mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BROCARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Brocard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Ardèche l'a assigné à résidence dans le département de l'Ardèche pour une durée de six mois et lui a fait obligation de se présenter au commissariat de police de Guilherand-Granges trois fois par semaine ;
2°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 500 euros hors taxe en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision d'assignation à résidence contestée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- la décision d'assignation à résidence résulte d'une erreur manifeste d'appréciation, l'intéressé ayant toujours respecté ses obligations administratives ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, l'interprète en langue russe n'ayant pu signer la notification qui lui en a été faite ;
- la décision méconnaît son droit au recours.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2022, le préfet de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 septembre 2023 par une ordonnance du 11 septembre 2023.
Par une décision du 9 février 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Richard-Rendolet a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant russe né en 1970, M. A B demande l'annulation de la décision du 2 décembre 2022 par laquelle le préfet de l'Ardèche l'a assigné à résidence dans le département de l'Ardèche pour une durée de six mois et lui a fait obligation de se présenter au commissariat de police de Guilherand-Granges trois fois par semaine.
2. En premier lieu, l'arrêté critiqué mentionne l'irrégularité du séjour de M. B, la circonstance qu'il n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 28 décembre 2021 et que l'intéressé n'a pas remis aux autorités son passeport russe et ne présente pas de garanties de représentations suffisantes. Si M. B fait valoir que l'arrêté attaqué ne mentionne pas sa demande de réexamen de sa demande d'asile effectuée le 21 novembre 2022, ni la présence en France de son épouse et de ses cinq enfants, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces éléments auraient constitué des garanties de représentation propres à faire regarder la mesure d'assignation comme excessive. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation du requérant doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si M. B expose que le régime juridique de l'assignation à résidence dont il fait l'objet a pour effet de le priver de son droit au recours, il est constant que l'intéressé a pu déposer un recours contre cette décision devant le tribunal de céans. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
5. Pour assigner à résidence M. B dans le département de l'Ardèche pour une durée de six mois, et l'astreindre à se présenter trois fois par semaine, les lundis, mercredis et vendredis, à 8 heures, auprès des services du commissariat de police de Guilherand-Granges, le préfet de l'Ardèche s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, de ce que l'intéressé avait fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire le 28 décembre 2021, et, d'autre part, de ce qu'il ne présentait pas de garanties de représentation propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à l'exécution de cette décision dans l'attente de son éloignement.
6. Si M. B expose avoir toujours respecté ses obligations administratives, il est constant que l'intéressé a fait l'objet le 28 décembre 2021 d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée, et qu'il n'avait déjà pas exécuté les mesures d'éloignement antérieurement prises à son encontre en 2015, 2019 et 2020. Ainsi que le relève le préfet de l'Ardèche, le requérant, qui n'a pas remis son passeport russe aux autorités françaises, ne présente pas de garanties de représentations suffisantes, ce qui justifie la mesure contestée d'assignation à résidence, laquelle ne présente pas de caractère disproportionné. Si le requérant fait valoir la présence à ses côtés de son épouse, également en situation irrégulière, et de ses cinq enfants, ces circonstances sont insuffisantes pour estimer que la décision du préfet de l'Ardèche résulte d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. En dernier lieu, si M. B expose que l'interprète en langue russe, qui l'a assisté au cours de son entretien au commissariat de police durant lequel la décision d'assignation à résidence lui a été notifiée, n'a pas signé cette notification, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de sa requête à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Drouet, président,
- M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
- Mme Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le rapporteur,
F.-X. Richard-RendoletLe président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026