mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208944 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, Mme C E et Mme A B, la première nommée ayant la qualité de représentante unique, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mai 2022 par lequel le maire de Vernaison a accordé à la société Fr Immobilier un permis de construire pour la réalisation de vingt-et-un logements, une micro-crèche et cinquante places de stationnement, ainsi que la décision implicite du 30 septembre 2022 de rejet de leur recours gracieux.
Elles soutiennent que :
- l'emplacement choisi pour l'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette du projet ne correspondait pas à l'adresse indiquée sur le permis de construire et n'était que peu visible pour le public ;
- le dossier de demande de permis de construire comporte une inexactitude matérielle quant aux murs de clôture existants autour du terrain d'assiette ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles 678 et 679 du code civil ;
- l'accessibilité de la micro-crèche prévue par le projet aux personnes à mobilité réduite n'est pas assurée ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat et le plan de cadrage de la ville de Vernaison en autorisant la suppression par le projet d'un espace végétalisé à valoriser ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable à la zone UCe3, le retrait en limite séparative nord étant insuffisant ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 2.5.1.1 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicables à la zone UCe3 en autorisant une hauteur d'étage de la micro crèche de 2,77 mètres, inférieure à la hauteur minimale de 3,50 mètres requise pour les constructions qui ont une destination autre que de l'habitation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 2.5.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicable au secteur UCe3b, la toiture du mur pignon donnant sur la rue Neuve, en limite de référence sud, dépassant la hauteur maximale autorisée pour un volume enveloppe de toiture et de couronnement intermédiaire ;
- l'implantation des débouchés des gaines de ventilation des parkings en sous-sol, qui ne respecte pas l'article 82 de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, engendrera des nuisances sonores et olfactives pour les habitants des maisons mitoyennes situées à l'est du projet ;
- l'accès des véhicules au sous-sol du projet et les flux de circulation engendrés par le projet méconnaissent les dispositions de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon, de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et du plan guide en faveur de l'aménagement de la commune de Vernaison.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, la société Fr Immobilier, représentée par la SELARL Itinéraires Avocats, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge de Mme E et Mme B le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les requérantes ne démontrant pas leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme E et Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, la commune de Vernaison, représentée par la SELARL Khôra Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme E et Mme B le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, les requérantes ne justifiant pas avoir accompli les formalités prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- la requête est irrecevable, les requérantes ne démontrant pas leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par Mme E et Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Les parties ont été informées par courrier du 8 décembre 2023 de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme en vue d'une régularisation de la méconnaissance par le projet de l'article 3.2.5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon en ce qu'il supprime l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette.
La société Fr Immobilier a produit des observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer par un mémoire enregistré le 11 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté interministériel du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. François Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Cortes, pour la commune de Vernaison,
- et Me Viellard, pour la société Fr Immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La société Fr Immobilier a déposé le 21 février 2022 en mairie de Vernaison une demande de permis de construire pour la réalisation de vingt-et-un logements, une micro-crèche et cinquante places de stationnement. Par arrêté du 27 mai 2022, le maire de Vernaison a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Un permis de construire modificatif a été délivré le 13 septembre 2023. Mme E et Mme B demandent l'annulation de l'arrêté du 27 mai 2022 ainsi que de la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux de Mmes E et B, daté du 28 juillet 2022, réceptionné en mairie le 30 juillet 2022, a été notifié à la société pétitionnaire le 1er août 2022, en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, ce point n'ayant d'ailleurs de conséquence que s'agissant de l'appréciation du délai de recours, dont le respect n'est pas contesté par les parties défenderesses. Il ressort également de ces pièces que la requête de Mmes E et B a été notifiée au maire de Vernaison le 5 décembre 2022 et à la société Fr Immobilier le lendemain. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 ne peut être accueillie.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mmes E et B sont propriétaires d'une maison d'habitation dont le jardin jouxte le terrain d'assiette du projet en litige. Elles font notamment état d'une perte d'ensoleillement tenant à l'ampleur du projet et à l'exposition de leur bien, d'une perte d'intimité tenant aux vues créées par la construction projetée, qui comportera des balcons et fenêtres orientés vers leur jardin, et d'une perte de valeur de leur maison à la revente, qui bénéficiait jusqu'alors d'une vue relativement dégagée en direction d'un cœur d'îlot végétalisé. Dans ces conditions, les requérantes, voisines immédiates du projet, font état d'atteintes susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien qui leur donnent intérêt à former un recours contre l'arrêté de permis de construire du 27 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions non modifiées du permis de construire initial :
7. En premier lieu, si Mmes E et B soutiennent que l'emplacement choisi pour l'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette du projet n'a pas été effectué à l'adresse indiquée sur le permis et n'était que peu visible pour le public, ce point, qui est seulement susceptible d'avoir une incidence sur le déclenchement du délai de recours contentieux, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
8. En deuxième lieu, si les requérantes soutiennent que le dossier de demande de permis indique à tort que le terrain d'assiette est intégralement clôturé par des murs maçonnés, elles n'en tirent aucune conséquence quant à l'appréciation qu'a été en mesure de porter le service instructeur sur cette demande et sur la légalité de l'arrêté contesté. Ce moyen doit ainsi être écarté.
9. En troisième lieu, les requérantes soutiennent que les balcons projetés ne respectent pas les dispositions des articles 678 et 679 du code civil qui protègent les vues d'un propriétaire par rapport à son voisin. Un tel moyen n'est toutefois pas de ceux qui peuvent être utilement invoqués à l'encontre d'un permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon : " Espace végétalisé à valoriser (EVV) / () / Tout projet réalisé sur un terrain concerné par l'inscription d'un espace végétalisé à valoriser est conçu, tant dans son organisation, son implantation, sa qualité architecturale, que dans l'aménagement des espaces libres, en prenant en compte les caractéristiques paysagères ou la sensibilité écologique du lieu. / La configuration, l'emprise et les composantes végétales de cet espace peuvent évoluer et leur destruction partielle est admise dès lors que : / - sont préservés les éléments végétalisés de qualité de cet espace, tels que les arbres de qualité au regard de leur âge ou de leur essence et les ensembles boisés qui ont un impact sur le paysage. () ; / - sont mises en valeur les composantes de l'espace ayant une fonction écologique, les zones humides et les haies ; / - est prise en compte la perméabilité écologique du site () ; / - en outre, en cas de destruction partielle, une compensation contribue à l'ambiance végétale et paysagère sur le terrain. / () ". Aux termes de l'article 4.1 " Définitions " des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " 4.1.1 - Eléments et périmètres d'intérêt patrimoniaux / () / b. Périmètre d'intérêt patrimonial (PIP) / Ces périmètres font l'objet de : () / - fiches d'identification, qui figurent dans la partie III du règlement, précisant les caractéristiques essentielles qui fondent l'intérêt patrimonial de ces ensembles. Ces fiches peuvent comporter des prescriptions qui visent à guider tout projet réalisé au sein de ces ensembles. Ces prescriptions viennent soit compléter, soit se substituer aux dispositions fixées dans le règlement de la zone concernée. Elles sont substitutives lorsque les dispositions du règlement de zone et les prescriptions prévues dans la fiche ne sont pas applicables concomitamment ; / () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comporte un espace végétalisé à valoriser dans sa partie ouest, qui forme une bande entre les deux constructions à démolir allant de la rue Neuve jusqu'au centre du tènement. Il ressort également de ces pièces que le projet en litige emporte la destruction totale de cet espace, à la place duquel sera en effet implantée l'aile ouest de la construction litigieuse. La pétitionnaire fait valoir qu'un nouvel espace végétal sera créé en cœur d'îlot par la plantation de six arbres et d'une haie, visibles au plan de masse, et que le projet a reçu un avis favorable de la direction compétente de la métropole de Lyon, sous réserve que ces arbres à planter fassent, dès l'origine, une certaine taille, réserve qui a été reprise au titre des prescriptions par l'arrêté attaqué. La pétitionnaire fait également valoir que ce qu'elle qualifie de " déplacement de l'emprise " de l'espace végétalisé à valoriser permet au projet de respecter les caractéristiques du périmètre d'intérêt patrimonial " Centre bourg " au sein duquel se situe le terrain d'assiette, ce périmètre se caractérisant par un bâti implanté à l'alignement et des arrières de parcelles végétalisés. Or, d'une part, si l'article 4.1 précité dispose que les prescriptions d'un tel périmètre se substituent aux dispositions d'un règlement de zone en cas d'impossibilité d'application concomitante, cet article ne permet toutefois pas aux porteurs d'un projet de s'affranchir des règles contenues dans les dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat pour se conformer aux simples caractéristiques qui décrivent le périmètre d'intérêt patrimonial. D'autre part, la destruction totale d'un espace végétalisé à valoriser n'est pas permise par les dispositions précitées de l'article 3.2.5 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat, qui n'envisagent que la seule hypothèse d'une destruction partielle. Dans ces conditions, en autorisant la destruction totale de l'espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain d'assiette du projet, quand bien même des arbres seront replantés sur le tènement en dehors de cet espace pour assurer une compensation, le maire de Venaison a méconnu les dispositions précitées de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2.2 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicables à la zone UCe3 : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / 2.2.1 - Règle générale / 2.2.1.1 - Dans la bande de constructibilité principale / Les constructions sont implantées sur les deux limites séparatives latérales*. / 2.2.1.2 - Dans la bande de constructibilité secondaire / a. Dans les secteurs UCe3a et UCe3b / Les constructions peuvent être implantées en limite séparative* ou en retrait* de ces dernières. / () Le retrait* est au moins égal à : / - la hauteur de façade* moins 4 mètres (R = Hf-4 m), avec un minimum de 4 mètres, pour les constructions ayant une longueur de façade* supérieure à 15 mètres ; / () ". Aux termes de l'article 2.1.1 " Définitions " des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " () c. Façade d'une construction / nu général de la façade / La façade d'une construction est constituée par l'une de ses faces verticales, dans sa partie majoritairement plane (non compris les VETC, les saillies et les anfractuosités de toute nature), située au-dessus du sol naturel, qu'elle comporte ou non des ouvertures. / La partie majoritairement plane de la façade correspond au nu général de la façade. Lorsque le décalage de plan de façade d'une même construction est égal ou supérieur à 7 mètres, il est considéré qu'il s'agit de deux façades au sens du présent règlement. "
13. Il ressort des pièces du dossier que la façade nord de la construction projetée, dont les requérantes critiquent l'implantation, comprend un recul formé par un patio central. La façade nord du projet constitue ainsi une façade unique au sens des dispositions précitées. Son nu général, formé par sa partie majoritairement plane, correspond à ses deux parties implantées sur la limite séparative nord, de part et d'autre du patio. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent Mmes E et B, le patio, qui est implanté pour partie en bande de constructibilité secondaire, ne constitue pas un retrait d'implantation du bâtiment par rapport à cette limite séparative. Elles ne sont donc pas fondées à soutenir que ce prétendu retrait méconnaît les règles d'implantation fixées par l'article 2.2 applicable à la zone UCe3.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 2.5.1.3 des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat applicables à la zone UCe3 : " Dans les secteurs UCe3a et UCe3b / Le volume enveloppe de toiture et de couronnement* (VETC) s'inscrit dans le volume enveloppe délimité par le VETC intermédiaire*. / () ". Aux termes de l'article 2.5.4 " Définitions " des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " Le volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) correspond à la partie de la construction située au-dessus du point haut de la mesure de la hauteur de sa façade. / () VETC intermédiaire / La hauteur maximale de ce VETC est : / - soit de 4 mètres. Dans ce cas, il forme ainsi un niveau en attique. / - soit constituée par le volume déterminé par deux pentes de 40 % prenant appui sur un pied droit d'un mètre, prenant lui-même naissance au point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction. "
15. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée présente, en façade sud donnant sur la rue Neuve, un volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) constitué par un volume déterminé par deux pentes du toit. Ces pentes, visibles au plan des toitures joint à la demande de permis, sont de 30 %. Il n'est pas contesté que le volume ainsi constitué repose sur un pied droit de moins d'un mètre qui prend naissance au point haut de la façade. Dans ces conditions, le VETC ne méconnaît pas la hauteur maximale fixée par les dispositions précitées de l'article 2.5.1.3 du règlement.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les dispositions modifiées par le permis de construire modificatif :
16. En premier lieu, le permis de construire modificatif délivré par le maire de Vernaison le 13 septembre 2023 à la société Fr Immobilier a, notamment, supprimé la micro-crèche autorisée par le permis initial. Dans ces conditions, les deux moyens ayant trait à cette micro-crèche, portant sur son accessibilité et la hauteur d'étage, sont inopérants.
17. En deuxième lieu, ce permis de construire modificatif a également repositionné les débouchés de gaines de ventilation sur le toit, le permis initial autorisant ces débouchés en rez-de-jardin. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la règlementation relative à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation figurant à l'arrêté du 31 janvier 1986, exigeant selon les requérants une distance minimale de huit mètres entre les débouchés de telles gaines et les baies d'une habitation, est en tout état de cause inopérant.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat : " () b. Caractéristiques des accès / () Les accès : / - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; / - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; / - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. Cette sécurité est appréciée compte tenu : / - de la position des accès et de leur configuration ; / - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / () ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit la réalisation de cinquante places de stationnement en sous-sol, accessibles depuis un accès situé au droit de la rue Neuve, au sud du terrain d'assiette. D'une part, les requérantes ne peuvent utilement soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, qui n'est pas applicable dans une commune dotée d'un plan local d'urbanisme, et le plan guide en faveur de l'aménagement de la commune de Vernaison, qui ne présente pas un caractère réglementaire. D'autre part, il ressort du plan de masse joint à la demande de permis modificatif que le trafic engendré par le projet résultera seulement des vingt-deux logements réalisés, la micro-crèche prévue au permis initial ayant été supprimée, et que le positionnement de l'accès au sous-sol a été revu pour offrir un meilleur rayon de braquage aux véhicules entrant et sortant, tout en leur laissant un dégagement suffisant devant l'accès pour ne pas stationner sur la voie. En outre, si la rue Neuve présente une pente et un tournant à proximité immédiate de l'accès, il ressort toutefois des photographies produites à l'instance par les parties en défense que le haut de la rue comporte un panneau indiquant que celle-ci constitue une impasse, limitant de fait fortement le trafic des véhicules descendant, et que la circulation y est limitée à 30 kilomètres par heure. Dans ces conditions, il ne ressort pas de la configuration des lieux que le maire de Vernaison aurait méconnu les dispositions précitées de l'article 5.1.1.2.2 en délivrant l'autorisation attaquée.
Sur les conséquences du vice relevé :
20. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
21. Le vice relevé au point 11 du présent jugement, qui concerne une partie précise du projet, peut, eu égard à sa nature, à sa portée et à la configuration des lieux, être régularisé par la délivrance d'un permis.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les requérantes sont seulement fondées à demander l'annulation du permis de construire qui a été délivré à la société Fr Immobilier par le maire de Vernaison en tant qu'il méconnaît les dispositions de l'article 3.2.5 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon. La décision implicite de rejet de leur recours gracieux doit être annulée par voie de conséquence dans cette mesure.
Sur les frais liés à l'instance :
23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à la charge des parties les frais non compris dans les dépens qu'elles ont exposés.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Vernaison du 27 mai 2022 et sa décision rejetant implicitement le recours gracieux présenté par Mmes E et B sont annulés dans les conditions prévues au point 22.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, en sa qualité de représentante unique, à la commune de Vernaison et à la société Fr Immobilier.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera.
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026