mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208640 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2022, M. B A C, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 octobre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de résident de dix ans ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision refusant de lui délivrer une carte de résident est entachée d'incompétence de son auteur ;
- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié dès lors qu'il est marié avec une ressortissante française et qu'il est parent d'un enfant français.
La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 13 juin 2024.
Par ordonnance du 28 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- et les observations de Me Sabatier pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant tunisien né le 27 juin 1990, était titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " qui a expiré le 17 novembre 2021. Le 6 septembre 2021, il a, d'une part, sollicité le renouvellement de sa carte de séjour et, d'autre part, sollicité la délivrance d'une carte de résident de dix ans en qualité de parent d'un enfant français. Par une décision du 26 octobre 2022, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de résident et a renouvelé sa carte de séjour temporaire d'un an. M. A C demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle refuse de lui délivrer une carte de résident de dix ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié : " 1. Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : / () / c) Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins ; () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant tunisien la délivrance de la carte de résident de dix ans lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
3. Pour rejeter la demande présentée par M. A C tendant à la délivrance d'une carte de résident de dix ans en qualité de parent d'enfant français, le préfet du Rhône a estimé que le comportement de M. A C constitue une menace pour l'ordre public en relevant que requérant a fait l'objet d'une condamnation par le tribunal de grande instance de Lyon, le 25 janvier 2019, à une amende de 200 euros pour des faits de " conduite de véhicule sous l'emprise d'un état alcoolique " commis le 8 mai 2018. Toutefois, ces seuls éléments sont insuffisants pour caractériser une menace pour l'ordre public. Si la décision attaquée fait en outre état de ce que M. A C a fait l'objet d'une procédure de police le 16 octobre 2021 pour des faits de violence sans incapacité sur conjoint, il ressort des pièces du dossier que la plainte déposée par l'épouse de l'intéressé a été classée sans suite au motif que l'infraction était insuffisamment caractérisée. Dans ces conditions, le préfet du Rhône ne peut être regardé comme établissant que le comportement du requérant constitue une menace pour l'ordre public.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 26 octobre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement, qui annule la décision du 26 octobre 2022 implique, eu égard au motif d'annulation, que la préfète du Rhône délivre une carte de résident de dix ans à M. A C. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de délivrer à M. A C une carte de résident de dix ans, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette mesure du prononcé d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A C de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 26 octobre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a rejeté la demande de carte de résident de M. A C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer une carte de résident à M. A C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A C la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. Clément
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026