycée polyvalent Ella Fitzgerald de Saint-Romain-en-Gal. Par suite, ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, et dès lors qu'il n'est ni établi ni même allégué que la décision en litige aurait porté atteinte aux droits et prérogatives que Mme B tenait de son statut, la requérante ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté contesté du 18 juillet 2022 par lequel la rectrice de l'académie de Grenoble a fait droit à sa demande, ni, par voie de conséquence, à l'encontre de la décision du 30 août 2022 portant rejet de son recours gracieux.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
Le rapporteur,
C. Gueguen
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026