jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2022 par laquelle la maire de Saint-Didier-au-Mont-D'or lui a infligé une sanction disciplinaire de deux jours d'exclusion du service ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui payer le traitement des deux jours pendant lesquels elle a été exclue du service.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été mise à même de préparer sa défense ;
- la procédure prévue à l'article L. 532-4 du code de la fonction publique n'a pas été respectée ;
- l'exercice de son droit ne peut faire l'objet d'une sanction ;
- la commune est pour partie responsable de sa situation, notamment elle n'a pas assuré sa sécurité, ce qui enlève tout caractère fautif à ses déclarations ;
- compte tenu de son grade, elle dispose d'une plus grande liberté d'expression ;
- sa mauvaise foi n'a pas été démontrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la commune de Saint-Didier-au-Mont-d'Or, représentée par Me Verne, conclut au rejet de la requête.
La commune soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance en date du 14 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolf, présidente honoraire,
- les conclusions de Mme Fullana-Thévenet, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Verne, pour la commune de Saint-Didier-au-Mont-d'Or.
Considérant ce qui suit :
1. Nommée adjointe technique territoriale stagiaire à compter du 21 octobre 2019 et employée en qualité d'agent chargé de la surveillance de la voie publique (ASVP) par la commune de Saint-Didier-au-Mont-d'Or, Mme B demande l'annulation de la décision du 13 octobre 2022 par laquelle la maire de cette commune a prononcé à son encontre la sanction d'exclusions du service pour une durée de deux jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 532-4 du code de la fonction publique : " Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes. / L'administration doit l'informer de son droit à communication du dossier. / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à l'assistance de défenseurs de son choix ".
3. Mme B soutient que la lettre en date du 21 septembre 2022, intitulée " procédure disciplinaire ", par laquelle la maire l'informait qu'elle envisageait de prononcer à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de deux jours et l'invitait à produire ses observations avant le 7 octobre 2022, ne lui a pas été envoyée. Toutefois, la commune soutient que ce courrier a été remis en main propre à Mme B le 22 septembre 2022. Si le document ne comporte pas la signature de la requérante sous la mention " lettre remise le 22 septembre 2022 ", il ressort des pièces du dossier que le 6 octobre 2022, Mme B répondait à la lettre de la maire, en citant sa date, son objet et en faisant valoir que la procédure engagée était irrégulière, qu'avant toute sanction, elle devait être reçue en entretien et qu'elle attendait donc une " convocation conforme ". Par suite, il est établi que Mme B a effectivement reçu la lettre du 21 septembre 2022. Le moyen tiré de ce que la lettre ne lui a pas été " envoyée ", est inopérant et celui tiré de ce qu'elle n'aurait pas pu préparer sa défense manque en fait.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune de Saint-Didier-au-Mont-d'Or a recruté Mme B en qualité d'agent technique stagiaire le 15 octobre 2021, pour occuper des fonctions d'ASVP. La commune a loué un logement à l'intéressée.
5. Selon les écritures de Mme B, ses absences pour raisons de santé, sont à l'origine de difficultés économiques et ne pouvant plus payer le loyer du logement, elle aurait quitté le logement en février 2021, pour être hospitalisée ou vivre dans sa famille.
6. Elle a repris le travail à mi-temps thérapeutique le 6 juillet 2022, et décidé de dormir dans sa voiture, car sans fiches de paye récentes, elle ne voyait pas la possibilité de louer un autre logement.
7. Le 16 septembre 2022, le journal " le Progrès " publiait un article sur la situation de Mme B, dans lequel l'intéressée déclarait avoir quitté le logement que la commune lui avait loué, car ce logement était " indécent avec d'importantes déperditions de chaleur ". Le même quotidien publiait une réponse de la maire de la commune, expliquant que le logement n'était pas indécent et que la commune ne disposait plus de logement vacant. Le jour même, le directeur général de la commune convoquait Mme B pour un entretien, auquel elle a refusé de se présenter.
8. La sanction de deux jours d'exclusion est fondée sur le manquement à l'obligation de réserve et le refus d'obéissance hiérarchique.
9. Mme B soutient que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas fautifs, compte tenu du niveau de son emploi, de sa précarité, de la responsabilité de la commune dans cette situation et de l'absence de caractère injurieux, diffamatoire ou excessif des propos qu'elle a tenus.
10. Toutefois, et en tout état de cause, la précarité de la situation de Mme B ne justifiait pas qu'elle déclarât au journaliste que le logement que la commune lui avait loué était indécent. Ces déclarations, qui mettent en cause la probité de la commune, constituent un manquement, de mauvaise foi, à l'obligation de réserve. De même, elle ne pouvait pas, sans méconnaître son devoir d'obéissance hiérarchique, refuser de se rendre à l'entretien auquel elle était convoquée par le directeur général des services, après publication de l'article de presse.
11. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces deux faits sont fautifs, quand bien même Mme B n'occupait pas un poste supérieur dans les services communaux.
12. Aux termes de l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux agents publics durant leur travail dans les conditions fixées au titre Ier du livre VIII ". L'emploi occupé par Mme B n'impliquait pas l'attribution d'un logement de fonction. La requérante, qui, d'ailleurs, ne précise pas son moyen, n'établit pas que sa précarité résulterait d'un manquement de la commune à son obligation de sécurité. Il en résulte, qu'en tout état de cause, elle n'est pas fondée à soutenir que le manquement de la commune à cette obligation légitimerait ses déclarations à la presse.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Saint-Didier-au-Mont-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
La magistrate désignée,
A. Wolf
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
N°2208294
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026