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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208882

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208882

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208882
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS ASTERIO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 novembre 2022 et 19 janvier 2023, M. G C, M. A B, Mme J F, M. H I et Mme D E, le premier nommé ayant la qualité de représentant unique, représentés par le cabinet Asterio, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2022, rectifié par arrêté du 1er juillet 2022, par lequel le maire de Sathonay-Camp a accordé un permis de construire 29 logements à la SCI Spirit Sathonay Ouest, ainsi que les décisions implicites de rejet de leurs recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sathonay-Camp la somme de 3 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir en tant que voisins immédiats du projet, ce dernier affectant les conditions d'occupation de leurs biens ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, le plan de masse ne faisant pas apparaître les arbres supprimés, la notice ne décrivant pas le traitement des espaces libres et le coefficient de pleine terre ne pouvant être calculé ;

- des éléments du dossier de demande de permis étaient frauduleux et ont induit l'administration en erreur ;

- l'arrêté attaqué méconnaît la nature de la zone URm2, le projet ne consistant pas en la création d'un petit immeuble collectif mais d'un immeuble collectif dense ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2, les deux bâtiments n'étant pas séparés d'au moins quatre mètres ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.5.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2, la hauteur maximale de façade n'ayant pas été calculée sur toutes les parties des façades ;

- il méconnaît les dispositions relatives au réseau de chaleur, le projet n'étant pas raccordé à la centrale du Sigerly située à proximité ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et les dispositions des articles 4.1 et 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2, le projet ne s'intégrant pas dans son environnement ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et les dispositions de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat, les accès pour les véhicules et les piétons du projet faisant courir un risque aux usagers de ces accès et de la voie publique ;

- il méconnaît les dispositions de l'article IV.2.2 du règlement du plan de prévention des risques du Ravin relatives aux voiries, aucun dispositif n'étant prévu pour limiter le ruissellement des eaux au niveau de l'accès au projet.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 décembre 2022 et 10 mai 2023, la SCI Spirit Sathonay Ouest, représentée par la SELARL Racine Lyon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C et autres requérants le versement d'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- M. B et Mme F n'ont pas respecté les formalités prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Sathonay-Camp qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chapard,

- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,

- les observations de Me Temps, pour M. C et autres requérants,

- les observations de Me Legendre, pour la SCI Spirit Sathonay Ouest.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Spirit Sathonay Ouest a déposé le 15 mars 2022 en mairie de Sathonay-Camp une demande de permis de construire pour la réalisation de 29 logements, sur un terrain situé en secteur URm2b du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon. Par arrêté du 24 juin 2022, rectifié par arrêté du 1er juillet 2022, le maire de Sathonay-Camp a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Les requérants ont exercé des recours gracieux contre cet arrêté les 26 juillet 2022, 8 août 2022 et 26 août 2022, auxquels le maire n'a pas répondu. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2022 rectifié ainsi que des décisions implicites de rejet de leurs recours administratifs.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 / () ". Aux termes de l'article R. 431-7 du même code : " Sont joints à la demande de permis de construire : / () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " En application de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / () ". En application de l'article R. 431-9 du code précité : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / () ". Aux termes des dispositions alors applicables de l'article 5.2.3.1.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon : " Normes relatives au stationnement des vélos / La surface exigée pour cet emplacement de stationnement varie en fonction de la destination des constructions ainsi que de leur surface de plancher, ou du nombre de logements ou de chambres. / Destination des constructions / Logement : à partir de 2 logements / Norme minimale / 1,5 m2 pour 60 m2 de SDP avec un minimum de 1,5 m2 par logement / () ". Aux termes des dispositions de l'article 3.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2 : " Le coefficient de pleine terre* minimal est différencié selon les secteurs : / () Secteur URm2b : coefficient de pleine terre* minimal, 40 % / () ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice descriptive du projet comporte des éléments sur le traitement des espaces libres en décrivant les espaces verts du projet et les modalités de respect du coefficient minimal de pleine terre. Ces éléments sont complétés par une palette végétale, qui décrit l'intégralité de la végétation retenue, ainsi que par les plans de masse, de toitures et du rez-de-chaussée, qui donnent à voir le traitement réservé aux différents espaces libres du projet litigieux. L'ensemble de ces éléments a permis à l'autorité administrative de porter une appréciation non faussée sur ce point. Par ailleurs, si le plan de masse n'identifie pas les végétaux qui seront supprimés, il n'est pas contesté qu'un plan spécifique " PC 27 " les identifie et qu'une pièce " PC 27 - A2 " comporte des photographies des sujets les plus importants amenés à être abattus. La circonstance que ces deux pièces ne font pas apparaître deux petits arbres présents en bord de voirie n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation que le service instructeur a pu porter sur les végétaux supprimés par le projet, ces deux pièces étant complétées par le plan de masse qui matérialise, en lieu et places de ces deux arbres, de nouveaux arbres à planter. Ensuite, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire permet d'apprécier la conformité du projet aux dispositions précitées de l'article 3.2.1 du règlement relatives au coefficient de pleine terre, la notice descriptive et un plan spécifique, à l'échelle, décrivant les modalités de respect de ces dispositions. Enfin, le plan du rez-de-chaussée joint à la demande de permis, à l'échelle également, identifie un local à vélos et un espace pour les vélos, permettant ainsi à l'autorité administrative d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande déposé en mairie doit être écarté.

5. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que des éléments frauduleux du dossier de demande de permis de construire ont induit l'administration en erreur, ils n'apportent pas la preuve d'une quelconque intention de la société pétitionnaire de tromper la mairie de Sathonay-Camp quant aux caractéristiques du projet litigieux. A cet égard, deux des trois éléments pointés par les requérants constituent de simples erreurs matérielles, que la société pétitionnaire reconnaît dans ses écritures. Ces éléments, qui portent sur le fait que le mur au nord du terrain d'assiette appartient à la société pétitionnaire, et non aux voisins, et sur le fait qu'une clôture, également au nord du projet, apparaît sur les plans alors qu'elle n'existe pas, n'ont eu aucune influence sur l'appréciation que l'autorité compétente a portée sur le projet en cause. S'agissant du fait que ce dernier se présenterait comme une construction unique alors que les plans font apparaître, selon les requérants, deux bâtiments distincts, il ressort des pièces du dossier que les composantes du projet, identifiées comme " bâtiment A " et " bâtiment B " sur le plan de masse, qui sont reliées par une verrière en façade sud, se rejoignent par leurs façades nord, qui sont directement en contact, et forment ainsi un seul ensemble, conformément à la présentation qu'en fait la notice descriptive. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la SCI Spirit Sathonay Ouest a volontairement induit en erreur la commune de Sathonay-Camp quant à la réalité du projet litigieux.

6. En troisième lieu, aux termes des dispositions alors applicables de l'article 4.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2, relatives à l'" Insertion du projet ", qui reprend le préambule de la zone URm2 : " Cette zone à dominante résidentielle regroupe les tissus urbains où l'ordonnancement du bâti sur rue est majoritairement en ordre discontinu, la perception de continuité étant assurée par le bâti ou le paysage. A l'arrière de ce bâti sur rue, de volumétrie modeste, se développent des cœurs d'ilot où la présence végétale est forte. / Les objectifs poursuivis sont, tant pour les constructions nouvelles que les travaux sur constructions existantes* : / - de promouvoir une forme urbaine diversifiée de petits collectifs, d'habitat intermédiaire ou individuel resserré ; / - de préserver la continuité visuelle d'un front urbain structuré par des implantations bâties discontinues, à l'alignement ou en faible retrait ; / - de créer des transparences vers les cœurs d'ilot végétalisés ; / - de permettre l'expression d'une architecture contemporaine et la créativité architecturale. / () ".

7. Si le règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat fait de la promotion des " petits collectifs " l'un des objectifs assignés à la zone URm2, il ne donne pas de définition de cette notion. Ainsi, en tout état de cause, en l'absence d'une telle définition, le projet en litige, qui consiste en la réalisation de 29 logements sur deux niveaux au-dessus du rez-de-chaussée avec un attique, pour 2 070 mètres carrés de surface de plancher, dans une zone qui comporte déjà des immeubles collectifs de gabarits similaires, ne méconnaît pas la nature de la zone URm2 dans laquelle il s'implante.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2 : " Implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur un même terrain / Règle générale / La distance* minimale entre constructions ou parties de construction non contiguës* implantées sur un même terrain*, hors césures* et fractionnements*, est : / - au moins égale à 8 mètres (D = 8 m), dans le cas où chacune des deux constructions développe une longueur de façade* supérieure à 15 mètres ; / - au moins égale à la moitié de la hauteur de façade* la plus élevée (D = Hf/2) avec un minimum de 4 mètres, dans le cas où l'une des constructions développe une longueur de façade* au plus égale à 15 mètres ou dans le cas où les constructions ne sont pas en vis-à-vis. / () ". Aux termes de l'article 2.3.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " Implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété / Définitions / a. Contigu (construction ou terrain) / Des constructions sont contiguës lorsque la majorité de leurs façades sont directement en contact. Des constructions seulement reliées par un élément architectural, tel qu'un portique, un porche, un escalier ou un auvent, ne constituent pas des constructions contiguës. / () ".

9. Comme cela a été dit au point 5, les deux bâtiments identifiés sur le plan de masse du projet sont reliés par une verrière en façade sud et se rejoignent par leurs façades nord, qui sont directement en contact. L'espace triangulaire existant entre les deux bâtiments ainsi identifiés abrite notamment un local à vélos. Dans ces conditions, ces bâtiments doivent être regardés comme formant un même ensemble immobilier. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les dispositions précitées de l'article 2.3.1 du règlement, fixant une distance minimale entre des constructions implantées sur un même terrain, ont été méconnues.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2.5.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2 : " La hauteur de façade des constructions / a. La hauteur de façade maximale des constructions est différenciée selon les secteurs / () Secteur URm2b : 10 mètres / () ". En application de l'article 2.5.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " La hauteur de façade des constructions est la différence d'altitude mesurée verticalement entre le point de référence bas et le point de référence haut de la façade. / Cette mesure s'effectue en tout point de la façade. / Toutefois, lorsque le terrain ou la limite de référence est en pente, la hauteur de la façade d'une construction est mesurée uniquement au milieu de sections de façades dont la longueur n'excède pas 20 mètres. "

11. Les requérants soutiennent que, si le calcul de la hauteur des façades effectué par la société pétitionnaire utilise les bons points de référence au sens des dispositions précitées et a été réalisé au milieu des sections de façades dont la longueur n'excède pas 20 mètres, il n'a pas été réalisé sur l'entièreté des façades, la partie la plus à droite du plan de façade est n'ayant pas été prise en compte. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des schémas de repérage qui accompagnent les plans de façade, que les requérants font ainsi référence à la partie du plan de la façade est qui donne à voir, en profondeur, une partie de la façade nord du projet, visible depuis la façade est en raison de l'angle que forme la construction. Si cette partie de ce plan, travaillée dans des couleurs différentes de la façade est elle-même, ne comporte pas de mesures de hauteur, celles-ci sont en revanche présentes sur le plan de façade nord. Dans ces conditions, les requérants, qui ne démontrent pas que la façade nord méconnaîtrait la hauteur maximale fixée par les dispositions précitées, ne sont pas fondés à soutenir que le projet est entaché d'illégalité sur ce point.

12. En sixième lieu, les requérants se réfèrent au document " C.5.1.1 - Informations complémentaires - Sathonay-Camp ", aux termes duquel : " Réseau de chaleur urbain () / Nota : () dans le cas d'une construction neuve, le bâtiment concerné doit obligatoirement se raccorder au réseau de chaleur existant si celui-ci fait l'objet d'un classement, si les bâtiments se situent dans le périmètre de développement prioritaire desservi par le réseau, et si le réseau de chaleur apporte un vrai plus environnemental ". Ce document, en annexe du plan local d'urbanisme et de l'habitat, auquel le règlement de ce dernier ne renvoie pas, n'a pas une portée réglementaire et ne peut être opposé au projet en litige. Au surplus, les requérants se bornent à soutenir que le projet litigieux n'est pas relié à un réseau de chaleur urbain, ce qui au demeurant est contesté par la société pétitionnaire, sans établir la présence d'un tel réseau qui aurait fait l'objet d'un classement, ni l'implantation du terrain d'assiette du projet dans un périmètre de développement prioritaire desservi par le réseau. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions relatives au réseau de chaleur urbain doit être écarté.

13. En septième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Aux termes de l'article 4.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone URm2 : " Conception du projet dans son environnement urbain et paysager / a. La conception du projet privilégie son insertion dans la morphologie urbaine de la zone considérée en prenant en compte son environnement urbain et paysager, sauf contexte urbain particulier ; / () ". En application des dispositions de l'article 4.2.1 du même règlement : " Volumétrie, rythme du bâti / a. Les volumétries ainsi que l'ordonnancement des constructions sont guidés par la composition urbaine et paysagère du projet ; / b. En limite de zone, une attention particulière est portée sur la volumétrie des constructions pour assurer une transition adaptée ; / () ".

14. Dès lors que les dispositions du règlement d'un plan d'occupation des sols invoquées par le requérant ont le même objet que celles, également invoquées, d'un article du code de l'urbanisme posant les règles nationales d'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée.

15. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'implante dans une zone hétérogène, à dominante pavillonnaire à proximité immédiate des limites nord et sud du terrain d'assiette, mais qui comporte également des immeubles collectifs d'architecture contemporaine, aux toitures plates, immédiatement à l'ouest de ce terrain et à quelques centaines de mètres au sud et à l'est. La construction projetée, contemporaine, qui tient compte de son environnement pavillonnaire immédiat et présente des formes variées créant des respirations dans le volume bâti, s'insère ainsi dans la morphologie urbaine de la zone. Si elle borde, à l'est, une grande parcelle non bâtie classée en zone naturelle par le plan local d'urbanisme et de l'habitat, sa volumétrie n'est pas inadaptée à la transition à réaliser avec cette zone, cette dernière étant déjà bordée, plus à l'est, d'immeubles de gabarit supérieur et la construction projetée s'insérant, le long d'un boulevard, entre des constructions existantes Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation dans la mise en œuvre des dispositions précitées des articles 4.1.1 et 4.2.1 du règlement que le maire de Sathonay-Camp a délivré l'arrêté contesté.

16. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article 5.1.1.2.2 b des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat, relatif aux caractéristiques des accès : " Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. / Les accès : / - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; / - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; / - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : / - de la position des accès et de leur configuration ; / - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / () ".

17. Pour les raisons indiquées au point 14, il y a lieu pour le tribunal d'exercer un contrôle normal sur la conformité de la décision attaquée aux dispositions citées au point précédent du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat.

18. Il ressort des pièces du dossier que le projet de la SCI Spirit Sathonay Ouest comporte un accès pour les véhicules au droit du boulevard de l'Ouest, voie publique à double sens de circulation, bordée de deux larges trottoirs. Cet accès, inchangé par rapport à l'accès actuel au terrain d'assiette, conduit à un parking en sous-sol de 53 places. La visibilité de part et d'autre de cet accès est bonne, le boulevard de l'Ouest étant quasiment rectiligne au niveau de ce terrain. L'accès des piétons au projet s'effectue par l'allée de l'Ouest, petite voie publique qui longe les limites sud et ouest du terrain d'assiette. La partie sud de cette voie, étroite, est à sens unique de circulation et comporte, au croisement avec le boulevard de l'Ouest, un panneau de circulation indiquant qu'il s'agit d'une zone où la vitesse est réduite à 20 km / h et où les piétons et les cyclistes ont la priorité sur les véhicules motorisés. Dans ces conditions, la configuration des lieux telle qu'elle ressort des pièces du dossier n'étant pas de nature à établir l'existence d'un risque pour la sécurité des usagers, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation au regard de l'article 5.1.1.2.2. b des dispositions communes du règlement que le maire de Sathonay-Camp a délivré le permis de construire contesté.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article IV.2.2 du plan de prévention des risques d'inondation du Ravin, dont il est constant qu'il s'applique au projet : " Voiries / Peuvent être autorisées les voiries et les accès nouveaux accompagnés de moyens de réduire l'impact de l'imperméabilisation. Ces moyens pourront être des voiries à structure réservoir, des fossés drainants, des fossés d'infiltrations, des bassins de rétention calculés pour une pluie centennale. L'entretien de ces dispositifs est assuré par le maître d'ouvrage. "

20. Comme cela a été dit au point 18, le projet ne crée pas de nouvel accès à la voie publique. Il ne crée pas non plus de voirie nouvelle. Par suite, et alors qu'au demeurant, la société pétitionnaire a joint à son dossier de permis une notice de gestion des eaux pluviales faisant apparaître les dispositions prises pour adapter le projet aux prescriptions du plan de prévention des risques d'inondation applicable, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'article IV.2.2 précité a été méconnu par le maire de Sathonay-Camp en délivrant l'autorisation sollicitée.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. C et autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Sathonay-Camp du 24 juin 2022, rectifié par arrêté du 1er juillet 2022.

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. C et autres requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Sathonay-Camp, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C et autres requérants la somme globale de 1 400 euros à verser à la SCI Spirit Sathonay Ouest au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C et autres requérants est rejetée.

Article 2 : M. C et autres requérants verseront à la SCI Spirit Sathonay Ouest la somme globale de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, en sa qualité de représentant unique, à la commune de Sathonay-Camp et à la SCI Spirit Sathonay Ouest.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,

Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

M. Chapard

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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