LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208552

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208552

mercredi 23 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantLAUBRIET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022, M. D demande au Tribunal d'annuler les décisions du même jour par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, et l'a interdit de retour pendant douze mois.

Il soutient qu'il n'est pas l'auteur du vol qui lui est reproché, que son éloignement compromettrait gravement sa situation familiale dès lors qu'il vit avec une compagne de nationalité italienne avec laquelle il a un enfant en bas âge et qu'il souhaite s'intégrer.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la désignation d'office de Me Laubriet,

- la prestation de serment de Mme C, interprète en langue albanaise,

- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Laubriet pour le requérant qui conclut aux mêmes fins que la requête en qualifiant les écritures comme soulevant un moyen tiré de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la mesure d'éloignement ;

- les déclarations de M. D, assisté de Mme C, qui précise qu'il a vécu en Albanie pendant 5 ans avec sa compagne avant d'entrer en France, qu'ils ont eu un enfant né le 1er octobre 2020 à Toulouse mais qu'il n'est pas en mesure de produire un acte d'état civil le concernant et que ses parents vivent en Albanie ;

- les déclarations de Mme A, compagne de M. D, qui, produisant son passeport italien, confirme qu'elle a vécu en Albanie (où elle est née) avec sa mère de nationalité albanaise et son père de nationalité italienne puis avec le requérant et indique que son enfant ne dispose pas de document d'identité et qu'ils ne sont pas mariés ;

- et les observations de Mme E pour le préfet du Rhône qui conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.

Les parties ayant été informées en cours d'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 776-25 du code de justice administrative, que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré d'un défaut de base légale dès lors que M. D a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire fondée sur un refus d'asile qui a été intégralement exécutée.

En réponse, Mme E a relevé que l'intéressé n'établissait pas être entré régulièrement en France compte tenu de l'interdiction de retour alors exécutoire et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Elle a demandé, en conséquence, une substitution de base légale et de motifs fondée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

L'instruction ayant été close après que les parties ont formulé toutes leurs observations orales, conformément à l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant albanais né en 1998, est entré pour la première fois en France le 1er octobre 2019. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 septembre 2020 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 16 décembre 2020. Par décisions du 28 octobre 2020, le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, sur le fondement du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable, et lui a interdit le retour pendant un an. Par jugement n° 2002283 rendu le 24 décembre 2020, le magistrat désigné par le président du Tribunal administratif de Caen a rejeté le recours de M. D à l'encontre de ces décisions. Interpellé le 17 novembre 2022 par les services de police à Oullins, M. D, assigné à résidence à la date de sa requête, fait l'objet, par décisions prises le lendemain par le préfet du Rhône dont il demande l'annulation, d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité, cette fois-ci sans délai, assortie d'une interdiction de retour pendant douze mois.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire prononcée le 28 octobre 2020 sur le fondement du refus définitif de reconnaitre à M. D la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a fait l'objet d'une exécution forcée le 28 septembre 2021 après un placement au centre de rétention administrative de Saint-Jacques-de-la-Lande. En l'absence de demande de réexamen qui aurait été rejetée par les instances compétentes après que M. D est revenu en France, le préfet du Rhône ne pouvait légalement fonder une nouvelle fois l'obligation de quitter le territoire sur le rejet définitif d'une demande d'asile qui a épuisé ses effets. Toutefois, la représentante du préfet du Rhône demande une substitution de motifs et de base légale dès lors que M. D ne justifie pas être entré régulièrement en France après l'exécution de la première mesure d'éloignement, alors qu'une interdiction de retour était en vigueur, et s'y est maintenu ensuite sans être titulaire d'un titre de séjour.

4. A supposer même que l'intéressé soit titulaire d'un passeport albanais de type biométrique, son entrée en France ne peut en effet être regardée comme régulière compte tenu de l'interdiction de retour alors exécutoire et, en tout état de cause, en l'absence de justificatifs permettant d'établir qu'il dispose de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans son pays d'origine, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens, conformément au règlement n° 539/2001/CE du 15 mars 2001 tel que modifié par le règlement (UE) n° 1091/2010 du 24 novembre 2010 et le c) du 1 de l'article 6 du règlement n° 2016/399/UE du 9 mars 2016 dit " code frontières Schengen " (ensemble son annexe I). Il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce motif existant à la date de la décision attaquée et cette base légale qui ne privent le requérant d'aucune garantie de procédure et qui suffisent à fonder légalement sa décision d'éloignement.

5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire () à la sûreté publique, () à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D réside en France depuis environ un an après son retour irrégulier sur le territoire français en méconnaissance d'une interdiction exécutoire jusqu'au 28 septembre 2022. S'il fait valoir la présence en France de sa compagne de nationalité italienne et leur enfant âgé de deux ans et demi, il est constant que le couple est entré une première fois en 2019 après avoir vécu ensemble en Albanie pendant 5 ans, Etat dans lequel sa compagne est née d'un parent en ayant la nationalité de sorte qu'il n'est pas établi que le couple est dans l'impossibilité d'y poursuivre leur vie privée et familiale. En outre, il n'est produit aucun acte de naissance ou document d'identité permettant d'établir la filiation de M. D avec l'enfant Mukadez né à Toulouse le 1er octobre 2020 d'une part, et d'autre part, il n'est pas allégué que Mme A justifierait actuellement du droit de séjourner en France pour une durée supérieure à 3 mois dans les conditions requises par l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage établi, par ailleurs, que la poursuite de la vie familiale ne peut avoir lieu en Italie dans les conditions requises par la législation de cet Etat membre de l'Union européenne. Dans ces conditions, il n'apparait pas que l'obligation de quitter le territoire français édictée à l'encontre de M. D emporte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale eu égard aux buts poursuivis par une telle décision.

7. En dernier lieu, M. D ne soulève spécifiquement aucun moyen à l'encontre des autres décisions, en particulier l'interdiction de retour prononcée en même temps que la mesure d'éloignement, mais soutient qu'il n'est l'auteur d'aucun vol. Si les seuls éléments mentionnés dans les procès-verbaux de garde à vue ne permettent pas, en effet, de tenir pour établi que M. D a commis une soustraction frauduleuse de la chose d'autrui révélant un comportement de nature à menacer l'ordre public au sens de l'article L. 612-10 du code précité, il n'en reste pas moins que l'absence de délai de départ volontaire devait conduire l'autorité préfectorale à assortir la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour en l'absence de circonstances humanitaires en application de l'article L. 612-6 du même code. Compte tenu des autres motifs retenus par le préfet du Rhône portant sur la faible ancienneté de son séjour et l'absence de liens ancrés sur le territoire, et des éléments invoqués à l'audience portant sur la soustraction à une interdiction de retour en vigueur lorsqu'il a pénétré pour la dernière fois en France, il apparait qu'il aurait retenu la même durée d'un an, qui n'est pas la durée maximale, en se fondant seulement sur ceux-ci. Par suite, l'illégalité qui entache l'appréciation ainsi émise sur l'un des motifs n'est pas de nature à justifier l'annulation même partielle de l'interdiction de retour.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 18 novembre 2022. Sa requête doit, dès lors, être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet du Rhône.

Copie pour information en sera adressée à Me Laubriet.

Rendu public par mis à disposition au greffe le 23 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

G. MontézinLa République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions