jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2208002 et un mémoire, enregistrés les 26 octobre 2022 et 23 mai 2023, la SASU Open Block Réalisations, représentée par la SELAS Léga-Cité, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de Charbonnières-les-Bains a refusé de lui délivrer un permis d'aménager pour la création d'un lotissement de trois lots, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 29 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre au maire de Charbonnières-les-Bains de délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Charbonnières-les-Bains la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le motif de refus tiré de la méconnaissance des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme est illégal, l'utilisation de la voie d'accès existante n'étant pas de nature à compromettre la conservation de l'espace boisé classé présent sur le terrain d'assiette ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon applicable à la zone URi2 est illégal, l'hypothèse d'implantation des constructions permettant de préserver l'espace boisé classé et l'espace végétalisé à valoriser ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URi2 est illégal, l'accès au terrain d'assiette du projet ne présentant pas de risque particulier pour les usagers et, en toute hypothèse, le permis ne pouvant être refusé que s'il était impossible de l'assortir de prescriptions, ce qui n'est pas le cas.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, la commune de Charbonnières-les-Bains, représentée par la SELAS Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SASU Open Block Réalisations le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- le refus peut aussi être fondé sur la méconnaissance des dispositions relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et aux emprises publiques ou privées et par rapport aux limites séparatives s'agissant de la construction sur le lot n° 3.
II. Par une requête n° 2208257 et un mémoire, enregistrés les 8 novembre 2022 et 23 mai 2023, la SASU Open Block Réalisations, représentée par la SELAS Léga-Cité, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel le maire de Charbonnières-les-Bains a refusé de lui délivrer un permis d'aménager pour la création d'un lotissement de trois lots ;
2°) d'enjoindre au maire de Charbonnières-les-Bains de délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Charbonnières-les-Bains la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été rendue suite à une procédure irrégulière, sans véritable instruction, en reprenant les motifs de refus opposés à la première version du projet par l'arrêté du maire du 3 mai 2022 ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance des articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme est illégal, l'utilisation de la voie d'accès existante n'étant pas de nature à compromettre la conservation de l'espace boisé classé présent sur le terrain d'assiette ;
- le motif de refus tiré de la méconnaissance de l'article 3.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon applicable à la zone URi2 est illégal, l'hypothèse d'implantation des constructions permettant de préserver l'espace boisé classé et l'espace végétalisé à valoriser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, la commune de Charbonnières-les-Bains, représentée par la SELAS Carnot Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SASU Open Block Réalisations le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- le refus peut aussi être fondé sur la méconnaissance des dispositions sur l'implantation des constructions par rapport aux voies et aux emprises publiques ou privées et par rapport aux limites séparatives s'agissant de la construction sur le lot n° 3.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Couderc, pour la SASU Open Block Réalisations, requérante,
- et les observations de Me Leroy, pour la commune de Charbonnières-les-Bains.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU Open Block Réalisations a déposé le 22 décembre 2021 en mairie de Charbonnières-les-Bains une demande de permis d'aménager pour la réalisation d'un lotissement de trois lots, sur un terrain situé en secteur URi2c au plan local d'urbanisme. Par arrêté du 3 mai 2022, le maire a refusé de lui délivrer l'autorisation ainsi sollicitée. La société pétitionnaire a exercé un recours gracieux contre ce refus par courrier du 29 juin 2022, lequel a été implicitement rejeté. Elle a déposé en mairie de Charbonnières-les-Bains le 22 juillet 2022 une seconde demande de permis d'aménager, également pour la réalisation d'un lotissement de trois lots sur le même terrain d'assiette. Le maire a refusé de lui délivrer cette autorisation par arrêté du 28 septembre 2022. La SASU Open Block Réalisations, par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, demande l'annulation des arrêtés des 3 mai et 28 septembre 2022 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 mai 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements. " Aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. / () ". Aux termes de l'article 3.2.4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon : " Espaces boisés classés / () Dans ces espaces, les dispositions des articles L.113-1 et suivants du Code de l'urbanisme s'appliquent. / () ".
3. Il est constant que le terrain d'assiette du projet supporte, sur près de toute sa moitié sud-ouest, un espace boisé classé. Cet espace grève plus de la moitié du lot projeté n° 2 et une partie du lot projeté n° 3. Il est également constant que la partie de l'espace boisé classé située sur le lot n° 2 est traversée par un chemin ensablé que le projet en litige envisage de conserver et d'utiliser comme desserte de la future construction située sur ce lot, dont l'implantation est projetée au nord de la parcelle. Si le règlement du lotissement prévoit de conserver le gabarit de ce chemin et impose un revêtement perméable, l'étude phytosanitaire jointe au dossier de demande par la pétitionnaire indique que " ce chemin ne devra pas (être) emprunt(é) pour l'accès du chantier (aucun véhicule), afin d'éviter le tassement racinaire ", soulignant ainsi la vulnérabilité à la circulation motorisée des arbres qui bordent cette allée. S'il est vrai que l'étude ne dit rien de l'utilisation du chemin comme desserte d'une future maison individuelle, le service " nature et fleuve " de la métropole de Lyon, sollicité pour avis sur le projet, a estimé que l'aménagement du chemin, actuellement non carrossable, pour l'accès des véhicules à travers l'espace boisé classé sur le lot n° 2, n'est pas compatible avec la préservation de cet espace et du système racinaire des arbres qui s'y trouvent. Dans ces conditions, le maire de Charbonnières-les-Bains n'a pas fait une inexacte application des articles L. 113-2 du code de l'urbanisme et 3.2.4 du règlement précités en refusant de délivrer l'autorisation demandée.
4. Le motif tiré de la méconnaissance des dispositions applicables aux espaces boisés classés étant, à lui seul, de nature à justifier légalement le refus de permis d'aménager, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire de Charbonnières-les-Bains aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée au point précédent.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la SASU Open Block Réalisations doivent également être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 28 septembre 2022 :
6. En premier lieu, les requérants soutiennent que la décision attaquée n'a pas été précédée d'une véritable instruction, le maire s'étant borné à dupliquer les motifs de refus opposés à la première version du projet par son arrêté du 3 mai 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la décision du 28 septembre 2022 a été rendue plus de huit semaines après que la pétitionnaire ait déposé sa demande en mairie, la métropole de Lyon ayant rendu un nouvel avis sur le projet le 1er septembre 2022. Par ailleurs, le maire n'oppose plus au projet le motif de refus tiré d'une méconnaissance de l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URi2, tenant ainsi compte des évolutions apportées par la société Open Block Réalisations. Le moyen tiré d'une procédure d'instruction irrégulière doit ainsi être écarté.
7. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, et dès lors que le projet est inchangé s'agissant de la voie de desserte du lot n° 2, le motif retenu par le maire tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 113-2 du code de l'urbanisme et 3.2.4 du règlement applicables aux espaces boisés classés n'est pas entaché d'illégalité. De même que précédemment, ce motif étant, à lui seul, de nature à justifier légalement ce second refus, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors en effet qu'il résulte de l'instruction que le maire de Charbonnières-les-Bains aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce motif.
8. Il résulte de ce qui précède que la société pétitionnaire n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés aux instances :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SASU Open Block Réalisations au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Charbonnières-les-Bains, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans les présentes instances. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre de cet article par cette commune.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2208002 et n° 2208257 de la SASU Open Block Réalisations sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Charbonnières-les-Bains présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Open Block Réalisations et à la commune de Charbonnières-les-Bains.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Marie-Flore Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2208002 - 2208257
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026