vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PRUDHON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre et 25 décembre 2022, Mme F D épouse B, représentée par Me Prudhon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire
- ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 9 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal, relative à la circulation et au séjour des personnes, faite à Dakar le 1er août 1995, ensemble l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires (ensemble trois annexes et une déclaration), signé à Dakar le 23 septembre 2006, et l'avenant à cet accord (ensemble deux annexes), signé à Dakar le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 7 juillet 1995, de nationalité sénégalaise, est entrée en France le 9 septembre 2017, munie de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiante ", valant titre de séjour jusqu'au 5 septembre 2018. Le 14 octobre 2021, l'intéressée en a sollicité le renouvellement. Par une décision en date du 2 août 2022, dont Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C E, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet du Rhône en date du 8 juin 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône le lendemain. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence qui manque en fait doit être écarté.
3. En deuxième lieu aux termes des stipulations de l'article 9 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes du 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation qui ne peut être assuré dans le pays d'origine, sur le territoire de l'autre État, doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l'article 4, présenter une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi (). Ils doivent en outre justifier de moyens d'existence suffisants, tels qu'ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d'existence suffisants. ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressée peut être raisonnablement regardée comme poursuivant effectivement des études, en appréciant la réalité, le sérieux et la progression.
4. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme B en qualité d'étudiante, le préfet du Rhône s'est fondé, d'une part, sur les circonstances tirées de ce que l'intéressée, inscrite en 1ère année de bachelor " responsable opérationnel à l'international ", à son arrivée en France, en 2017, avait validé cette 1ère année ainsi que l'année suivante, mais, malgré la poursuite de son cursus en 2020-2021, n'avait validé que 54 crédits sur 60 et s'y était réinscrite l'année suivante, en candidate libre, sans fournir aucun relevé de notes au titre de cette année, qu'elle n'a donc pas validée. D'autre part, l'autorité administrative a relevé que la requérante avait également conclu un contrat d'engagement de service civique pour huit mois, prenant fin le 28 février 2022. Au regard de ces éléments, en l'absence de sérieux et de progression dans ses études, le préfet du Rhône a considéré que Mme B ne remplissait pas les conditions requises par les stipulations précitées pour voir son titre de séjour renouvelé. Pour contester ce refus, la requérante soutient d'une part, qu'elle a été victime à la fin de l'année 2019, d'une agression qui a justifié un suivi psychologique au cours de l'année 2020, d'autre part, qu'elle passera en décembre 2022, les " seize " épreuves nécessaires à la validation de son bachelor et enfin, que son inscription en candidat libre, se justifie par la nécessité de conjuguer une expérience professionnelle significative et ses études. Toutefois, à la date de l'arrêté contesté, alors qu'elle résidait en France depuis près de cinq années, Mme B ne justifiait d'aucun diplôme, sa dernière attestation d'inscription en troisième année de Bachelor, au titre de l'année scolaire 2021-2022, versée au débat, faisant état du suivi de cette formation en qualité de candidat libre. En outre, l'intéressée a conclu le 6 avril 2022, un contrat à durée déterminée pour exercer au sein de la société " France mutualiste " sise à Paris la fonction de technicien " chargé d'animation de réseau bénévoles " à raison d'un taux de travail de 90 % alors qu'elle ne pourrait, en qualité d'étudiante, exercer une activité professionnelle salariée que dans la limite de 60% de la durée de travail annuelle. Par suite, Mme B ne justifie pas du caractère réel, sérieux et effectif de la poursuite d'études ni d'une progression dans celles-ci. Ainsi, en refusant de procéder au renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des stipulations de l'article 9 de l'accord franco-sénégalais en refusant de procéder audit renouvellement.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. Mme B fait état de ce qu'elle réside en France depuis cinq ans, qu'elle a épousé, le 20 octobre 2022, un compatriote titulaire d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " passeport talents " et qu'un enfant doit naître de leur union. Toutefois, il est constant que si l'intéressée réside sur le territoire national depuis le 9 septembre 2017, elle n'a pu bénéficier d'une régularisation de sa situation administrative qu'au regard de ses études et n'a ainsi disposé que de cartes de séjour temporaires qui ne lui donnaient pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. En outre, si l'intéressée fait état de son mariage avec un compatriote, elle ne justifie pas d'une communauté de vie antérieure à la date du mariage célébré postérieurement à la date de l'arrêté en litige. Enfin, l'intéressée ne justifie pas de ce qu'elle ne pourrait poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine où résident ses parents et l'un de ses frères et où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans. Ainsi, en tout état de cause, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.
7. Enfin, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doit être écarté
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que cette requête doit être rejetée en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D épouse B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
La présidente-rapporteure,
A. AL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
N. Pineau
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2208672
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026