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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208546

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208546

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208546
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, M. A C, représenté par Me Sabatier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'un an portant la mention " vie privée et familiale ",

- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle est entachée d'erreurs de fait et d'une erreur de droit en l'absence d'examen préalable, réel et sérieux de sa situation et de sa demande ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'il justifie de sa présence habituelle depuis plus de dix ans en France et elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il appartenait à la préfète de la Loire de saisir préalablement la commission du titre de séjour avant de lui refuser la délivrance de ce titre de séjour de plein droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il est éligible à la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations de l'articles 6, 1) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

3°) s'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :

- elles sont illégales par exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

4°) s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :

- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la durée d'interdiction excède la durée de deux ans prévues par ses dispositions et la décision ne pourrait pas être fondée sur l'article L. 612-11 du même code.

Par une ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 1er octobre 1982, déclare être entré irrégulièrement en France en juin 2002. L'intéressé a fait l'objet, par un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 30 octobre 2013, d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, a été édictée à l'encontre de M. C par un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 17 novembre 2017. Par un nouvel arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 27 novembre 2018, M. C a fait l'objet d'une nouvelle décision portant obligation de quitter le territoire français, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Des décisions similaires ont à nouveau été édictées à son encontre, par un arrêté du 18 juillet 2019. Le 14 janvier 2021, M. C a sollicité, auprès des services de la préfecture de la Loire, la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien. Par un arrêté en date du 20 octobre 2022 dont M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

2. Les décisions attaquées ont été signées par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète de la Loire du 12 juillet 2022, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du lendemain, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire, qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

3. En premier lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision attaquée, ni d'aucune des pièces du dossier que la préfète de la Loire n'aurait pas procédé à un examen préalable, réel et sérieux de la demande et de la situation de M. C avant de refuser son admission au séjour. En effet, la préfète a examiné, ainsi qu'elle en avait été saisie, le droit au séjour de M. C au regard des stipulations de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien susvisé prévoyant la délivrance d'un certificat de résidence d'un an aux ressortissants justifiant par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans. Si le requérant soutient que la préfète n'aurait pas pris en compte l'ensemble des justificatifs qu'il avait versés, il ressort de la lecture de la décision en litige que la préfète a estimé que les documents produits, dont elle a rappelé la nature, n'apportaient aucune preuve certaine et probante de la présence continue de M. C depuis son entrée en France. S'il est loisible au requérant de contester cette analyse, cette divergence d'appréciation ne saurait établir le défaut d'examen invoqué et, par ailleurs, s'agissant de la situation privée et familiale du requérant, la préfète a relevé les éléments déterminants de sa situation en rappelant que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille et qu'il ne justifie de ses conditions de ressources qu'entre décembre 2018 et avril 2019 et entre octobre et décembre 2020. Le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen réel et sérieux doit ainsi être écarté.

4. En deuxième lieu, M. C indique que la préfète de la Loire a commis une erreur de fait en indiquant qu'il est sans attache sur le territoire français alors que ses deux sœurs et son frère y résident. Toutefois, si la présence de membres de la famille du requérant en France n'a pas été mentionnée, il résulte de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision dès lors que l'intéressé, qui au demeurant avait sollicité son admission au séjour en raison de la seule durée de résidence en France, ne démontre pas entretenir de liens particuliers avec les membres de sa famille vivant en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait, tel qu'articulé, doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; () ".

6. Pour refuser la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations précitées, la préfète de la Loire a relevé que l'intéressé ne produisait aucune preuve de présence certaine depuis son arrivée sur le territoire français. La préfète a notamment précisé que le requérant ne justifiait pas de ses conditions d'hébergement depuis la date à laquelle il déclarait être entré sur le territoire, soit depuis 2002, que les seuls courriers de confirmations de rendez-vous à l'hôpital Antoine Declere ne démontraient pas de sa présence effective à ces consultations et que, par ailleurs, il justifiait uniquement de ses conditions de ressources entre le 13 décembre 2018 et le 15 avril 2019 puis entre le 13 octobre 2020 et le 14 décembre 2020. Si le requérant soutient que la préfète ne pouvait remettre en cause le caractère probant des documents produits, il ressort néanmoins des pièces du dossier que les justificatifs produits par M. C sont insusceptibles d'établir sa résidence depuis plus de dix ans en France à la date de la décision en litige, ainsi que l'a valablement estimé l'autorité administrative. En effet, si l'intéressé produit des relevés de comptes bancaires qui permettent d'attester, pour les périodes concernées, sa présence effective sur le territoire français en raison des opérations bancaires effectuées, il ne produit aucun document pour la période allant d'octobre 2013 à avril 2014. S'agissant ensuite des années 2017 et 2018, le requérant produit uniquement comme justificatif démontrant une présence effective en France, le compte rendu d'un examen d'imagerie médicale réalisé le 5 octobre 2017 puis un relevé de situation bancaire du mois d'octobre 2018. Il résulte ainsi de ces éléments que si les pièces produites par M. C permettent de constater sa présence ponctuelle en France, elles demeurent insuffisantes pour attester de ce qu'il y résiderait au cours des dix dernières années, notamment aux périodes sus décrites. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la Loire aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien susvisé en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

7. En quatrième lieu aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

8. Si M. C fait état de la durée de sa présence en France, laquelle serait le gage de la stabilité et de l'intensité des liens privés et familiaux, il ressort des éléments exposés au point 6 que le requérant n'établit pas sa résidence habituelle en France au cours des dix dernières années, ni a fortiori depuis 2002. En outre, la seule durée de son séjour ne saurait démontrer qu'il aurait noué des attaches à la fois anciennes, intenses et stables et si M. C fait état de la présence de son frère et de ses deux sœurs en France, il demeure célibataire et sans charge de famille et n'établit pas entretenir avec eux des liens particuliers. En outre, alors qu'il ressort de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 18 juillet 2019 que M. C a déclaré être marié et avoir deux enfants en Algérie, le requérant n'apporte pas la preuve de ce qu'il ne pourrait poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine. Enfin, si le requérant fait état de sa maîtrise de la langue française, de périodes de travail en France où il a engagé un processus de réinsertion depuis sa sortie de détention, il n'évoque aucune perspective d'insertion professionnelle précise à la date de la décision en litige. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté. Par les mêmes motifs, la préfète de la Loire n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle et familiale de M. C en refusant de l'admettre au séjour.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ".

10. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour lorsqu'il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à ces articles ou, dans le cas des ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien ayant le même objet, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ou stipulations. Ainsi qu'il a été exposé précédemment, M. C ne pouvant se prévaloir de la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en France sur le fondement de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien susvisé, la préfète de la Loire n'était pas tenue de saisir la commission du titre de séjour avant de refuser son admission au séjour. Le moyen tiré du vice de procédure doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

12. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 6, M. C ne pouvant bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6, 1) de l'accord franco-algérien susvisé, il ne saurait soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en l'obligeant à quitter le territoire français au motif qu'il devrait bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour de plein droit faisant obstacle à son éloignement.

13. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la mesure d'éloignement, être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :

14. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :

15. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. " Enfin aux termes de l'article L. 612-11 de ce même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; / 3° L'étranger est revenu sur le territoire français après avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français, alors que l'interdiction de retour poursuivait ses effets. / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public. ". ",

16. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

17. En deuxième lieu, M. C soutient que la préfète de la Loire aurait commis une erreur de droit dans la mesure où les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que la durée d'une interdiction de retour sur le territoire français ne peut excéder deux ans et, qu'ayant déjà fait l'objet par une décision du 27 novembre 2018, d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans puis, à nouveau, par une décision du 17 novembre 2017, d'une nouvelle interdiction de retour d'une durée de deux ans puis, enfin, par une décision du 18 juillet 2019, d'une troisième interdiction de retour, toujours d'une durée de deux ans, la décision en litige conduirait à ce que la durée maximale de cinq ans prévue par les dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soit dépassée. Toutefois, il ressort des termes de la décision en litige, qui n'est fondée sur aucun des trois cas énumérés par les dispositions précitées de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant la possibilité de prolonger une interdiction de retour antérieure, que la préfète n'a pas entendu prolonger une précédente interdiction de retour sur le territoire français mais qu'elle s'est bornée à assortir la mesure d'éloignement concomitante à la décision portant refus de séjour du 20 octobre 2022, d'une nouvelle interdiction de retour sur le territoire français dont la durée, fixée à deux ans, n'a pas vocation à s'ajouter à la durée des mesures antérieures. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit ainsi être écarté.

18. En troisième lieu, pour prononcer à l'encontre de M. C la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et en fixer la durée à deux ans, la préfète de la Loire a relevé, examinant la situation du requérant au regard des critères prévus par l'article L. 612-10 précité, son absence de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables en France, son comportement troublant l'ordre public et le fait qu'il s'était soustrait à plusieurs mesures d'éloignement. Si le requérant soutient que la préfète n'aurait pas pris en compte sa durée de présence en France depuis vingt ans, il ressort néanmoins des éléments exposés précédemment que l'intéressé ne justifie pas de la durée de séjour dont il se prévaut. Par ailleurs, s'agissant de ses liens privés et familiaux en France, M. C qui demeure célibataire et sans charge de famille sur le territoire français où l'exercice d'activités salariées, révolues à la date de la décision en litige, ne permettent pas de démontrer des liens d'une nature particulière, se borne à produire les copies de pièce d'identité et titre de séjour de deux membres de sa famille. Ensuite, si M. C soutient que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, il ressort toutefois du bulletin numéro 2 de son casier judiciaire, versé à l'instance par la préfète de la Loire, qu'il a notamment été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à deux ans d'emprisonnement pour des faits de transport, détention, cession non autorisés de stupéfiants, à deux ans d'emprisonnement pour des faits d'escroquerie et de recel de bien provenance d'un vol par un jugement du même tribunal du 18 décembre 2018 et qu'il a de nouveau été condamné, le 8 juillet 2019, par ce même tribunal correctionnel à trois mois d'emprisonnement pour rébellion, conduite sans permis et sous l'empire d'un état alcoolique en récidive et refus d'obtempérer. Au regard des condamnations réitérées et récentes de M. C, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que la préfète a pu retenir l'existence d'une menace à l'ordre public pour édicter à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français et en fixer la durée à deux ans, le requérant ayant également fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement en 2013, 2017, 2018 et 2019. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce tenant à l'absence d'attaches intenses et stables en France, à la menace pour l'ordre public que représente son comportement et aux quatre précédentes mesures d'éloignement dont M. C a fait l'objet, la préfète de la Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée à deux ans.

19. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, être écarté par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés au point 8.

20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.

Le rapporteur,

N. B

La présidente,

A. Baux

La greffière,

S. Rolland

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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