lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2022, Mme A B, représentée par le cabinet Paquet-Cauet Avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Firminy à lui verser la somme de 72 720 euros assortie des intérêts légaux en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de la faute commise par cette commune en la maintenant en activité au-delà de la limite d'âge ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Firminy la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune est engagée en raison de la prolongation irrégulière de son activité au-delà de la limite d'âge ;
- le préjudice correspondant à la perte de ses droits à pension peut être évalué à 62 720 euros et les troubles dans ses conditions d'existence comme son préjudice moral peuvent être respectivement évalués à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2023, la commune de Firminy, représentée par la Selarl Cabinet d'avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la faute alléguée n'est pas constituée et que les préjudices allégués ne sont pas établis.
La Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a produit des observations, enregistrées le 17 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Masson pour la commune de Firminy.
Considérant ce qui suit :
1. Employée par la commune de Firminy en qualité d'agente territoriale spécialisée des écoles maternelles, Mme B a sollicité et obtenu de son employeur, par un arrêté du 12 août 2021, l'autorisation de prolonger son activité au-delà du 20 février 2021, date de sa limite d'âge, jusqu'au 31 décembre 2021. Informée par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales qu'ayant été irrégulièrement autorisée après l'échéance du 20 février 2021, cette période de prolongation d'activité ne serait pas prise en compte dans le calcul de ses droits à pension, Mme B demande la condamnation de la commune de Firminy à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'irrégularité de sa prolongation d'activité.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article 4 du décret du 30 décembre 2009 visé ci-dessus : " I. - La demande de prolongation d'activité est présentée par le fonctionnaire à l'employeur public au plus tard 6 mois avant la survenance de la limite d'âge. Il en est accusé réception () / III. - La décision de l'employeur public intervient au plus tard trois mois avant la survenance de la limite d'âge ".
3. En accédant de façon rétroactive à la demande de prolongation d'activité formée par la requérante au-delà de l'échéance du 20 février 2021, le maire de Firminy a méconnu les dispositions citées au point précédent et a entaché sa décision du 12 août 2021 d'une illégalité fautive.
4. Si Mme B demande réparation de la perte des droits à pension qu'elle estime avoir subie en exerçant irrégulièrement son activité au-delà de la limite d'âge, il est toutefois constant que Mme B n'a elle-même sollicité le bénéfice d'une autorisation de prolongation d'activité, le 26 mai 2021, qu'après cette même échéance. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision du 12 août 2021 l'a privée des droits à pension susceptibles de naître d'une prolongation régulière d'activité.
5. Si Mme B fait valoir les troubles dans les conditions d'existence et le préjudice moral résultant selon elle de la poursuite de son activité au-delà de la limite d'âge sans que le sacrifice ainsi consenti ne soit compensé par la revalorisation espérée du montant de sa pension, il est toutefois constant que Mme B a sollicité de sa propre initiative la prolongation au-delà du 20 février 2021 de son activité, pour laquelle elle a par ailleurs été rémunérée. Dans les circonstances de l'espèce et en admettant même qu'ils soient établis, les préjudices allégués ne peuvent être regardés comme étant en eux-mêmes imputables à l'illégalité de la décision du 12 août 2021 qui a fait droit à la demande tardive de poursuite d'activité de la requérante et les conclusions tendant à leur réparation doivent être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante présentées sur leur fondement et dirigées contre la commune de Firminy, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions formées par la commune de Firminy au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B et les conclusions présentées par la commune de Firminy sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Firminy.
Délibéré après l'audience du 27 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
La greffière,
F. de Biasi
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026