vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208741 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHANON LELEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 21 février 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2022 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse a refusé de rectifier l'attestation destinée à Pôle emploi, en date du 19 octobre 2022, qui lui a été remise ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de lui délivrer une attestation modifiée, ne faisant plus apparaître le motif erroné selon lequel elle aurait volontairement quitté son emploi.
Elle soutient que :
- le contrat à durée déterminée la liant au centre hospitalier s'est interrompu à son terme, le 30 septembre 2022, sans qu'elle ait été tenue de renouveler son contrat ;
- le 30 septembre 2022, elle était en arrêt de travail, lequel était en lien avec ses conditions de travail au centre hospitalier, qui ont justifié qu'elle ne renouvelle pas son contrat.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2023, le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, représenté par la Selarl Chanon Leleu associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'établissement soutient que :
- la requête est irrecevable, car elle tend, à titre principal, à ce qu'une injonction soit adressée à l'administration ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Besse,
- et les conclusions de M. Borges-Pinto, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse en qualité d'agent contractuel à compter du 17 janvier 2022 par un contrat à durée déterminée, renouvelé à deux reprises jusqu'au 30 septembre 2022. Mme A, en arrêt maladie à l'expiration de ce dernier contrat, en a refusé le renouvellement. Le 19 octobre 2022, le centre hospitalier a remis à l'intéressée une attestation destinée à Pôle Emploi mentionnant comme motif de rupture du contrat de travail " rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée ou d'un contrat d'apprentissage ". Mme A a demandé que soit rectifiée cette mention et s'est vu opposer le 10 novembre 2022 un refus. Elle demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire () : / () 2° Les agents non titulaires () des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat () ". Aux termes du I de son article L. 5422-1 : " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° Soit la privation d'emploi est involontaire () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : / () 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel () ". A ce titre, l'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur.
3. Pour approximative qu'elle soit, la mention figurant sur l'attestation destinée à Pôle Emploi remplie le 19 octobre 2022 et remise par les services du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse à Mme A et faisant état de la rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée à l'initiative du salarié, couvre également, s'agissant de l'examen des droits d'anciens agents publics, l'hypothèse du refus par la personne concernée de renouveler un contrat à durée déterminée arrivé à échéance. Est par ailleurs à cet égard sans influence la circonstance que Mme A, qui a été invitée à renouveler son contrat et l'a refusé le 7 octobre 2022, se trouvait en arrêt maladie à l'expiration de ce contrat.
4. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".
5. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. Mme A soutient avoir refusé de renouveler son contrat à durée déterminée en raison de ses conditions de travail, et notamment du harcèlement moral dont elle a été victime de la part de ses collègues et de sa nouvelle responsable. Si l'intéressée fait valoir que cette dernière lui avait adressé quelques critiques sur sa manière de travailler, lors de l'entretien qui s'est tenu le 9 septembre 2022, suite auquel elle a été placée en arrêt maladie, cette circonstance ne saurait toutefois faire présumer, alors qu'il n'est pas soutenu qu'aient été tenus des propos excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et que ne sont pas en cause des agissements répétés, l'existence d'un harcèlement moral. Il en va de même s'agissant de la détérioration des conditions de travail et ses mauvaises relations avec ses deux collègues opératrices de soins non programmés évoquées par la requérante, sans qu'elle fasse état d'ailleurs de faits suffisamment circonstanciés. Par suite, la requérante n'apporte pas les éléments permettant de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. Par ailleurs, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier et des éléments dont fait état Mme A concernant ses relations avec ses collègues et sa supérieure hiérarchique que ses conditions d'exercice professionnel étaient dégradées dans des conditions telles qu'elles étaient susceptibles de mettre en danger sa santé et ainsi à regarder son refus de renouvellement comme fondé sur un motif légitime.
7. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le motif de rupture figurant sur l'attestation Pôle emploi soit erroné.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision du 10 novembre 2022 attaquée est entachée d'illégalité et à en demander l'annulation. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que demande le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besse, président,
Mme Allais, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
T. Besse
L'assesseure la plus ancienne,
A. Allais
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026