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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208542

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208542

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208542
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantIDCHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 novembre et 2 décembre 2022, M. A C, représenté par Me Idchar, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée d'un an portant la mention " vie privée et familiale ",

- à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée d'un an sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

M. C soutient que :

1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2022.

Par un courrier en date du 27 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables à la situation de M. C et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée des stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, né le 26 août 1975, est entré irrégulièrement en France en avril 2019. Le 23 décembre 2021, l'intéressé a sollicité son admission au séjour en raison de l'état de santé de son fils mineur, D né le 12 février 2015. Par un arrêté en date du 9 juin 2022, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (). ". Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ". Selon l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / () ". L'article R. 425-11 de ce code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ".

3. Lorsque le juge constate que la décision attaquée aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui retenu par cette décision, il peut, le cas échéant d'office, substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte ainsi substitué. En l'espèce, si la préfète s'est à tort fondée sur les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. C, elle aurait toutefois pu, eu égard à la demande dont elle était saisie, statuer en mettant en œuvre le même pouvoir d'appréciation, sur le fondement de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Ainsi, la décision trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien qui peuvent être substituées à celles des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, d'une part, que le requérant se trouvait dans la situation où, en application de ces stipulations, la préfète de la Loire pouvait décider qu'elle ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en raison de l'état de santé de son enfant, d'autre part, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, enfin, que l'autorité administrative dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions.

4. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant mineur malade, la préfète de la Loire s'est appropriée la teneur de l'avis rendu par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), le 23 décembre 2021, estimant que si l'état de santé du jeune D nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé algérien, il peut bénéficier d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque. Le requérant conteste cette analyse en invoquant une erreur manifeste d'appréciation de l'autorité administrative en raison de la pathologie complexe de son fils mineur, une arthrogrypose congénitale de type Freeman Sheldon, avec pieds bots bilatéraux, raideurs articulaires, atteinte du bassin et de la colonne vertébrale ainsi que du visage. Il ressort des pièces médicales versées au débat que que le fils de M. C bénéficie d'un suivi pluridisciplinaire en France, principalement au CHU de Saint-Etienne, et qu'il a été reçu en consultation à deux reprises au centre de référence des anomalies du développement et des syndromes malformatifs et maladies neuromusculaires du CHU de Grenoble. Toutefois, si le certificat établi par un médecin du CHU de Grenoble indique que la prise en charge médicale et chirurgicale de l'enfant ne peut se faire en Algérie dans les mêmes conditions qu'en France, ce document, au demeurant ancien puisque rédigé le 14 juin 2016, n'est pas de nature à venir infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII, la circonstance que la prise en charge puisse ne pas être équivalente dans le pays d'origine à celle reçue en France n'étant pas de nature à démontrer que les soins nécessaires n'y seraient pas disponibles. A cet égard, il ressort du certificat médical confidentiel, complété par le professeur suivant l'enfant au CHU de Saint-Etienne, que celui-ci doit effectuer des bilans orthopédiques pluriannuels, bénéficier d'un suivi radiologique et d'un accompagnement médico-social mais aucun document versé au débat n'évoque l'impossibilité de ce suivi en Algérie. Par ailleurs, s'il ressort d'un certificat rédigé par un médecin du CHU de Marseille que l'état de santé de l'enfant nécessite plusieurs interventions chirurgicales et un suivi quotidien par ergothérapie et kinésithérapie, le médecin précisant qu'il n'y a pas de possibilité de prise en charge de ce type de malformation en Algérie, ce document est ancien, puisque daté du 15 juin 2016. Or, le compte rendu de consultation du 9 juin 2021, pièce médicale la plus récente versée à l'instance, indique que l'enfant ne reçoit pas de traitements médicamenteux et ne fait état d'aucune intervention chirurgicale programmée, celles-ci apparaissant dans l'item relatif aux antécédents de l'enfant. Dans ces conditions, dès lors que les pièces médicales produites par M. C ne sont pas de nature à remettre utilement en cause l'analyse du collège des médecins de l'OFII s'agissant de la possibilité pour l'enfant d'être médicalement pris en charge en Algérie, la préfète de la Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer à M. C un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant mineur malade.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5° au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

6. M. C fait état de ce qu'il a été conduit à rejoindre le territoire français car son épouse ne pouvait s'occuper seule de leur fils D, de ce qu'il s'implique fortement dans le quotidien de son enfant pour lequel il a effectué de nombreuses démarches administratives afin d'obtenir des aides pour la prise en charge de son handicap et de ce qu'il a trouvé un emploi en qualité de boulanger pâtissier lui permettant de subvenir aux besoins matériels de ses enfants. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 4, dès lors que l'état de santé de son fils ne nécessite pas son maintien en France pour y recevoir des soins qui ne seraient pas disponibles en Algérie, aucun obstacle ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays dont le requérant, son épouse et leurs deux enfants ont tous la nationalité, où le requérant s'est marié en 2009 et où ses deux enfants sont nés respectivement en 2012 et 2015. Par ailleurs, si M. C indique être en instance de divorce et précise qu'en vertu d'une ordonnance du juge aux affaires familiales du 3 mai 2022, il conserve l'exercice partagé de l'autorité parentale et un droit de visite et d'hébergement, la séparation de M. C et de son épouse demeure sans incidence sur la possibilité pour la cellule familiale de se reconstituer en Algérie. En effet, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'épouse du requérant disposerait d'un droit au séjour en France à la date de la décision attaquée, M. C se bornant à produire un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour de son épouse dont la validité a expiré depuis le 26 mai 2021, ce document précisant que le titre de séjour de son épouse n'était valable que jusqu'au 7 avril 2021. Enfin, le contrat de travail dont se prévaut M. C a été signé postérieurement à la date de la décision attaquée et, entré irrégulièrement en France en avril 2019, M. C a passé l'essentiel de son existence en Algérie où aucun obstacle ne s'oppose à ce qu'il y poursuive son existence. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien susvisé doivent ainsi être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

8. M. C fait état de ce qu'en dépit de la procédure de divorce en cours, il participe à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants mineurs et de ce que l'état de santé de son fils mineur, scolarisé en France, nécessite une prise en charge médicale et la présence de ses deux parents à ses côtés. Toutefois, dès lors que l'état de santé de son fils ne requiert pas des soins qui ne pourraient être obtenus qu'en France et que l'enfant peut bénéficier du suivi médical approprié en Algérie, la cellule familiale du requérant peut se reconstituer dans le pays d'origine où les deux enfants mineurs du requérant ne seront pas séparés de leur mère avec laquelle ils vivent selon les déclarations de M. C qui pourra continuer à participer à leur entretien et leur éducation en Algérie où il n'est pas démontré que ses enfants ne pourraient pas être scolarisés. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses deux enfants. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit ainsi être écarté.

9. En dernier lieu, si le requérant se prévaut des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à supposer que M. C entende soutenir qu'un retour en Algérie serait de nature à exposer son fils mineur à des traitements proscrits par les stipulations précitées en raison de l'impossibilité d'y être médicalement suivi, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'enfant peut bénéficier d'une prise en charge appropriée en Algérie et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine et, ainsi qu'il a été exposé, aucune pièce médicale versée à l'instance ne vient valablement remettre en cause cette analyse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :

10. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En second lieu, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 6.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

A. Baux

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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