mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale ", ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
Sur la décision de refus de titre de séjour :
- elle est illégale en l'absence d'examen sérieux de sa situation par le préfet ;
- elle est entachée de plusieurs erreurs de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît tant les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tocut, rapporteure,
- et les observations de Me Guillaume, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne née le 31 mai 1993, demande l'annulation de l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté du 11 octobre 2022 a été signé par Mme B F, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du préfet du Rhône en date du 16 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture en date du 20 septembre 2022, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, les dispositions de l'article R. 5221-1 du code du travail, applicables aux ressortissants algériens, disposent : " Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail. ". L'article R. 5221-32 du même code dispose : " Le renouvellement d'une autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est sollicité dans le courant du deuxième mois précédant son expiration. () L'autorisation de travail est renouvelée dans la limite de la durée du contrat de travail restant à courir ou de la mission restant à accomplir en France. ". Il résulte de ces dispositions que, pour obtenir le premier renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ", l'étranger qui en fait la demande doit d'abord solliciter le renouvellement de son autorisation de travail, ou la délivrance d'une nouvelle autorisation de travail en cas de nouveau contrat de travail. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a obtenu une autorisation de travail pour un contrat à durée déterminée d'une durée de 10 mois, débutant le 13 octobre 2021, pour exercer des fonctions de professeure au sein du rectorat de l'académie de Lille, sur la base de laquelle lui a été délivré son titre de séjour expirant le 12 octobre 2022. Or Mme C a rompu de manière anticipée le contrat de travail la liant au rectorat de l'académie de Lille à compter du 31 décembre 2021, et a conclu plusieurs nouveaux contrats de travail à durée déterminée, au cours de l'année 2022, pour exercer les mêmes fonctions au sein du rectorat de l'académie de Lyon. Dès lors, Mme C, qui avait conclu un nouveau contrat de travail, ne pouvait solliciter le renouvellement de son titre de séjour sans obtenir, au préalable, une nouvelle autorisation de travail, en application de l'article R. 5221-1 du code du travail. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en lui opposant cette absence d'autorisation de travail et la rupture de son contrat de travail avec le rectorat de l'académie de Lille, le préfet du Rhône n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ou a entaché sa décision d'erreurs de fait.
4. En deuxième lieu, l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dispose : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ;() ". Ainsi qu'il a été dit au point 3, Mme C ne pouvait solliciter le renouvellement de son titre de séjour en qualité de salariée sans obtenir au préalable le renouvellement de son autorisation de travail. Or, son employeur, le rectorat d'académie de Lyon, n'a pas présenté une telle demande d'autorisation de travail à son égard, de sorte qu'au jour de la décision attaquée, Mme C ne disposait pas d'un contrat de travail visé par les services compétents, au sens des stipulations précitées. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Rhône a méconnu les stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dispose : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France en août 2017, où elle a vécu pendant trois ans sous couvert de titres de séjour portant la mention " étudiant " ne lui donnant pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. Si elle justifie avoir ensuite occupé plusieurs emplois en qualité notamment d'enseignante depuis l'année 2021, sous couvert de contrats à durée déterminée, elle ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale sur le territoire français, et ne conteste pas conserver des attaches en Algérie où elle a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans et où résident ses parents et ses sœurs. Dans ces conditions, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien doivent donc être écartés. En outre, en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de la requérante doit également être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
9. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision lui accordant un délai de départ volontaire de 30 jours par voie de conséquence de la précédente devra être écarté.
En ce qui concerne le pays de destination :
10. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi devra par voie de conséquence, être écarté.
Sur les conclusions accessoires :
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Tocut, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La rapporteure,
C. Tocut
Le président,
M. ELa greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026