jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2209064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) HI et M. E C, représentés par Me Laurent, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2022 par laquelle le préfet du Rhône a prononcé la fermeture administrative de l'établissement " Café du Tram " exploité par la SAS HI pour une durée de trois mois ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, à défaut d'avertissement préalable au représentant de la société ;
- elle a méconnu le principe du contradictoire et les droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de la durée de fermeture prononcée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable à défaut de qualité pour agir de M. C ;
- les moyens soulevés par la SAS HI et M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Tonnac, conseillère ;
- les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " 1. La fermeture des débits de boissons et des restaurants peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas six mois, à la suite d'infractions aux lois et règlements relatifs à ces établissements. () 3. Lorsque la fermeture est motivée par des actes criminels ou délictueux prévus par les dispositions pénales en vigueur, à l'exception des infractions visées au 1, la fermeture peut être prononcée par le représentant de l'Etat dans le département pour six mois. Dans ce cas, la fermeture entraîne l'annulation du permis d'exploitation visé à l'article L. 3332-1-1. / 4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. / 5. A l'exception de l'avertissement prévu au 1, les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration ".
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par M. A F, préfet délégué pour la défense et la sécurité, qui a reçu délégation de signature à cet effet, par un arrêté du préfet du Rhône du 16 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 20 septembre suivant, librement accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 3332-15 précité du code de la santé publique, qui n'impose pas au représentant de l'État de faire précéder la décision de fermeture administrative de l'établissement d'un avertissement préalable. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'avertissement préalable ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
5. Il résulte de ces dispositions, applicables aux mesures de police prises sur le fondement du 3° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique, que ces mesures doivent respecter une procédure contradictoire préalable. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Rhône a adressé un courrier recommandé avec avis de réception à Mme B D, alors gérante de la SAS HI, le 26 octobre 2022, l'informant que plusieurs infractions en lien avec le fonctionnement de l'établissement avaient été constatées le 6 octobre 2022 à 21h30 par les services de police, qu'il était envisagé de faire usage d'une mesure de police relevant du 3° de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique et qu'elle disposait d'un délai de sept jours pour faire valoir ses observations écrites ou orales ou pour solliciter un entretien auprès des services de la préfecture. Il ressort de l'avis de réception produit par la préfète du Rhône que le pli a été distribué le 29 octobre 2022. Si M. C fait valoir qu'il aurait dû être destinataire de ce courrier, il n'allègue pas avoir informé le préfet du Rhône du changement de gérant de la société le 26 octobre 2022, et la réclamation produite par les requérants, datée du 25 novembre 2022, selon laquelle Mme D aurait contesté auprès de la Poste avoir signé l'avis de réception, ne suffit pas à contredire l'avis de réception produit par la préfète du Rhône dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ce formulaire aurait effectivement été déposé auprès des services postaux, ni, en tout état de cause, que la réclamation aurait été suivie d'effets. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le principe du contradictoire et les droits de la défense auraient été méconnus. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En dernier lieu, pour fixer la durée de la fermeture administrative de l'établissement " Café du Tram " à trois mois, le préfet du Rhône s'est fondé sur les motifs tirés de ce que le contrôle administratif de cet établissement diligenté le 6 octobre 2022 par les services de la direction départementale de la sécurité publique du Rhône avait permis de constater, le 6 octobre 2022 à 21 heures 30, d'une part, des nuisances sonores, d'autre part, la vente et la consommation de boissons alcoolisées sans détention de la licence nécessaire à cet effet, et, enfin, la présence de deux salariés n'ayant pas fait l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche. La décision attaquée relève également que des nuisances sonores diverses étaient régulièrement signalées par les riverains du " Café du Tram " et que les services de la police nationale avaient déjà pu constater à plusieurs reprises la diffusion de musique amplifiée depuis la voie publique, la présence d'alcool à l'intérieur de l'établissement ainsi que le non-respect des horaires de fermeture. Pour contester la durée de fermeture administrative de trois mois retenue par le préfet du Rhône, les requérant ne peuvent utilement se prévaloir des termes de la circulaire n° 86-78 du 3 mars 1986 relative à la police administrative des débits de boisson, dont il n'est pas établi qu'elle présenterait un caractère réglementaire, ni de ce que les faits en cause ne sont pas imputables à M. C, qui n'était pas encore le gérant de l'établissement. Dans ces conditions, compte tenu de la nature et du caractère répété des faits reprochés, et alors que la matérialité des faits n'est pas contestée, la durée de trois mois retenue de la fermeture administrative, n'apparaît pas disproportionnée et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Rhône, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS HI et M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS HI, à M. E C et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
A. de Tonnac
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026