mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2022, M. B, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) d'annuler les deux décisions du 16 juin 2022 et la décision du 21 septembre 2022 par lesquelles le maire de la commune de Lyon a rejeté ses recours gracieux contre les décisions du 8 avril 2022 mettant fin à son abonnement sur le marché de la Croix-Rousse et a refusé sa réintégration sur ce marché aux emplacements n° 104 et 164 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lyon une somme de 1 800 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles se fondent sur l'arrêté du 10 mai 2016 portant règlement général des marchés de Lyon qui ne lui est pas opposable faute de lui avoir été préalablement communiqué ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 6 du règlement général des marchés de de Lyon ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, la commune de Lyon conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'arrêté municipal du 10 mai 2016 portant règlement général des marchés de Lyon ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Tonnac, conseillère ;
- les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Sahraoui, représentant la ville de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
2. En l'espèce, M. B, qui conteste les seules décisions portant rejet de ses recours gracieux, doit être regardé comme contestant également les décisions du 8 avril 2022 par lesquelles le maire de Lyon a mis fin à son abonnement sur le marché de la Croix-Rousse et a déclaré vacants les emplacements n° 104 et 164 qu'il occupait.
3. En premier lieu, les vices propres des décisions portant rejet du recours gracieux de M. B ne peuvent être utilement contestés devant le juge de l'excès de pouvoir. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions du 16 juin 2022 et du 21 septembre 2022 doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 221-2 du code des code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. / Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " I.- Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article () / III.- Les actes réglementaires et les décisions ne présentant ni un caractère réglementaire, ni un caractère individuel font l'objet d'une publication sous forme électronique () / VI.- Lorsqu'une personne demande à obtenir sur papier un acte publié sous forme électronique, le maire le lui communique ". Aux termes de l'article L. 2224-18 du même code : " Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale après consultation des organisations professionnelles intéressées ".
5. L'arrêté municipal du 10 mai 2016 portant règlement général des marchés de Lyon a la nature d'un acte règlementaire, entré en vigueur le lendemain de sa publication sous forme électronique sur le site internet de la commune de Lyon et, en l'absence de dispositions législatives ou règlementaires particulières, opposable à tous dès l'accomplissement de cette formalité. Alors que M. B n'allègue pas avoir demandé à obtenir sur papier cet acte, conformément au VI précité de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, cet arrêté n'avait donc pas à lui être communiqué. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions litigieuses seraient fondées sur un acte qui ne lui était pas opposable faute de lui avoir été notifié.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 du règlement général des marchés de Lyon : " en cas de maladie ou accident grave de la personne physique déclarée, attestés par un arrêt de travail, le titulaire de l'autorisation d'occuper le domaine public peut, sur demande écrite adressée au Maire de Lyon, obtenir son remplacement, par une personne de son choix, non elle-même permissionnaire après agrément donné par la Ville de Lyon. / Seul l'original de l'arrêt de travail dûment délivré et envoyé à la Ville de Lyon dans les 8 jours suivant l'interruption (le cachet de la poste faisant foi), peut justifier d'un manque de fréquentation sur les marchés. / En cas d'absence de huit semaines consécutives sans motif valable : / - le titulaire abonné verra ses emplacements déclarés vacants, / - le titulaire au rappel sera radié de la liste de rappel ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les services de la commune de Lyon ont constaté la présence de M. B à la place n° 164 du marché de la Croix-Rousse jusqu'au 22 octobre 2021, puis son absence du 23 octobre au 20 décembre 2021 et enfin son retour à compter du 21 décembre 2021. Ainsi, M. B a été absent de la place qui lui était attribuée durant huit semaines et deux jours. Pour ce qui concerne la place n° 104, l'intéressé a été absent du 23 octobre 2021 au 29 janvier 2022 soit pendant plus de trois mois. Or M. B n'a adressé son arrêt de travail à la commune de Lyon que le 1er avril 2022, soit plus de cinq mois après le début de son interruption, alors qu'il disposait d'un délai de huit jours pour ce faire en application des dispositions précitées de l'article 6 du règlement général des marchés de Lyon. Dans ces conditions, contrairement à ce qui est soutenu, le maire de Lyon a pu légalement estimer que M. B, avait été absent, sans motif valable, pendant huit semaines consécutives et, pour ce motif, mettre fin à son abonnement sur le marché de la Croix-Rousse et déclarer vacants les emplacements n° 104 et 164 qu'il occupait. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En dernier lieu, il n'est pas contesté que l'absence de M. B a dépassé le seuil de huit semaines fixé par le règlement général des marchés de Lyon, alors même qu'il est présent, et avant lui son père, sur le marché de la Croix Rousse depuis 2008 et serait connu et apprécié de tous. Or le requérant n'apporte aucun élément de nature à expliquer que son arrêt de travail n'ait été transmis aux services de la commune de Lyon que plus de trois mois après son retour sur le marché. Alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B, qui se borne à évoquer des problèmes de santé au genou, aurait fait valoir des circonstances particulières rendant impossible de demander son remplacement pendant la durée de son absence, il n'est pas fondé à soutenir que le maire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Lyon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme à verser à la ville de Lyon à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Lyon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Lyon.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La rapporteure,
A. de Tonnac
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026