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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2208919

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2208919

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2208919
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantFIRMIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, M. A D, représenté par Me Firmin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de douze mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sans réel examen de sa situation personnelle, ainsi que le révèle l'erreur commise sur son identité ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le préfet du Rhône devait préalablement saisir pour avis le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), en application des dispositions combinées du 9° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 611-1 de ce code ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le 1° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est mineur ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est mineur ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des alinéas 10 et 11 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, dès lors que le préfet a décidé son éloignement sans décision de justice préalable ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- il n'a pas été informé du caractère exécutoire de la décision lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français, en méconnaissance de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français l'empêchera de répondre à sa convocation devant le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de détention de faux documents en méconnaissance du droit à un procès équitable reconnu par la cour de justice de l'Union européenne.

La requête a été communiquée au préfet du Rhône, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Besse, magistrat désigné ;

- les observations de Me Firmin, représentant M. D, qui a repris les conclusions et moyens de sa requête, ainsi que de M. D.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D (ou M. C), ressortissant guinéen, est entré en France en octobre 2021. Par jugement du 3 mars 2022, le juge des enfants l'a confié à l'aise sociale à l'enfance de la métropole de Lyon pour une durée de quatre mois, dans l'attente d'une vérification de ses documents d'identité. Par un jugement du 26 octobre 2022, ce placement a été levé par le juge des enfants. Par un arrêté du 16 novembre 2022, le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée de douze mois. M. D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur la légalité de l'arrêté du 16 novembre 2022 :

En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions ;

3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme F E, attachée chef du bureau de l'éloignement à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 16 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 20 septembre 2022, d'une délégation pour signer un tel acte. Doit ainsi être écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français comprend la mention des éléments de droit et de fait sur lesquels le préfet du Rhône s'est fondé pour prendre la mesure en litige, à savoir le fait que ce dernier ne peut justifier être entré régulièrement en France et qu'il s'y maintient sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. L'arrêté précisant aussi que l'intéressé est connu des autorités italiennes comme étant né le 1er janvier 2003 et qu'il a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de détention de faux documents et escroquerie, le préfet a ainsi suffisamment indiqué les motifs sur lesquels il s'est fondé pour écarter l'affirmation du requérant selon laquelle il est mineur. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

5. En deuxième lieu, si le préfet du Rhône, se fondant sur les indications recueillies par les autorités italiennes lors du passage de l'intéressé dans ce pays, indique que l'intéressé se nomme en réalité M. C, l'intéressé, qui ne produit aucun document permettant d'établir sa réelle identité, n'établit pas que l'arrêté serait entaché d'une erreur de fait, laquelle ne saurait d'ailleurs, dans ce contexte, que rester sans incidence sur la légalité de l'acte. De même, et dans ces conditions, il ne peut ressortir de cette seule mention un insuffisant examen de la situation personnelle du requérant préalable à l'édiction de la décision en litige.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, lorsque l'étranger est assigné à résidence aux fins d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou placé ou maintenu en rétention administrative en application du titre IV du livre VII, l'avis est émis par un médecin de l'office et transmis sans délai au préfet territorialement compétent ".

7. Dès lors qu'elle dispose d'éléments d'informations suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie, prévue au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, et alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une prise en charge médicale en France, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

8. Il ressort des termes mêmes de la décision obligeant la requérant à quitter le territoire français que le préfet du Rhône a pris en compte la situation médicale alléguée par le requérant avant de prendre sa décision. Toutefois, alors que l'intéressé n'a produit aucun certificat médical précis permettant d'évaluer la gravité de son état de santé, à la date de l'arrêté attaqué, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet disposait d'éléments qui auraient dû le conduire à recueillir préalablement l'avis du collège de médecins auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie doit être écarté.

9. En quatrième lieu, le requérant fait valoir qu'il est atteint d'une tuberculose, qui a nécessité son hospitalisation pendant plusieurs semaines en février 2022, et pour laquelle il bénéficie d'un suivi selon un certificat en date du 19 octobre 2022. Toutefois, les certificats produits, non circonstanciés, n'apportent aucune précision sur l'évolution de la maladie et la nature du suivi dont il bénéficiait à la date de la décision. A supposer que le défaut de prise en charge de l'état de santé de l'intéressé aurait encore pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ne ressort par ailleurs pas des documents produits par le requérant, qui sont anciens et décrivent de manière très générale le système sanitaire en Guinée, que l'intéressé ne pourrait effectivement bénéficier dans ce pays du suivi que son état de santé requiert. Par suite, en obligeant M. D à quitter le territoire français, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; () ".

11. Le requérant soutient être né en Guinée le 2 novembre 2006 et être ainsi mineur. Toutefois, il n'a produit à l'appui de son recours aucun document relatif à son identité et à son état-civil. Par ailleurs, par jugement du 26 octobre 2022, le juge des enfants près le tribunal judiciaire de Lyon a estimé, au regard d'un examen visuel du jugement supplétif et de l'extrait du registre d'état-civil qu'il avait produits, qui comportaient " des anomalies qui questionnaient fortement quant à l'authenticité du document ", de l'analyse des services compétents en matière de fraude documentaire et de l'expertise médicale que l'intéressé, même s'il prétendait avoir moins de 16 ans, était en réalité majeur. Dans ces conditions, et alors que le requérant s'est borné lors de l'audience à indiquer être dans l'attente de nouveaux documents, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'est pas majeur. Par suite, la décision l'obligeant à quitter le territoire français n'a pas été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent.

12. En sixième lieu, et pour les motifs exposés au point précédent, tirés de ce que le requérant n'est pas mineur, doit également être écarté le moyen tiré de la méconnaissance de la convention internationale sur les droits de l'enfant.

13. En septième lieu, le tribunal étant précisément saisi d'un recours dirigé contre l'arrêté du 16 novembre 2022 obligeant le requérant à quitter le territoire français, son argumentation tirée de ce qu'il serait expulsé sans décision de justice et de ce que la décision méconnaîtrait ainsi les alinéas 10 et 11 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, moyen au demeurant dépourvu de toute intelligibilité, ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et désignant le pays de destination :

14. Les conclusions dirigées contre la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français étant rejetées, l'intéressé ne peut demander, par voie de conséquence, l'annulation des décisions fixant le délai de départ volontaire et désignant le pays de destination, en cas d'exécution forcée.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

15. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

16. En premier lieu, pour prendre la mesure d'interdiction de retour d'une durée de douze mois en litige, le préfet du Rhône a fait valoir que le requérant ne justifiait pas de circonstances humanitaire, circonstance il est vrai par elle-même sans incidence dès lors que l'interdiction de retour n'a pas été prise sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français étant assortie d'un délai de départ volontaire. Il a fait état ensuite de l'entrée récente en France de l'intéressé et de son absence d'attaches dans ce pays. Alors qu'aucune disposition législative ou règlementaire applicable, ni aucun principe ne prévoient qu'il doive indiquer les motifs pour lesquels il ne s'abstient pas de prendre une telle mesure, la circonstance que le préfet n'ait pas fait état de ce que l'intéressé n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public n'implique pas, par elle-même, l'absence d'examen de ce critère, et n'est pas de nature à faire regarder ces décisions comme insuffisamment motivées, dès lors que celles-ci ne sont pas fondées sur l'existence d'une telle menace. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 613-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé du caractère exécutoire de cette décision et de ce que la durée pendant laquelle il lui est interdit de revenir sur le territoire commence à courir à la date à laquelle il satisfait à son obligation de quitter le territoire français. / Il est également informé des conditions d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français mentionnées à l'article R. 711-1, ainsi que des conditions dans lesquelles il peut justifier de sa sortie du territoire français conformément aux dispositions de l'article R. 711-2 ".

18. Ces dispositions définissent les informations devant être communiquées à un étranger faisant l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français, postérieurement au prononcé de cette interdiction, et sont ainsi propres aux conditions d'exécution de cette décision. Dès lors, elles sont sans incidence sur sa légalité et ne peuvent être utilement invoquées au soutien de conclusions tendant à son annulation. Par suite, le moyen doit être écarté.

19. En troisième lieu, eu égard au caractère très récent de l'entrée en France du requérant, qui n'y séjournait que depuis un an à la date de l'arrêté en litige, de ce qu'il ne fait état d'aucune attache particulière en France, et des conditions de son séjour sur le territoire national, rappelées précédemment, et quand bien même l'intéressé n'a fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement préalable et qu'il n'est pas soutenu que sa présence représenterait une menace pour l'ordre public, le préfet du Rhône, en faisant interdiction au requérant de retourner sur le territoire français pendant douze mois, n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

20. Enfin, si M. D soutient que la décision contestée méconnaît le droit de toute personne de pouvoir assister à son procès pénal, et son droit à` un procès équitable protégé par l' article 48 de la charte des droits fondamentaux et l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en se prévalant de ce qu'il fait l'objet de poursuites et serait convoqué en novembre 2023 auprès du tribunal correctionnel pour des faits de détention de faux documents, rien dans les pièces produites ne permet d'établir une telle convocation. Par ailleurs, il dispose de la possibilité de se faire représenter par son conseil pour faire valoir ses droits. Par suite, le moyen doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 16 novembre 2022 du préfet du Rhône est entaché d'illégalité et à en demander l'annulation.

Sur l'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête dirigées contre l'arrêté du 16 novembre 2022 n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions dirigées à ce titre contre l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

T. B La greffière,

C. Réveillé

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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