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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208795

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208795

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208795
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantMESSAOUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2022, Mme C A, représentée par Me Messaoud, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 8 août 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Mme A soutient que :

- l'ensemble des décisions sont insuffisamment motivées ;

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance des articles R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet ne produit pas l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), ainsi que le rapport médical établi par un médecin de l'OFII et transmis au collège de médecins de l'OFII ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation individuelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet s'est estimé lié par une position de principe ou un motif d'ordre général ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie d'exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet du Rhône a produit des pièces en date du 6 décembre 2022.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 octobre 2022.

La clôture d'instruction a été fixée au 2 janvier 2023 par ordonnance du 28 novembre 2022.

Le préfet du Rhône a produit un mémoire en défense le 6 janvier 2023, après clôture d'instruction qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'OFII, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure-publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme D a donné lecture de son rapport, en l'absence des parties ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante comorienne née le 9 février 1980, déclare être entrée irrégulièrement en France en mai 2014. Le 27 janvier 2021, l'intéressée a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par décisions en date du 8 août 2022, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

2. L'acte attaqué vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 425-9 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, il précise le contenu de l'avis du collège des médecins de l'OFII, et rappelle les éléments de fait qui constituent la situation de l'intéressée relatif à son état de santé. Il comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat (). / Si le collège des médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ". En outre, aux termes de l'article R. 425­11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre le titre de séjour " portant la mention vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé (). Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège de médecins à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. la composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avais est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical/ Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avais le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".

4. Le préfet du Rhône a versé au débat l'avis rendu le 30 septembre 2021 par le collège de médecins de l'OFII, qui a considéré que l'état de santé de Mme A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'elle pourrait être prise en charge dans son pays d'origine. Si la requérante soutient que le préfet devrait produire le rapport médical établi par le médecin instructeur de l'OFII et sur le fondement duquel l'avis précité a été émis afin de démontrer la régularité de la procédure, il n'appartient pas au préfet de produire ce rapport dont il n'a pas eu connaissance en raison du secret médical. En outre, il ressort également des pièces du dossier que l'avis précité du 30 septembre 2021 a été rendu au vu d'un rapport préalable établi le 23 août 2021, transmis au collège le lendemain, par un médecin qui ne faisait pas partie du collège conformément aux dispositions de l'article R. 425-13 du même code. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit, en toutes ses branches, être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet se serait abstenu de se livrer à un examen particulier de la situation de la requérante, notamment au regard de sa présence en France depuis près de huit ans, de ses attaches dans son pays d'origine, et de l'avis du collège des médecins, et aurait ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas davantage des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Rhône se serait cru lié par l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII, le 30 septembre 2021, dont il s'est approprié les termes et le sens. Le moyen tiré d'une erreur de droit doit être écarté.

7. En quatrième lieu, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

8. Pour refuser de délivrer à Mme A, le titre de séjour sollicité en raison de son état de santé, le préfet s'est approprié l'avis précité du collège de médecins selon lequel si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, toutefois, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, - et vers lequel elle peut voyager sans risque médical - elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Mme A, qui soutient que son traitement n'est pas disponible dans son pays d'origine, se prévaut de deux certificats médicaux, postérieurs à la décision attaquée, confirmant pour l'essentiel la nécessité pour l'intéressée de poursuivre un traitement approprié sans justifier l'impossibilité de sa prise en charge aux Comores. Ainsi, ils ne permettent pas de remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII quant à la disponibilité d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 doit, dès lors, être écarté.

9. En cinquième lieu, Mme A ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait sollicité un titre de séjour sur ce fondement.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, âgée de 42 ans, déclare être entrée en France en mai 2014. En admettant même qu'à la date de la décision attaquée, elle résidait irrégulièrement en France depuis huit ans, elle ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle en France ni vie privée et familiale intense, ancienne et stable. Si elle fait valoir son implication dans le domaine associatif auprès du Secours Populaire depuis octobre 2021, cette seule circonstance ne permet pas d'établir que la requérante aurait en France le centre de ses attaches familiales et personnelles alors qu'elle a vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où réside sa mère et où elle pourra, ainsi qu'il a été dit, effectivement bénéficier d'une prise en charge appropriée à son état de santé. Dans ces circonstances, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision lui refusant le séjour d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. Mme A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

13. En outre, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".

14. Comme il a été dit précédemment au point 8, Mme A ne justifie pas qu'elle ne pourra pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. Enfin, en l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement doit être écarté pour les motifs énoncés au point 11 s'agissant du refus d'admission au séjour.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. D'une part, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision du préfet en date du 8 août 2022 fixant le pays de destination serait illégale du fait qu'elle serait la conséquence d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement eux-mêmes illégaux.

17. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants. "

18. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme A pourra effectivement accéder à des soins appropriés dans son pays d'origine. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée fixant le pays de destination aurait été prise en violation des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 8 août 2022. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation, et par voie de conséquence, celles à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente,

M. Besse, vice-président.

Mme E, présidente-honoraire,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

La présidente,

G. DLe vice-président,

T. Besse

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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