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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208373

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208373

lundi 21 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208373
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 novembre 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 14 et 16 novembre 2022, M. A C, représenté par la SELARL Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a désigné le pays de destination de son éloignement, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 8 jours à compter de la même date et de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans un délai de dix jours à compter de la même date, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- la requête n'est pas tardive, car il a tenté en vain de l'adresser au tribunal par télécopie et via télérecours avant l'expiration du délai de recours ;

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence, faute pour leur signataire d'avoir reçu délégation du préfet pour les signer ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le refus d'accorder un délai de départ volontaire est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- ce refus est fondé sur des faits matériellement inexacts et entaché d'erreur de droit ; il n'a pas été précédé d'un examen réel et sérieux de sa situation ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination de son éloignement est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- la décision lui imposant une interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français et du refus d'un délai de départ volontaire ;

- cette dernière décision est insuffisamment motivée en fait et n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;

- cette même décision, qui retient à tort la commission de violence conjugales à l'encontre de son épouse, repose sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour tardiveté ;

- aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la prestation de serment de Mme F, interprète en langue arabe (marocain).

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 16 novembre 2022, au cours de laquelle, après le rapport de l'affaire, ont été entendues :

- les observations de Me Bescou, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. C, requérant, assisté de Mme F, interprète en langue arabe.

La préfète de l'Ain n'était ni présente ni représentée à l'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain né en 1991, est entré régulièrement en France en septembre 2017. Suite à son mariage avec une ressortissante française, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " lui a été délivré, valable jusqu'au 6 juillet 2021. Il en a sollicité le renouvellement, mais par un arrêté du 5 novembre 2021, la préfète de l'Ain lui a opposé un refus motivé par la rupture de la communauté de vie, et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement du 12 mai 2022, dont M. C a fait appel, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête qu'il avait formé contre cet arrêté. Il a été constaté, à l'occasion de la présentation de l'intéressé dans les locaux de la gendarmerie de Gex le 10 novembre 2022 pour le dépôt d'une plainte, qu'il se maintenait néanmoins sur le territoire français. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté pris le jour même, par lequel la préfète de l'Ain lui a fait une nouvelle fois obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de son éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois et l'a assigné à résidence dans le ressort du département pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Ain :

2. Aux termes de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ".

3. Alors que l'arrêté attaqué a été notifié à M. C le jeudi 10 novembre 2022 à 18h30, avec mention des voies et délais de recours, la requête de l'intéressée, adressée au greffe du tribunal par télécopie n'y a été enregistrée que le lundi 14 novembre à 11h30. Toutefois, le requérant établit par la production de rapport de transmission, qu'il a tenté d'adresser sa requête, constituée avec ses annexes de sept pages, par une première télécopie le samedi 12 novembre à 12h23, mais que cette tentative a donné lieu à un message d'erreur indiquant que le télécopieur du destinataire était occupé. Six nouvelles tentatives le même jour à 15h19, 15h20, 15h23, 15h25, 15h33 et 15h34, ont de nouveau échoué, le télécopieur du destinataire restant occupé. Dans ces circonstances, alors que le numéro de téléphone permettant de joindre le greffier de permanence au tribunal administratif de Lyon ne lui avait pas été communiqué, le requérant justifie avoir été dans l'impossibilité de saisir le tribunal dans le délai qui lui était imparti, pour des raisons indépendantes de sa volonté. Confronté à cette impossibilité technique, le requérant, qui ne bénéficiait d'aucune assistance qualifiée et maîtrise imparfaitement le français, n'était pas tenu de tenter de recourir à un autre mode de saisine. Est dès lors sans incidence la circonstance que la pièce qu'il présente comme un accusé de sa requête sur l'application Télérecours paraît simplement établir qu'il a saisi le 12 novembre à 16h14 le service chargé de l'assistance technique aux usagers de cette application. De même, le requérant, d'ailleurs assigné à résidence dans le département de l'Ain et résidant à Gex, n'était pas tenu de se rendre aux locaux du tribunal administratif à Lyon, dans le département du Rhône, pour tenter d'y déposer sa requête. Enfin, si le requérant n'a pas contacté le greffe du tribunal administratif de Lyon dès son ouverture le lundi matin, il était astreint à se présenter ce jour à 9h00 à la brigade de gendarmerie de Gex. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Ain doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué dans son ensemble :

4. L'arrêté attaqué est signé par M. E B, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux de la préfecture de l'Ain, qui a reçu délégation de la préfète de ce département pour signer de tels actes en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice de la citoyenneté et de l'intégration, par un arrêté du 31 janvier 2022, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire ne peut dès lors être accueilli.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Pour prendre la mesure d'éloignement contestée, la préfète de l'Ain s'est fondée sur le motif tiré de ce que M. C, qui s'est maintenu sur le territoire français après que le renouvellement de son titre de séjour lui ait été définitivement refusé, entre ainsi dans le champ du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité ci-dessus. Elle a en outre relevé, notamment, que si l'intéressé résidait en France depuis cinq années, dont une sous couvert d'un titre de séjour, et que ses deux sœurs y séjourneraient régulièrement, qu'il y travaille ponctuellement, il est célibataire, sans enfant, et s'est livré en juin 2021 à des violences sur son épouse dont il est séparé.

7. D'une part, si M. C conteste s'être livré à des violences contre son épouse, qu'il accuse pour sa part de voies de fait sur sa personne, en tout état de cause, il résulte de l'instruction que la préfète de l'Ain aurait pris la même mesure d'éloignement si elle ne s'était pas fondée sur ce motif.

8. D'autre part, le requérant soutient qu'il réside depuis 5 ans en France où séjournent également ses deux sœurs, qu'il y a travaillé, et est maintenant bénévole pour les restaurants du cœur. Il fait valoir en outre qu'il a quitté le domicile conjugal suite aux violences que son épouse lui faisait subir. Toutefois, il est sans charge de famille en France et il n'apporte pas la preuve de liens réguliers avec ses sœurs qui habiteraient Paris. Il a vécu l'essentiel de sa vie au Maroc, pays dont il a la nationalité et où réside sa mère. Dans ces circonstances, l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, et le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Par ailleurs, alors même que le requérant a interjeté appel du jugement rendu par le tribunal administratif de Lyon le 12 mai 2022, recours qui n'a pas un caractère suspensif, et que la mesure d'éloignement a été prise alors qu'il s'était rendu dans les locaux de la gendarmerie pour y déposer plainte, la préfète de l'Ain n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 en ce qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

10. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision " Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

11. Pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. C, la préfète de l'Ain s'est fondée sur le motif tiré de ce que le renouvellement de son titre de séjour lui ayant été refusé, l'intéressé s'étant soustrait à une précédente mesure d'éloignement et ayant déclaré ne pas vouloir quitter la France, le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français devait être présumé, et qu'il entrait ainsi dans le champ du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. Toutefois, M. C a demandé le renouvellement de son titre de séjour. En outre, s'il a déclaré préférer essayer de rester en France, cela ne saurait être regardé comme un refus explicite de se conformer à une nouvelle obligation de quitter le territoire français, de l'éventualité de laquelle il n'avait pas été informé. Le requérant n'a certes pas déféré à l'obligation de quitter le territoire français prononcée par l'arrêté du 5 novembre 2021. Néanmoins, il établit être détenteur d'un passeport en cours de validité, et résider à une adresse stable, dont il a justifié auprès de la gendarmerie nationale. Il s'est en outre présenté au moins trois fois spontanément aux forces de l'ordre depuis la notification de la précédente mesure d'éloignement, pour y déposer des plaintes. Eu égard à ces circonstances particulières, le risque que M. C se soustraie à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ne paraît pas établi. Le requérant est dès lors fondé à demander l'annulation de l'arrêté en ce qu'il lui refuse l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la fixation du pays de renvoi :

13. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre des dispositions de l'arrêté attaqué fixant le pays de destination de son éloignement.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

15. Il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que M. C est fondé à exciper de l'illégalité du refus de lui octroyer un délai de départ volontaire à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français, prononcée à son encontre sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à l'encontre de la mesure d'assignation à résidence.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 attaqué en ce qu'il refuse de lui octroyer un délai de départ volontaire, prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français et l'assigne à résidence.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. Aux termes de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ". Aux termes de l'article L. 614-18 du même code : " Si la décision d'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 est annulée, il est immédiatement mis fin à cette mesure et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes du premier alinéa de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas () d'extinction du motif de l'inscription ".

18. En premier lieu, l'annulation du refus de délai de départ volontaire n'implique pas la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour à M. C, qui reste soumis à l'obligation de quitter le territoire français. En revanche, cette annulation implique nécessairement que l'administration procède à un réexamen de la situation de M. C, en vue de fixer le délai de départ volontaire qui lui sera accordé. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la préfète de l'Ain, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

19. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 que l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre de M. C implique nécessairement l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen résultant de cette mesure. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à la préfète de l'Ain, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de mettre en œuvre la procédure d'effacement de ce signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent arrêt, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. C réclame sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Ain du 10 novembre 2022 est annulé en tant qu'il refuse l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. C, prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français et l'assigne à résidence.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement de M. C aux fins de non admission dans le système d'information Schengen et de procéder à un réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de l'Ain.

Copie en sera adressée à la SELARL Bescou et Sabatier Avocats Associés.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

J. D,

Premier conseiller

Le greffier,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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