vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2022, M. B E C, représenté par Me Fréry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir,
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir en le munissant dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour renouvelable l'autorisant à travailler,
- de procéder, sans délai, à l'effacement de son signalement à fin de non admission dans le système d'information Schengen.
M. C soutient que :
- sa requête est recevable ;
1°) s'agissant de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- elle est entaché d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une résidence habituelle de plus de dix ans en France et que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
2°) s'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par une ordonnance du 25 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2022.
Par un courrier du 19 janvier 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur une irrecevabilité relevée d'office, tirée de ce qu'en l'absence, en l'espèce, de décision portant inscription au fichier du système d'information Schengen, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision sont irrecevables.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Pineau.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tchadien né le 18 octobre 1995, déclare être entré en France en avril 2010. Le 26 mai 2010, l'intéressé a fait l'objet d'une ordonnance de placement à l'aide sociale à l'enfance, sous l'identité de M. A C, né le 20 octobre 1995. Le 18 septembre 2012, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de mineur isolé et a bénéficié de la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-11, 2° bis du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, titre de séjour qui sera renouvelé jusqu'au 21 octobre 2015. Le 12 octobre 2015, M. C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté en date du 28 janvier 2022, le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi. M. C demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant, dont le parcours en France a été rappelé de manière détaillée. La circonstance que la décision contestée ne fasse pas mention de la tentative de déclaration de nationalité de M. C, dont l'intéressé sera débouté par un jugement du tribunal de grande instance de Lyon en date du 3 septembre 2015, ne saurait caractériser un défaut d'examen sérieux de sa situation. En outre, si M. C souligne la durée d'instruction de sa demande et le fait que l'arrêté attaqué mentionne une demande de titre de séjour et non un renouvellement, l'intéressé ne conteste pas ne pas avoir sollicité le renouvellement de son récépissé arrivant à expiration le 10 avril 2016 sans accomplir de démarches avant de faire l'objet, le 30 octobre 2021, d'un contrôle par les services de police. Il résulte de ces éléments que le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
4. M. C fait état de la durée de son séjour sur le territoire national en se prévalant de plus de douze ans de présence et de ce qu'il aurait vécu aussi longtemps en France que sur le sol tchadien. Toutefois, si l'intéressé a été pris en charge en qualité de mineur isolé lors de son arrivée en France et a bénéficié, à sa majorité, de la délivrance de titres de séjour, il ne démontre cependant pas sa présence effective en France en se bornant à produire des documents relatifs à sa prise en charge en qualité de mineur isolé et à sa scolarité révolue. En effet, le requérant se borne à verser au débat une attestation du directeur du pôle d'hébergement AJD, établie le 15 décembre 2022, indiquant que M. C y a été domicilié du 10 novembre 2014 au 9 novembre 2015, puis une attestation, datée du 13 décembre 2022, de suivi par une association qui indique l'accompagner depuis octobre 2022. Par ailleurs, alors que la continuité de sa présence n'est pas établie, il est constant que M. C est célibataire et sans charge de famille en France où il ne fait état d'aucune attache particulière, ni d'aucune insertion sociale et professionnelle. Enfin, le requérant n'apporte pas la preuve de ce qu'il ne pourrait poursuivre son existence ailleurs qu'en France, notamment au Tchad où il a déclaré de manière constante que sa mère y résidait. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En troisième lieu, selon les termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (). Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
6. Si M. C se prévalant de sa durée de présence en France, soutient que le préfet du Rhône était tenu de saisir la commission du titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est constant que l'intéressé n'a cependant pas présenté sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet du Rhône n'a dès lors pas fait application et que M. C ne peut dès lors utilement invoquer. En tout état de cause, ainsi qu'il a été exposé au point précédent, l'intéressé ne démontre pas sa résidence habituelle en France au cours des dix dernières années. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination, doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. M. C soutient qu'un renvoi au Tchad, pays dont il n'a plus aucune connaissance, contreviendrait au stipulations précitées dans la mesure où il a vécu en France de l'âge de 14 ans à celui de 26 ans et qu'il ne disposerait pas véritablement d'attaches dans son pays d'origine. Toutefois, le requérant ne démontre pas la continuité de son séjour sur le territoire français et n'établit pas qu'un retour dans son pays d'origine l'exposerait à des traitements proscrits par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de la seule durée alléguée de sa présence en France. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
Le rapporteur,
N. Pineau
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026