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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208564

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208564

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208564
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL PAILLAT CONTI BORY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, Mme B C, représentée par Me Lopez, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté modificatif du 20 septembre 2022 par lequel le président de l'Université Claude Bernard - Lyon I a prononcé sa mise à la retraite pour invalidité et sa radiation des cadres à compter du 29 janvier 2021, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;

2°) d'enjoindre au président de l'Université Claude Bernard - Lyon I de la réintégrer dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Université Claude Bernard - Lyon I une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il y a urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté litigieux, qui affecte de manière suffisamment grave et immédiate sa situation ; en effet, cet arrêté entraîne d'une part, la perte de la qualité de fonctionnaire et d'autre part, la prive d'emploi et de revenus et ne lui permet dès lors plus d'assurer le paiement de ses charges courantes ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, les moyens tirés :

du vice de procédure en l'absence de convocation à la nouvelle séance de la commission de réforme qui s'est tenue le 7 juillet 2022, en méconnaissance de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

de ce qu'en méconnaissance de l'article 18 du décret du 14 mars 1986 susmentionné désormais prévues par l'article 14 du décret du 11 mars 2022, le médecin de prévention n'a été informé ni de la tenue de la réunion du comité médical ni de la tenue des réunions de la commission de réforme ;

de ce que le président de l'Université Claude Bernard - Lyon I, considérant qu'elle était définitivement inapte à toutes fonctions, a entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation ; en effet, en méconnaissance de l'article L. 826-2 du code général de la fonction publique et des articles 1, 2 et 3 du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dès lors que son inaptitude n'était pas définitive et absolue mais seulement liée aux fonctions qu'elle exerçait préalablement à son arrêt de travail, l'administration devait chercher à la reclasser ;

de ce qu'en méconnaissance des articles 27 et 48 du décret du 14 mars 1986 susmentionné, dès lors qu'elle n'était pas définitivement inapte à toutes fonctions, l'administration aurait dû la placer en position de disponibilité d'office,

du détournement de procédure et de ce que la décision attaquée constitue une sanction déguisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, l'Université Claude Bernard - Lyon I, représentée par Me Bory, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire, à ce que la suspension ne soit pas ordonnée et au rejet des autres conclusions ;

- à titre infiniment subsidiaire, dans le cas où la suspension serait ordonnée, à ce que la demande d'injonction soit rejetée.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la requérante, qui n'a pas demandé la liquidation de sa pension, continue à percevoir un demi-traitement versé, à titre dérogatoire, par l'Université ; en outre, l'intéressée aurait dû être privée de tout traitement dès lors qu'elle avait épuisé ses droits à congés et qu'elle ne démontre pas qu'elle aurait pu être reclassée ; enfin, Mme C n'assume pas seule les charges de son foyer ;

- aucun des moyens de la requête n'est susceptible de créer un doute sérieux quant la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 novembre 2022 sous le numéro 2208563 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Lopez, représentant Mme C qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et qui précise que

la condition d'urgence est remplie ainsi que l'avait constaté le précédent juge des référés ;

est propre à créer un doute sérieux l'absence de convocation du médecin de prévention dès lors qu'il aurait pu fournir des éléments sur la situation de Mme C alors qu'un unique rapport a été établi sur son état de santé ;

- les observations de Me Bory, représentant l'Université Claude Bernard - Lyon I qui persiste dans ses écritures et souligne que l'intéressée a toujours refusé de se rendre aux convocations ou expertises qui lui ont été adressées ; la réunion de la commission de réforme qui s'est tenue le 7 juillet 2022 avait pour seul objet de rectifier le procès-verbal de la précédente réunion sans qu'il ait été nécessaire d'y convoquer la requérante ; enfin, son inaptitude a été reconnue par plusieurs médecins différents.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, adjointe technique principale de recherche et de formation, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté modificatif du 20 septembre 2022 par lequel le président de l'Université Claude Bernard - Lyon I a prononcé sa mise à la retraite pour invalidité et sa radiation des cadres à compter du 29 janvier 2021.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. Les moyens invoqués par Mme C à l'appui de sa demande de

suspension et énoncés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête ensemble celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à l'université Claude Bernard Lyon 1.

Fait à Lyon le 15 décembre 2022.

La juge des référés,

A. A

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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