mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 novembre 2022, le 30 janvier 2023 et le 6 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son époux ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de faire droit à sa demande et de convoquer son époux dans un délai de quinze jours pour la remise d'un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus critiqué est insuffisamment motivé et résulte d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète s'est à tort estimée liée par la présence irrégulière de son époux en France ;
- le refus d'autorisation en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Le demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 octobre 2022.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacroix,
- et les observations de Me Wiedemann pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante bosnienne née en 1994 et titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 15 septembre 2031, Mme B conteste la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté sa demande d'autorisation de regroupement familial présentée pour son mari.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ". Aux termes de l'article L. 434-6 de ce code : " Peut être exclu du regroupement familial : / () / 3° Un membre de la famille résidant en France ".
3. Pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par Mme B au bénéfice de son époux, le préfet du Rhône s'est fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui opposant la présence de son mari sur le territoire français.
4. La décision attaquée, qui relève en particulier la présence irrégulière de M. B sur le territoire français, fait état des circonstances de fait et de droit qui lui donnent son fondement. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision en litige doit être écarté.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu en particulier des mentions de la décision attaquée, que le préfet aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation individuelle de la requérante. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes mêmes de la décision attaquée, que, si elle s'est fondée sur la présence irrégulière en France de l'époux de la requérante, l'autorité administrative ne s'est pas pour autant crue tenue de rejeter pour ce motif la demande qui lui était soumise. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité administrative aurait négligé d'exercer son pouvoir d'appréciation doit être écarté.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Pour soutenir que les stipulations citées au point précédent ont été méconnues, Mme B fait valoir que la composition de sa famille ne permet pas d'envisager une séparation de plusieurs mois, au regard notamment du jeune âge de ses enfants nés en 2020 et février 2022 et de la nécessité d'exercer une activité professionnelle. Toutefois, compte tenu de l'objet et des effets de la décision en litige, alors que les pièces produites ne permettent au demeurant pas d'établir l'ancienneté de la vie commune des intéressés et qu'il est constant que M. B n'a épousé la requérante en France qu'au mois d'août 2021 après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en 2019, il n'apparaît pas que le refus critiqué porterait une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que ce refus méconnaîtrait l'intérêt supérieur des enfants du couple B garanti par les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Les circonstances qui sont invoquées et ayant trait notamment à l'exercice par les intéressés d'une activité professionnelle ne permettent pas davantage de considérer que le refus critiqué résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur leur situation personnelle.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre la décision du préfet du Rhône du 8 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme B à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Lacroix
Le président,
A. Gille La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026