mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2208995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2022, M. E C veuve A, représentée par Me Sabatier, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 3 novembre 2022 par lesquelles le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination en cas de reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", ou à tout le moins de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
Sur la décision lui refusant un titre de séjour :
- cette décision méconnaît les stipulations du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir général de régularisation du préfet et des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle bénéficie d'un droit au séjour sur le fondement des stipulations du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur les décisions fixant un délai de départ volontaire de trente jours et déterminant le pays de destination :
- ces décisions sont illégales du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement.
Par une ordonnance du 2 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 janvier 2023.
Un mémoire a été enregistré pour le préfet du Rhône le 24 janvier 2013, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C veuve A, ressortissante algérienne née le 8 novembre 1975, demande l'annulation des décisions du 3 novembre 2022 par lesquelles le préfet du Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination en cas de reconduite.
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B D, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 16 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 20 septembre 2022, d'une délégation pour signer cet acte. Doit ainsi être écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ". Aux termes de l'article 227 du code civil : " Le mariage se dissout : 1° Par la mort de l'un des époux () ".
4. Les conditions légales pour se voir délivrer un certificat de résidence algérien sur le fondement de l'une ou l'autre des stipulations citées de l'accord franco-algérien s'apprécient à la date de la décision statuant sur la demande de titre de séjour et non, comme il est soutenu, à la date de présentation de la demande. M. F A avait épousé Mme C le 28 mai 2015, mariage transcrit sur les registres de l'état civil français, et celle-ci, entrée régulièrement sur le territoire national, a sollicité un titre de séjour sur le fondement des stipulations précitées le 25 novembre 2017. Toutefois, à la date du refus de titre de séjour opposé, l'époux de Mme C était décédé, le 17 avril 2022, et celle-ci ne pouvait dès lors être regardée comme conjointe de ressortissant français par application de l'article 227 du code civil. Mme C n'entrant plus dès lors dans le champ d'application des stipulations précitées, c'est sans erreur de droit que le préfet du Rhône a pu lui refuser le titre de séjour sollicité.
5. En troisième lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C était présente en France depuis près de cinq années à la date de la décision lui refusant un titre de séjour. Elle justifie également d'une activité professionnelle continue dans le secteur de la propreté depuis le mois de janvier 2020. Il ressort également des termes de la décision, corroborés par les indications des feuilles de salaire versées quant à sa domiciliation que Mme C n'a jamais justifié d'une vie commune avec son époux décédé. Si elle se prévaut de la présence régulière de sa sœur et sa famille en France, elle n'en justifie pas, alors que ses parents et quatre frères vivent en Algérie. L'ensemble de ces éléments ne caractérisent dès lors pas des circonstances particulières telles que le refus de régularisation en cause serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation ou que le refus de titre de séjour opposé serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle. Les moyens afférents doivent dès lors être écartés.
7. En quatrième lieu, l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour n'étant pas établie, Mme C n'est pas fondée à exciper d'une telle illégalité à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
8. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement que la requérante n'entrait pas dans le champ d'application des stipulations de l'article 6 2) invoquées, la mesure d'éloignement la visant n'étant dès lors pas entachée d'erreur de droit.
9. En sixième lieu, les circonstances analysées au point 6 du présent jugement ne caractérisent pas des liens tels avec la France que la mesure d'éloignement en litige y porterait une atteinte disproportionnée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.
10. En dernier lieu, l'illégalité de la mesure d'éloignement attaquée n'étant pas établie, la requérante n'est pas fondée à exciper d'une telle illégalité à l'encontre des décisions fixant un délai de départ volontaire et déterminant le pays de reconduite en cas de renvoi.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, celles à fin d'injonctions et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2208995 est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C veuve A, à Me Sabatier et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Chareyre
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026