vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Rodrigues, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite, née le 4 février 2022, par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " travailleur temporaire " et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sans la mention " à titre accessoire " dans un délai de huit jours ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande et, dans l'attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sans la mention " à titre accessoire " dans un délai de huit jours ;
4°) de condamner l'État à lui verser la somme totale de 7 500 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 28 mars 2022, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis du fait :
- de l'illégalité de la décision du 31 octobre 2019 par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ", et a décidé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ;
- du délai déraisonnable de traitement de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève ", valide du 31 octobre 2019 au 30 octobre 2020, et de l'illégalité du refus d'enregistrement de cette demande au mois de mars 2021 ;
- et de l'illégalité de la décision implicite précitée du 4 février 2022.
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser cette même somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne ses conclusions à fin d'annulation :
- la décision implicite contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne ses conclusions indemnitaires :
- l'illégalité de la décision du 31 octobre 2019 par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ", et a décidé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", constitue une première faute de nature à engager la responsabilité de l'État ; en effet :
• cette décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'autorité préfectorale ne pouvait légalement se fonder sur le motif tiré de ce qu'il n'avait pas produit un contrat d'apprentissage ;
• ladite décision est constitutive d'une rupture d'égalité vis-à-vis d'autres jeunes étrangers majeurs suivant une formation ;
- le délai déraisonnable de traitement de sa demande de renouvellement de titre de séjour par les services de la préfecture du Rhône, ainsi que le refus d'enregistrement non motivé de cette demande au mois de mars 2021, constituent des fautes de nature à engager la responsabilité de l'État ;
- l'absence de renouvellement de ce titre de séjour que les services de la préfecture du Rhône se devaient de renouveler constitue également une faute de nature à engager la responsabilité de l'État ;
- ces fautes lui ont causé un préjudice financier à hauteur de 1 500 euros ;
- ces mêmes fautes lui ont également causé un préjudice au titre des pertes de chance d'obtenir un emploi sous contrat à durée indéterminée depuis le mois de mars 2021 ainsi qu'un permis de conduire, à hauteur de la somme totale de 2 000 euros ;
- lesdites fautes lui ont enfin causé un préjudice d'agrément pouvant être évalué à la somme de 500 euros, ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence pouvant être évalués à la somme totale de 5 000 euros.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 19 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 janvier 2024.
Par un courrier du 2 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires tendant à la réparation des préjudices subis par M. A du fait, d'une part, de l'illégalité fautive de la décision du 31 octobre 2019 par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ", et a décidé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", et, d'autre part, de l'illégalité du " refus d'enregistrement non motivé " de sa demande de renouvellement de son titre de séjour au mois de " mars 2021 ", dès lors que la demande indemnitaire préalable de l'intéressé se fondant exclusivement, sur la discontinuité des récépissés de demande de titre de séjour qui lui avait été délivrés, la carence de l'autorité préfectorale dans l'instruction de sa demande dans le délai de quatre mois qui lui était imparti ainsi que l'illégalité fautive de la décision implicite, née le 4 février 2022, par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, de telles conclusions reposent sur des faits générateurs distincts et constituent des demandes nouvelles irrecevables à défaut de liaison du contentieux.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 10 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gueguen a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien déclarant être né le 31 décembre 2000, est entré en France à la date déclarée du 31 décembre 2016. Après avoir fait l'objet d'une ordonnance de placement provisoire prise le 26 janvier 2017 par le procureur de la République près le tribunal de grande instance (TGI) de Gap, par un jugement en assistance éducative du 15 mars 2017, le juge des enfants D a renouvelé le placement de l'intéressé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de la métropole de Lyon jusqu'au 31 décembre 2018. Le 5 mai 2019, M. A a sollicité des services de la préfecture du Rhône la délivrance d'un premier titre de séjour sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-11, 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 31 octobre 2019, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions alors applicables des articles L. 313-11, 2° bis et L. 313-14 du même code, ainsi qu'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " sur le fondement des dispositions alors applicable de l'article L. 313-15 dudit code, mais a décidé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-7 de ce même code " compte tenu de (son) inscription en (deuxième) année de (certificat d'aptitude professionnelle) CAP pour l'année scolaire 2019-2020 ". M. A a ainsi bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève ", valide du 31 octobre 2019 au 30 octobre 2020, l'autorisant à travailler " à titre accessoire ", puis, le 11 février 2020, d'une " autorisation provisoire de travail pour un salarié étranger résidant en France ", valide du 17 février au 30 octobre 2020. Après avoir déposé auprès des services de la préfecture du Rhône, le 26 mars 2021, une " demande de renouvellement " de son titre de séjour, M. A s'est vu remettre une " attestation de prolongation d'instruction " de cette demande, valide du 7 avril au 6 juillet 2021. L'intéressé a déposé auprès des mêmes services, le 4 octobre suivant, une demande de " changement de statut ", en vue de l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", et, à titre subsidiaire, la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Enfin, par un courrier du 21 mars 2022, dont l'administration a accusé réception le 28 mars suivant, le requérant a formé une demande indemnitaire préalable auprès des services de la préfecture du Rhône qui a été implicitement rejetée. M. A demande au tribunal, d'une part, de prononcer l'annulation de la décision implicite, née le 4 février 2022, par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, et, d'autre part, de condamner l'État à lui verser la somme totale de " 7 500 euros ", assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 28 mars 2022, en réparation de l'ensemble des préjudices qu'il estime avoir subis du fait, premièrement, de l'illégalité de la décision précitée du 31 octobre 2019, deuxièmement, du délai déraisonnable de traitement de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève ", troisièmement, de l'illégalité du " refus d'enregistrement " de cette demande au mois de " mars 2021 " et, enfin, de l'illégalité de la décision implicite précitée du 4 février 2022.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (55%) par une décision du 10 février 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Et aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ".
5. Conformément aux dispositions combinées des articles R.* 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant quatre mois par le préfet du Rhône sur la demande précitée du 4 octobre 2021 a fait naître une décision implicite de rejet le 4 février 2022. Par un courrier du 22 mars suivant, réceptionné le 28 mars 2022, M. A a sollicité la communication des motifs de cette décision. Or, l'autorité préfectorale n'a pas répondu à cette demande dans le délai d'un mois prescrit par les dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de sa requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, et après examen des autres moyens de la requête, il n'y a lieu que d'enjoindre à la préfète du Rhône, en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de statuer de nouveau sur la situation de M. A en prenant une décision expresse dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions tendant à la réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité fautive de la décision du 31 octobre 2019 et du prétendu refus d'enregistrement de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A au mois de mars 2021 :
8. Selon les termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
9. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, que cette demande ait été présentée antérieurement ou postérieurement à l'introduction du recours juridictionnel. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
10. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. En revanche, si une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur.
11. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus. Dans ce même cas, la victime peut également, si le juge administratif est déjà saisi par elle du litige indemnitaire né du refus opposé à sa réclamation, ne pas saisir l'administration d'une nouvelle réclamation et invoquer directement l'existence de ces dommages devant le juge administratif saisi du litige en premier ressort afin que, sous réserve le cas échéant des règles qui gouvernent la recevabilité des demandes fondées sur une cause juridique nouvelle, il y statue par la même décision.
12. En l'espèce, si M. A se prévaut de l'illégalité fautive de la décision du 31 octobre 2019 par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ", et a décidé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", ainsi que de celle du prétendu " refus d'enregistrement non motivé " qui aurait été opposé " en mars 2021 " à sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant - élève ", valide du 31 octobre 2019 au 30 octobre 2020, il résulte toutefois de l'instruction que la demande indemnitaire préalable adressée par l'intéressé aux services de la préfecture du Rhône, le 28 mars 2022, se fondait exclusivement, d'une part, sur le " caractère discontinu " des " récépissés " de demande de titre de séjour qui lui avait été délivrés, d'autre part sur l' " absence de prise de décision (), dans les délais prévus par les textes " sur " la délivrance du titre (qu'il avait) sollicité " le 4 octobre 2021, et, enfin, sur l'illégalité fautive de la décision implicite précitée du 4 février 2022. Par suite, ainsi qu'en ont été informées les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait effectivement adressé à l'administration, antérieurement ou postérieurement à l'introduction de sa requête, une autre demande indemnitaire relative aux préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'illégalité fautive de la décision précitée du 31 octobre 2019 et de ce prétendu " refus d'enregistrement non motivé " qui aurait été opposé à sa demande " en mars 2021 ", ces conclusions indemnitaires, qui reposent sur deux faits générateurs distincts, constituent des demandes nouvelles irrecevables à défaut de toute liaison du contentieux et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la faute tirée du retard des services de la préfecture du Rhône dans le traitement de la demande de titre de séjour présentée par M. A :
13. D'une part, l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire d'un visa de long séjour, d'un titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4, L. 425-10 et L. 426-21 du même code. Selon les termes de l'article L. 431-3 dudit code : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, () autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. Sous réserve des exceptions prévues par la loi ou les règlements, ces documents n'autorisent pas leurs titulaires à exercer une activité professionnelle. ".
14. D'autre part, les articles R. 431-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile organisent la procédure d'examen des demandes de titres de séjour susceptibles d'être présentées par des étrangers. En vertu de l'article R. 431-2 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. () ". Selon l'article R. 431-3 du même code, les demandes de titre de séjour qui n'entrent pas dans le champ d'application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être déposées, soit en préfecture ou dans les lieux désignés par le préfet de département, soit par voie postale dans l'hypothèse où l'autorité administrative l'aurait autorisée pour des catégories de titre déterminées. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-12 de ce même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Selon les termes de l'article R. 431-13 dudit code : " La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé. ". Les articles R. 431-14 et R. 431-15 prévoient les cas dans lesquels le récépissé autorise son titulaire à travailler.
15. Enfin, il résulte des dispositions combinées des articles R.* 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le silence gardé par l'administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.
16. Aucune disposition législative ou réglementaire, notamment pas les articles R.* 432-1 et R. 432-2, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
17. En l'espèce, si M. A soutient que " l'administration " aurait " fix(é) des délais de rendez-vous déraisonnables, ne permettant pas d'assurer la continuité dans la succession des titres de séjour, et encore moins en pratique des récépissés renouvelés " (sic), il ne résulte toutefois pas de l'instruction qu'il aurait rencontré des difficultés en vue de l'obtention d'un rendez-vous auprès des services de la préfecture du Rhône pour le dépôt de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour, l'intéressé n'ayant versé au débat qu'une " attestation de prolongation d'instruction d'une demande de renouvellement de titre de séjour ", valide du 7 avril au 6 juillet 2021 et faisant suite à sa " demande de titre de séjour () déposée le (26 mars 2021) ", ainsi qu'une " confirmation de rendez-vous pour le renouvellement d'un titre de séjour temporaire ou pluriannuel " auprès des services de la préfecture du Rhône le 4 octobre 2021. Par ailleurs, si le requérant fait, à plusieurs reprises, état dans ses écritures, du " renouvellement aléatoire " de ses récépissés de demande de titre de séjour, il ne résulte pas davantage de l'instruction qu'il aurait connu une discontinuité dans la durée de validité de ces récépissés, l'intéressé n'ayant versé au débat qu'un unique " récépissé de demande de carte de séjour ", l'autorisant à travailler " à titre accessoire ", délivré le 22 août 2022 et valide jusqu'au 21 novembre suivant. Enfin, si M. A fait état de la " lenteur de la préfecture du Rhône " qui n'aurait pas " examiné dans le délai requis par les textes et à tout le moins dans un délai raisonnable " sa demande de titre de séjour déposée le 4 octobre 2021, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que l'instruction de sa demande se serait poursuivie postérieurement au 4 février 2022, date à laquelle le silence gardé pendant un délai de quatre mois par l'autorité préfectorale sur cette demande avait fait naître une décision implicite de rejet pouvant, le cas échéant, faire l'objet d'un recours devant le juge, la circonstance que le requérant se soit notamment vu délivrer, le 22 août 2022, soit postérieurement à ce délai, un récépissé, étant à cet égard sans incidence. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions indemnitaires présentées sur ce point, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les services de la préfecture du Rhône auraient commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'État dans le traitement de sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne l'illégalité fautive de la décision implicite portant rejet de la demande de titre de séjour présentée par M. A :
18. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé aux points 5 et 6 que M. A est fondé à soutenir que la décision implicite, née le 4 févier 2022, par laquelle le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'illégalité.
19. Toutefois, l'illégalité d'une décision prise par l'administration constitue une faute de nature à engager sa responsabilité pour autant qu'elle entraîne un préjudice direct et certain. Lorsqu'un ressortissant étranger sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision refusant de faire droit à une demande de titre de séjour entachée d'un vice de forme, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement intervenir et aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente. Dans le cas où il juge qu'une même décision aurait été prise par cette autorité, les préjudices allégués ne peuvent alors être regardés comme la conséquence directe du vice de forme qui entache la décision administrative illégale.
20. Or, en premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Et selon les termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
21. M. A soutient que la décision implicite, née le 4 février 2022, par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il est présent en France depuis l'âge de seize ans, qu'il y a toujours séjourné régulièrement en y faisant de nombreux efforts d'insertion et qu'il ne dispose plus d'aucune attache dans son pays d'origine où il a été victime de faits de violences intrafamiliales de la part de son oncle suite au décès de son père. Toutefois, si le requérant, qui déclare être entré mineur sur le territoire français le 31 décembre 2016, est présent en France depuis plus de cinq années à la date de la décision précitée, il n'a pas été admis à y séjourner de façon pérenne, n'étant titulaire que d'une carte de séjour portant la mention " étudiant - élève ", valide du 31 octobre 2019 au 30 octobre 2020, qui lui avait été délivrée par les services de la préfecture du Rhône afin qu'il y effectue sa deuxième année de CAP. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que suite à sa prise en charge par les services de la mission d'évaluation et d'orientation des mineurs isolés étrangers (MEOMIE) de la métropole de Lyon, M. A a été scolarisé auprès de la société lyonnaise pour l'enfance et l'adolescence (SLEA), au sein du centre d'enseignement professionnel et d'accueil des jeunes (F E, d'abord dans la section " Atelier " Espaces Verts " " du 4 septembre 2017 au 2 janvier 2018 et ensuite dans la section " Atelier " Restauration " " du 3 janvier 2018 au 30 avril 2020, période au cours de laquelle il a obtenu un titre professionnel d'agent de restauration le 4 juillet 2019 et s'est inscrit en deuxième année de CAP pour l'année scolaire 2019-2020 avec une formation professionnelle en restauration ne se déroulant pas en alternance, puis que l'intéressé s'est réorienté vers l'obtention d'un titre professionnel de " maçon (voieries et réseaux divers) VRD ", raison pour laquelle il a conclu, le 14 février 2020, un contrat de professionnalisation en qualité d' " ouvrier d'exécution (travaux publics) TP ", du 17 février suivant au 14 février 2021, et s'est vu délivrer par les services de la préfecture du Rhône, à la demande de son employeur, une " autorisation provisoire de travail pour un salarié étranger résidant en France ", valide du 17 février au 30 octobre 2020, et si le requérant verse notamment au débat, outre les rapports rédigés par les services de la métropole de Lyon les 8 mars 2019 et 10 décembre 2020 faisant état de sa volonté d'intégration dans la société française et de ses projets d'insertion sociale et professionnelle, son titre professionnel de " maçon VRD " obtenu le 28 décembre 2020 ainsi que de nombreux bulletins de salaire à compter du mois de septembre 2021, dans le cadre de contrats de mission en qualité d'intérimaire dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, ces éléments ne suffisent pas à démontrer qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire national à la date du 4 février 2022. Enfin, M. A, célibataire et sans charge de famille sur le territoire français, n'apporte pas la preuve qui lui incombe de ce qu'il ne pourrait poursuivre sa vie privée et familiale dans tout autre pays que la France, et notamment au Mali, pays où il a vécu l'essentiel de son existence, où réside, selon ses propres déclarations, sa mère, et où il ne démontre pas, par ses seules allégations générales, même reprises par les services de la métropole de Lyon et de la SLEA Le CEPAJ, qu'il y serait menacé par son oncle. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de son séjour en France et en dépit de ses efforts d'insertion sociale et professionnelle, le préfet du Rhône n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A en refusant implicitement de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions également précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Par les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de ce que cette décision implicite, née le 4 février 2022, serait entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " doit également être écarté.
22. En second lieu, selon les termes de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée ou qui fait l'objet d'un détachement conformément aux articles L. 1262-1, L. 1262-2 et L. 1262-2-1 du code du travail se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Elle est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. () ".
23. Si M. A soutient qu'il " remplissait l'ensemble des conditions lui permettant de se voir délivrer un titre de séjour " travailleur temporaire " " sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est cependant constant que l'intéressé ne détenait pas, à la date du 4 février 2022, l'autorisation de travail pourtant exigée par le deuxième alinéa de cet article. À cet égard, le requérant ne peut utilement se prévaloir des termes de la note du 12 juillet 2021 du ministre de l'intérieur et du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion relative aux travailleurs étrangers et aux autorisations de travail, qui dispense les demandes de cartes de séjour au titre de contrats d'intérim d'une demande d'autorisation de travail, dès lors qu'il résulte de l'instruction que cette note n'a pas fait l'objet d'une publication sur les sites internet " www.interieur.gouv.fr " ou " https://travail-emploi.gouv.fr. " dans les conditions prévues par les dispositions combinées des articles L. 312-3 et D. 312-11 du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, si l'intéressé soutient qu'il aurait été en droit de se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " si " l'administration () avait statué dans un délai raisonnable sur (son) changement de statut dans le cadre du renouvellement " de son titre de séjour portant la mention " étudiant - élève ", cette circonstance, à la supposer même établie, est sans incidence sur la légalité de la décision implicite née le 4 février 2022. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni faire une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Rhône a pu implicitement refuser de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " sur leur fondement.
24. Ainsi, il résulte de tout ce qui précède que dès lors que le préfet du Rhône aurait pris la même décision refusant de faire droit à la demande de titre de séjour de M. A, les préjudices qu'il estime avoir subis ne peuvent être regardés comme étant la conséquence directe du seul vice de forme qui entache la décision implicite née le 4 février 2022. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de l'État à réparer les préjudices qu'il aurait subis du fait de l'illégalité de cette décision.
25. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce soit mise à la charge de l'État qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel, le versement M. A d'une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision implicite, née le 4 février 2022, par laquelle le préfet du Rhône a refusé à M. A la délivrance d'un titre de séjour est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de statuer de nouveau sur la situation de M. A en prenant une décision expresse dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 9 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
Le rapporteur,
C. Gueguen
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026