vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208617 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 novembre et 22 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) ;
2°) enjoindre au préfet du Rhône :
- en cas d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation à compter de la même date et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
- en cas d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination, de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
- de procéder à l'effacement de son signalement à fin de non-admission dans le SIS, à compter de la même date ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée en fait au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait été émis dans des conditions régulières préalablement à son édiction ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet du Rhône s'est cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'OFII ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'elle fait état de ce qu'elle ne justifierait pas de liens personnels et familiaux stables et intenses sur le territoire français, alors que son fils réside en France depuis le mois de février 2018 et que la cour administrative d'appel de Lyon a notamment enjoint au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourra effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 23 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2022.
Une mesure supplémentaire d'instruction a été diligentée le 4 janvier 2023, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, afin que le préfet du Rhône verse au dossier, d'une part, l'avis émis le 4 mars 2022 par le collège de médecins du service médical de l'OFII sur la demande de titre de séjour présentée Mme B, d'autre part, la date du rapport médical au vu duquel ce collège a rendu son avis, et, enfin, le nom du médecin ayant rédigé ce rapport.
Le préfet du Rhône a produit, le 5 janvier 2023, ces pièces, qui ont été communiquées à la requérante.
Par un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, Mme B a produit des observations en réponse à ces pièces.
Elle soutient que :
- l'avis émis par le collège de médecins du service médical de l'OFII est insuffisamment motivé, dès lors qu'il ne se prononce pas sur le critère de la disponibilité de son traitement dans son pays d'origine ;
- la qualité du médecin rapporteur mentionnée dans cet avis n'est pas démontrée ;
- il n'est pas davantage démontré que les trois médecins ayant signé cet avis se soient réunis physiquement ou au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle pour délibérer.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;
- le décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 8 novembre 1958, est entrée en France le 6 août 2015. Après avoir déposé, le 1er février 2016, une demande d'asile qui a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 28 septembre suivant, que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 17 mars 2017, l'intéressée a fait l'objet, le 4 mai suivant, d'un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal en date du 25 septembre 2017. Mme B a toutefois sollicité des services de la préfecture du Rhône, le 1er août 2017, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable. Par un arrêté du 7 juin 2019, dont la légalité a été confirmée tant par le tribunal administratif, le 17 mars 2020, que par la cour administrative d'appel de Lyon, le 6 mai 2021, le préfet du Rhône a de nouveau refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office. L'intéressée s'est toutefois maintenue sur le territoire national et a sollicité des services de la préfecture du Rhône, le 4 octobre 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 septembre 2022, dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a de nouveau refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision contestée vise les textes dont elle fait application, en particulier la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de faits propres à la situation personnelle de Mme B, dont les éléments sur lesquels le préfet du Rhône s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si la requérante fait notamment état de ce que la décision attaquée ne mentionne pas sa résidence en France depuis bientôt six ans ni celle de son fils depuis le 3 février 2018, ces circonstances sont sans incidence sur sa motivation, dès lors que l'autorité préfectorale n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressée. Au demeurant, et tout état de cause, Mme B n'a sollicité la délivrance d'un titre de séjour qu'au regard de son état de santé et le préfet du Rhône ne s'est pas prononcé sur son droit au séjour au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, la décision contestée, qui comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et permettent ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. / La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Selon les termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2020 portant partie réglementaire du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les références à des dispositions abrogées par le présent décret sont remplacées par les références aux dispositions correspondantes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction annexée au présent décret. ". Et aux termes l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale, mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 du CESEDA, sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. / Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. / Lorsque les conséquences d'une exceptionnelle gravité ne sont susceptibles de ne survenir qu'à moyen terme avec une probabilité élevée (pathologies chroniques évolutives), l'exceptionnelle gravité est appréciée en examinant les conséquences sur l'état de santé de l'intéressé de l'interruption du traitement dont il bénéficie actuellement en France (rupture de la continuité des soins). Cette appréciation est effectuée en tenant compte des soins dont la personne peut bénéficier dans son pays d'origine. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Et selon les termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est délivrée par le préfet au vu d'un avis émis par un collège de trois médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), après transmission à ce collège d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII ne siégeant pas au sein dudit collège. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
6. En l'espèce, il ressort des pièces produites en défense qu'au cours de l'instruction de la demande de titre de séjour présentée par Mme B, le collège de médecins du service médical de l'OFII, composé de trois médecins, a rendu un avis le 4 mars 2022 au vu d'un rapport médical rédigé par un autre médecin, le 21 janvier 2022, qui lui a été transmis le 26 janvier suivant. Cet autre médecin est intervenu dans la procédure en qualité de médecin rapporteur, ainsi que cela ressort tant de l'en-tête de cet avis que du bordereau versé au débat. Par ailleurs, ces quatre médecins ont été régulièrement désignés par la décision du directeur général de l'OFII en date du 1er octobre 2021, modifiant celle du 17 janvier 2017 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de l'OFII. En outre, l'avis du collège de médecins du service médical de l'OFII en date du 4 mars 2022, signé par les trois médecins composant ce collège, mentionne expressément qu'il a été rendu " après en avoir délibéré ", et si la requérante soutient qu'il n'est pas démontré que ces médecins se soient réunis physiquement ou au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle pour délibérer, cette argumentation, qui consiste en des allégations générales, ne peut être considérée comme une contestation sérieuse de nature à remettre en cause l'existence d'une délibération. Enfin, si Mme B soutient que cet avis serait insuffisant motivé, il ressort de ses termes que, conformément aux dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif, notamment, aux conditions d'établissement de l'avis mentionné par ces mêmes dispositions, il se prononce sur l'état de santé de l'intéressée, la nécessité d'une prise en charge médicale et sur l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité que le défaut de cette prise en charge pourrait entrainer. Contrairement à ce que soutient la requérante, la circonstance qu'il ne mentionne pas si le traitement qui lui a été prescrit et qui est adapté à son état de santé est commercialisé au Cameroun n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée, dès lors que le collège de médecins du service médical de l'OFII a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il n'était ainsi pas tenu, à peine d'irrégularité de son avis, de se prononcer sur le point de savoir si eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'un vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
7. Ensuite, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Rhône se serait cru lié par l'avis du collège de médecins du service médical de l'OFII, ni qu'il n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B. À cet égard, si la requérante soutient que l'autorité préfectorale n'aurait pas pris en compte sa résidence en France depuis bientôt six ans ni celle de son fils depuis le 3 février 2018, et qu'elle ne pouvait sérieusement lui opposer son absence de logement propre et de situation professionnelle alors qu'elle n'était pas autorisée à y travailler, cette divergence d'analyse sur l'ancienneté, l'intensité et la stabilité de ses liens privés et familiaux sur le territoire français n'est pas davantage de nature à établir le défaut d'examen invoqué, alors au demeurant que l'intéressée n'a sollicité que la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étrangère malade et que le préfet du Rhône ne s'est pas prononcé sur son droit au séjour au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit sont infondés et doivent être écartés.
8. Enfin, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à Mme B, le préfet du Rhône s'est approprié le sens de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII qui a estimé que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour elle de conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requérante entend contester cette analyse en soutenant, d'une part, qu'elle est atteinte d'un diabète de type II dont le défaut de prise en charge médicale entrainera une " mise en jeu de son pronostic vital ou, à tout le moins, une atteinte à son intégrité physique et/ou une altération significative d'une fonction importante ", et, d'autre part, qu'elle ne pourra effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, si Mme B se prévaut d'un article relatif aux effets du diabète sur la santé cardio-vasculaire, publié le 22 septembre 2021 sur le site internet de la " Fondation Recherche Cardio-Vasculaire (Institut de France) ", et si elle produit deux ordonnances datées des 20 juin et 22 septembre 2022 pour la délivrance d'un traitement composé de deux médicaments prescrits pour sa pathologie, une attestation rédigée par un médecin généraliste le 26 octobre suivant, soit postérieurement à la date de la décision contestée, aux termes de laquelle elle " présente un diabète de type de type 2 depuis novembre 2020, équilibré sous bithérapie, associant un analogue de GLP1 qui n'existe probablement pas dans son pays d'origine, et de la metformine ", et précisant que " l'accès à un suivi régulier est important ", que " l'absence de traitement peut avoir des conséquences graves sur le long terme ", et qu' " actuellement elle présente une rétinopathie diabétique débutante nécessitant également un suivi spécialisé ", ainsi qu'un courrier de la société Lilly France, daté du 4 août 2021, faisant état de l'indisponibilité au Cameroun de l'une de leur spécialité pharmaceutique antidiabétique, ces éléments ne sont pas de nature à infirmer l'analyse du collège de médecins du service médical de l'OFII sur la circonstance que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, dès lors qu'ils ne démontrent, ni que son état de santé présente une probabilité élevée, à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné, de mise en jeu de son pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante, ni une probabilité élevée, à moyen terme, de conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas d'interruption du traitement dont elle bénéficie actuellement. Par ailleurs, si Mme B soutient qu'elle ne pourra effectivement avoir accès à l'un des médicaments commercialisés par la société Lily France et composant son traitement, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Cameroun, elle ne démontre pas davantage qu'elle ne pourra effectivement y bénéficier d'une autre molécule indispensable au traitement de sa pathologie. Dans ces conditions, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur leur fondement.
9. En troisième lieu, si Mme B soutient que c'est à tort que le préfet du Rhône a retenu qu'elle ne justifiait pas de liens personnels et familiaux stables et intenses sur le territoire français, dès lors que son fils y réside depuis le mois de février 2018 et que la cour administrative d'appel de Lyon a enjoint à l'autorité préfectorale, le 20 octobre 2022, de délivrer à ce dernier une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois, cette divergence d'analyse relative à la stabilité et à l'intensité de ses liens privés et familiaux en France n'est pas de nature à établir l' " erreur de fait " invoquée. Au demeurant, et en tout état de cause, Mme B n'a sollicité la délivrance d'un titre de séjour qu'au regard de son état de santé et le préfet du Rhône ne s'est pas prononcé sur son droit au séjour au regard de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
10. En quatrième lieu, Mme B n'ayant sollicité que la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étrangère malade et le préfet du Rhône ne s'étant pas prononcé sur son droit au séjour à un autre titre, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et ne peut, par suite, qu'être écarté.
11. En dernier lieu, Mme B soutient que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son état de santé et de ses fortes attaches personnelles sur le territoire français. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale, son défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par ailleurs, si Mme B se prévaut de la présence en France de l'un de ses fils depuis le 3 février 2018, elle ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité de ses liens avec ce dernier en produisant une unique attestation, datée du 5 décembre 2022, par laquelle l'intéressé fait état de ce qu'il serait hébergé à proximité de l'hébergement de la requérante et lui rendrait fréquemment visite pour l'assister dans son quotidien. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que par un arrêt du 20 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Lyon, après avoir annulé l'arrêté du 7 février 2020 par lequel le préfet du Rhône avait notamment refusé de délivrer au fils de la requérante un titre de séjour, a enjoint à l'autorité préfectorale de délivrer à ce dernier une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", compte tenu de son état de santé, dans un délai de deux mois, cette circonstance, postérieure à l'édiction de la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité, alors au demeurant que Mme B n'établit ni même n'allègue que sa présence auprès de son fils ou que la présence de ce dernier auprès d'elle seraient indispensables. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle et familiale de la requérante en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
14. Si Mme B se prévaut d'une " violation de l'article L. 611-3 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté comme inopérant.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
16. Mme B soutient qu'elle a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, dès lors qu'elle y réside depuis " bientôt " six années, qu'elle y dispose de fortes attaches personnelles, compte tenu de la présence de son fils qui a désormais vocation à y demeurer régulièrement et qu'elle accompagne, et que son état de santé ne lui permet pas d'envisager la reconstruction d'une vie normale dans son pays d'origine où elle se retrouverait sans ressources. Toutefois, la requérante, célibataire et sans charge de famille en France où elle se maintient irrégulièrement en dépit de deux précédentes mesures d'éloignement dont elle a fait l'objet les 4 mai 2017 et 7 juin 2019, et dont la légalité a été confirmée par les juridictions administratives compétentes, n'y justifie ni de liens privés et familiaux suffisamment anciens, intenses et stables, l'attestation rédigée par son fils majeur le 5 décembre 2022 s'avérant insuffisante à cet égard, ni d'une insertion sociale et professionnelle particulière. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que par un arrêt du 20 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Lyon, après avoir annulé l'arrêté du 7 février 2020 par lequel le préfet du Rhône avait notamment refusé de délivrer au fils de la requérante un titre de séjour, a enjoint à l'autorité préfectorale de délivrer à ce dernier une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", compte tenu de son état de santé, dans un délai de deux mois, cette circonstance, postérieure à l'édiction de la décision contestée, est sans incidence sur sa légalité, alors au demeurant que Mme B n'établit ni même n'allègue que sa présence auprès de son fils majeur ou que la présence de ce dernier auprès d'elle seraient indispensables. Enfin, la requérante n'établit ni même n'allègue être dépourvue de toute attache au Cameroun, pays où elle a vécu l'essentiel de son existence et où résident, selon les termes non contestés de la décision attaquée, ses quatre enfants majeurs ainsi que son frère. Dès lors, et outre le fait que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, la requérante ne peut être regardée, en l'état des pièces du dossier, comme étant en situation d'isolement dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de l'intéressée, le préfet du Rhône n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :
18. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon les termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-8 de ce code prévoit que : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
19. D'autre part, selon les termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
20. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
21. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
22. En l'espèce, il ressort des termes de la décision contestée que pour prononcer à l'encontre de Mme B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, le préfet du Rhône s'est fondé sur les circonstances tirées, d'une part, de ce qu' " en application des articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une interdiction de retour peut être prononcée à l'encontre de l'étranger obligé de quitter le territoire français ", d'autre part, de ce que " l'examen de la situation de (la requérante) relatif au prononcé (d'une telle interdiction) et à sa durée a été effectué au regard notamment de la durée de sa présence sur le territoire (national), de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il (sic) a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public ", et, enfin, de ce que " compte tenu des circonstances de l'espèce, il (lui) a paru justifié de prononcer à l'encontre de (l'intéressée) une interdiction de retour pour une durée de six mois ". Or, si une telle motivation comporte les considérations de droit qui constituent le fondement de la décision attaquée et atteste de la volonté de prise en compte par l'autorité préfectorale de l'ensemble des critères prévus par la loi, elle ne fait aucunement état des considérations de fait propres à la situation personnelle de Mme B sur lesquelles le préfet du Rhône s'est fondé pour fixer, à l'aune de ces quatre critères, la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre. Par suite, en l'absence d'une motivation en fait ayant permis à l'intéressée de la contester utilement, la seule référence aux " circonstances de l'espèce " s'avérant insuffisante à cet égard, la requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'une insuffisance de motivation en fait, au regard des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
23. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 29 septembre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, en l'informant qu'elle faisait l'objet d'un signalement à fin de non-admission dans le SIS.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. En vertu des dispositions de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Selon les termes de l'article R. 613-7 du même code : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement. ". Et l'article 7 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées prévoit que : " Les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont effacées sans délai en cas d'aboutissement de la recherche ou d'extinction du motif de l'inscription. ".
25. Le présent jugement, qui ne prononce que l'annulation de la décision du 29 septembre 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois implique seulement et nécessairement que l'autorité préfectorale mette en œuvre la procédure d'effacement de son signalement à fin de non-admission dans le SIS résultant de cette interdiction de retour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de mettre en œuvre cette procédure d'effacement dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
26. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 29 septembre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a prononcé à l'encontre de Mme B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement de Mme B à fin de non-admission dans le SIS dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
Le rapporteur,
C. A
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026