mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 novembre 2022 et 14 mai 2024 sous le n° 2208472, M. A B, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté la demande de renouvellement de son titre de séjour par la délivrance d'un certificat de résidence d'une durée de 10 ans, qu'il avait présentée le 20 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans, ou, à tout le moins, un certificat de résidence algérien d'un an et portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation en l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs formulée le 29 septembre 2022 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'une erreur de fait sur sa communauté de vie avec une ressortissante française, alors qu'il remplit toutes les conditions pour bénéficier de plein droit d'un certificat de résidence algérien de dix années ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6 2° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, en ce qu'il remplit a minima les conditions pour se voir renouveler, de plein droit, son certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal que, par une décision du 15 février 2024, elle a délivré un certificat de séjour algérien d'une durée de validité d'un an à M. B.
II - Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 septembre 2023 et 14 mai 2024 sous le n° 2307620, M. A B, représenté par la Selarl BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, demande au tribunal :
1°) de lui accorder une provision de 20 000 euros sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à valoir sur la réparation du préjudice résultant de l'illégalité du refus opposé à sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui verser cette somme dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le refus implicitement opposé à sa demande est illégal et que la durée anormalement longue de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour l'a confronté à des difficultés pour trouver un emploi et percevoir des prestations sociales, en raison du délai entre chaque récépissé, et lui crée un trouble dans ses conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 et 24 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'elle a délivré un titre de séjour d'un an à M. B, que les fautes alléguées ne sont pas établies et que, en tout état de cause, les préjudices allégués ne sont ni certains, ni en lien direct avec la durée d'instruction de sa demande.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bour, présidente ;
- et les observations de Me Guillaume, substituant Me Bescou, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2208472 et 2307620 concernent une même personne et présentent des questions complémentaires à juger. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. A B, ressortissant algérien né le 31 janvier 1993, a obtenu le 1erdécembre 2020 un certificat de résidence algérien, en qualité de conjoint d'une ressortissante française, d'une durée de validité d'une année. Le 20 septembre 2021, il en a sollicité le renouvellement par la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans. Une décision implicite de rejet étant née du silence gardé par la préfète du Rhône durant plus de quatre mois sur cette demande, M. B demande au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande, et d'autre part, de lui accorder une provision de 20 000 euros, à la charge de l'Etat, à valoir sur la réparation du préjudice résultant de l'illégalité du refus opposé à sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation et injonction :
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision expresse du 15 février 2024, la préfète du Rhône a accordé à M. B un certificat de résidence algérien d'une durée de validité d'un an, du 15 février 2024 au 14 février 2025. Cette décision s'est ainsi substituée à la décision implicite qui était née du silence gardé par l'autorité préfectorale sur cette demande. Dès lors, les conclusions de M. B dirigées contre cette décision implicite doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 15 février 2024, en tant qu'elle lui a refusé la délivrance du certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans qu'il demandait.
4. En premier lieu, il résulte des termes mêmes de la décision explicite du 15 février 2024 qu'elle comporte la mention des textes utiles sur lesquels elle se fonde, notamment les stipulations de l'article 7 bis alinéa a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qu'elle précise le motif, tiré de la menace à l'ordre public, ainsi que les faits sur lesquels se fondent cette appréciation, qui justifie le refus de délivrance d'un titre d'une validité de dix ans. Elle comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En second lieu, si, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, " () le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ", aucune stipulation de cet accord ne prive l'administration française du pouvoir qui lui appartient, en application de la réglementation générale relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser l'admission au séjour d'un ressortissant algérien en se fondant sur la circonstance que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
6. En l'espèce, alors que M. B ne conteste pas, dans ses écritures, le motif de menace à l'ordre public qui lui a été opposé dans la décision du 15 février 2024, il ne peut utilement faire valoir qu'il remplit la condition de mariage à une ressortissante française pour se voir délivrer de plein droit un titre d'une validité de dix années. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 7 bis précité de l'accord franco-algérien et de l'erreur de fait sur sa situation maritale doivent par conséquent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête n° 2208472 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur la demande de provision :
8. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
9. Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
10. M. B sollicite une indemnité provisionnelle de 20 000 euros à valoir sur l'indemnisation du trouble dans ses conditions d'existence qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de délivrance par le préfet du Rhône à compter du 20 janvier 2022 d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix années, et de la durée anormalement longue d'instruction de sa demande avant la prise de la décision du 15 février 2024. Toutefois, en se bornant à soutenir de manière succincte et non circonstanciée qu'il n'a pu trouver d'emploi pérenne compte tenu du délai d'interruption de séjour entre chaque récépissé, et que ses droits à prestations sociales étaient remis en cause entre chaque récépissé, sans produire aucune pièce à l'appui de ses allégations, il n'établit ni le caractère réel et certain du préjudice allégué, ni son lien de causalité direct avec le délai pris par le préfet dans l'instruction de sa demande. Dans ces conditions, la créance dont se prévaut le requérant à l'encontre de l'Etat présente un caractère sérieusement contestable, au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, et il n'est pas fondé à demander qu'une provision lui soit accordée.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, dans ces deux affaires.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2208472 et 2307620 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
A-S. BourL'assesseure la plus ancienne,
V. Jorda
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°s 2208472 - 2307620
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026