lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208879 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CHANON LELEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 novembre et 15 décembre 2022, la société NM Market, représentée par Me Benabdessadok, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'exécution de la décision du 10 novembre 2022 par laquelle le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a décidé d'exercer le droit de préemption de la commune sur une cession de droit au bail consentie par la société Auto-école fidésienne, pour des locaux situés 7 place Saint Luc ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon le paiement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision litigieuse ; l'urgence est en effet présumée dans l'hypothèse dans laquelle, comme en l'espèce, l'acquéreur évincé conteste la décision de préemption ; en outre, cette décision préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à sa situation, dès lors qu'elle est empêchée d'agrandir son commerce de boucherie, pour améliorer l'accueil de sa clientèle et le confort de ses salariés et diversifier son offre commerciale ; l'impossibilité de procéder à cette extension est de nature à compromettre le remboursement du prêt immobilier qu'elle a contracté ; par ailleurs, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon ne justifie d'aucune circonstance particulière, liée à l'urgence à réaliser un projet, qui ferait obstacle à la suspension demandée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
. cette décision, qui n'est pas motivée en droit et ne fait pas apparaître la nature du projet justifiant l'exercice du droit de préemption, n'est pas suffisamment motivée ;
. la déclaration de la cession du droit au bail a été effectuée le 13 octobre 2021 ; par suite, la commune ayant, à la suite de cette déclaration, renoncé à exercer le droit de préemption, la décision attaquée doit être regardée comme retirant cette décision de renonciation ; or, le maire ne peut légalement retirer une décision de renonciation ;
. la commune ne justifiait pas, à la date de la décision en litige, de la réalité d'un projet de sauvegarde du commerce et de l'artisanat ou de maintien de la diversité de l'offre commerciale et artisanale répondant aux objectifs mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme ; la référence à un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat ne saurait être considérée comme constituant un projet ;
. l'opération ne présente pas un intérêt général suffisant permettant de justifier l'acquisition du droit au bail par la commune ; l'exercice du droit de préemption va en l'espèce au contraire à l'encontre des objectifs que celle-ci s'est fixée en instaurant un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat ; le projet d'extension de la boucherie s'inscrit en effet dans la démarche de développement commercial de la commune ; en outre, le local en cause, qui présente une surface réduite et est étroit, peut difficilement accueillir un commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, représentée par la SELARL Chanon Leleu Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société NM Market au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la présomption d'urgence doit être écartée en l'espèce dès lors que l'objectif qu'elle poursuit est de préserver la diversité de l'offre commerciale et que le projet de la société NM Market, qui est d'agrandir le commerce de boucherie, compromet directement cet objectif ; en outre, la société requérante ne produit aucun élément pour démontrer l'urgence pour elle à procéder à une extension du commerce ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
. cette décision, qui mentionne sa base légale et indique clairement ses motifs de fait, est suffisamment motivée ;
. elle n'a pas renoncé tacitement à l'exercice du droit de préemption ; en effet, la déclaration de cession du bail commercial, qui a été transmise en mairie le 14 septembre 2022, était incomplète et a donné lieu à une demande de pièces complémentaires, à laquelle il n'a pas été répondu complètement ; le délai de deux mois n'a donc pas été dépassé ; en tout état de cause, les informations transmises lors de la déclaration sont prescrites à peine de nullité de l'aliénation, et non de la décision de préemption ;
. le conseil municipal a adopté le 31 mars 2016 une délibération pour instituer un droit de préemption sur les fonds de commerce et les baux commerciaux, notamment situés sur la place Saint Luc, dans l'objectif de préserver un tissu diversifié de commerces ; la décision attaquée vise à éviter la concentration de deux petits commerces en un seul ; le bail sera ensuite rétrocédé, dans le délai légal de deux ans, à un nouveau commerce qui permettra de maintenir la diversité de l'offre commerciale ; elle justifiait ainsi de la réalité d'un projet à la date de la décision litigieuse et ce projet répond à l'un des objectifs prévus par l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 29 novembre 2022 sous le n° 2208878, par laquelle la société NM Market demande au tribunal d'annuler la décision dont elle demande la suspension dans la présente requête.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, juge des référés ;
- Me Benabdessadok, pour le requérant, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête ;
- Me Chanon, pour la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. La société NM Market demande au juge des référés du tribunal d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 10 novembre 2022 par laquelle le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon a décidé d'exercer le droit de préemption de la commune sur une cession de droit au bail consentie à son profit par la société Auto-école fidésienne, pour des locaux situés 7 place Saint Luc, qu'elle souhaiterait utiliser pour agrandir le commerce de boucherie qu'elle exploite dans des locaux attenants.
3. Toutefois, en l'état de l'instruction, les moyens visés ci-dessus invoqués par la société NM Market ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, verse à la société NM Market la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par cette commune au titre des mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société NM Market est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société NM Market et à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon.
Fait à Lyon le 19 décembre 2022.
Le juge des référés La greffière
J.-P. Chenevey F. Gaillard
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026